Les origines du grand Magal de touba

Grand Magal de Touba

Origines du Grand Magal 

Déjà dans la deuxième moitié du XIXème siècle, le Sénégal, comme la plupart des pays d’Afrique occidentale, était sous le joug de la domination coloniale qui avait fini d’étendre ses tentacules sur l’ensemble du territoire. 

Après avoir conquis les royaumes et hypothéqué le système économique et social, le colonisateur postulait une lutte à outrance contre l’Islam qui constituait le principal obstacle à sa stratégie de domination politique et d’aliénation culturelle. 

C’est dans ce contexte particulièrement difficile et défavorable à l’Islam, devenu orphelin, qu’apparut Cheikh Ahmadou Bamba avec comme mission de secourir ses concitoyens, déboussolés et persécutés, pour leur offrir un cadre adéquat où les uns et les autres allaient pouvoir adorer Le Prophète Mohammad (PSL). 

Des masses accoururent vers lui pour bénéficier de ses enseignements et de son éducation qui transcendaient les contingences terrestres pour s’inscrire dans la voie tracée par Le Prophète. 

Sa notoriété et son aura, toujours grandissantes, suscitèrent la crainte chez l’autorité coloniale. Il fut accusé à tort de vouloir organiser la Guerre sainte contre l’occupant, accusation d’autant plus infondée et invraisemblable que le Cheikh était catégoriquement opposé à toute forme de violence. 

Son seul recours et protecteur était son Seigneur, Le Tout-Puissant, sa seule préoccupation était de vivifier la tradition du Prophète Mohammad (PSL) dont il est devenu un serviteur privilégié. 

SIGNIFICATION DU MAGAL 

Le Magal de Touba revêt un caractère multidimensionnel pour tous les musulmans, en général, et les mourides, en particulier 
L’originalité du grand Magal de Touba réside à deux niveaux. 

D’abord, contrairement à ce qu’on a l’habitude de célébrer, il marque le début de dures épreuves et de souffrances endurées par le Cheikh durant l’exil. 

Ensuite, c’est le Cheikh qui l’a initié (à Diourbel) pour la première fois et a recommandé à ses fidèles de se souvenir de ce jour béni durant lequel il a obtenu tout ce qu’il voulait de son Seigneur. « Celui pour qui mon bonheur est le sien, où qu’il se trouve, devra tout mettre en œuvre le jour du 18 Safar pour rendre grâce à Dieu, car, disait-il, mes remerciements personnels ne pourraient suffire pour témoigner ma reconnaissance au Seigneur. » 

Le Magal constitue un moment privilégié pour chaque musulman de magnifier en parfaite symbiose, avec le Cheikh, les innombrables bienfaits que Dieu lui a accordés. Cela est conforme aux enseignements coraniques : « Si vous êtes reconnaissants, très certainement j’augmenterai mes bienfaits pour vous. Mais si vous êtes ingrats, mon châtiment vous sera terrible (Sourate 14, Verset 7) ». 

Il est indispensable donc de comprendre le sens véritable et la portée du Magal, de le célébrer conformément aux recommandations du Cheikh, afin de pouvoir bénéficier des grandioses bienfaits accordés au serviteur du Prophète (PSL). A l’origine, chaque talibé célébrait le Magal là où il se trouvait, pourvu d’être conforme aux recommandations du Cheikh. 

Avec le temps, le deuxième calife, Cheikh Muhamad al-Fadel, a eu l’idée de rassembler tous les mourides à Touba. L’acte s’inscrit dans le cadre du raffermissement de la cohésion de la communauté. Il y avait ainsi des objectifs spirituels, mais aussi des objectifs sociaux (rencontre, échanges, etc.) et économiques dans la mesure où des ruraux venus avec leur production peuvent les écouler facilement avec l’arrivée de citadins. 

Un courant d’échanges se crée ainsi entre les deux groupes. Tout cela n’était pas absent de l’esprit de celui qui a donné cette forme au Magal. Car au départ, chacun le célébrait Grand Magal de Touba chez lui. Le deuxième calife a estimé qu’il était très profitable à la communauté de rassembler tout le monde à Touba pour célébrer le Magal. 

La particularité du Magal repose sur l’importance que les Mourides donnent à l’événement, car pour le mouride, le fait de participer au Magal est devenu

Des MOTOS Pour UNE INTERVENTION PLUS RAPIDE DES SECOURISTES DANS LES ZONES OÙ LES EMBOUTEILLAGES SONT nombreux : une grande innovation pour les sapeurs-pompiers, dans le cadre de leur travail.

RÉCEPTION D’ÉCHANTILLONS DE MOTOS PAR LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR.

🇸🇳 Ce jeudi 1er octobre 2020, le Général de Brigade Mor SECK, Commandant de la Brigade Nationale des Sapeurs-pompiers (BNSP) a présenté à Monsieur le Ministre de l’Intérieur, M. Aly Ngouille NDIAYE, un échantillon de la nouvelle flotte de motos des soldats du feu.
Il s’agit d’une grande innovation pour les sapeurs-pompiers, dans le cadre des opérations de secours qu’ils effectuent quotidiennement, car ces motos permettront une intervention plus rapide des secouristes dans les zones où les embouteillages sont légion.
Ainsi, les nouveaux motards des sapeurs-pompiers pourront prodiguer les premiers soins d’urgence aux patients et autres accidentés, en attendant que les véhicules d’ambulance arrivent sur les lieux.
Ce qui permettra certainement de sauver encore plus de vies.

LE PÔLE COMMUNICATION DE La mouvance présidentielle ET L’ASPT en deuil : Ramatoulaye BA, Chef de Projets Communication en Charge des Relations Publiques de L’ASPT est décédée ce dimanche.

Militante et combattante de l’APR et Chef de Projets Communication en Charge des Relations Publiques à l’Agence Sénégalaise de Promotion Touristique Ramatoulaye BA, a rendu l’âme des suites d’une maladie.

Puisse Allah SWT l’accueillir à sa droite dans son Paradis Firdaws. Que la terre lui soit légère et qu’elle repose en paix. À sa famille éplorée par cette perte cruelle nous présentons nos sincères condoléances attristées. Nos condoléances vont à SE MACKY SALL, à la Coalition Benno Bokk Yaakaar à tous ses camarades de parti, membres de la Cellule de Communication BBY, aux membres des Groupes Benno Majorité Présidentielle, Benno Majorité Digitale, à la Cellule Républicain Tweet Team, au DG de l’ASPT Pape Mahawa DIOUF, à Mame Ousmane DIOP Ministre Conseiller, à El Hamidou KASSÉ Ministre Conseiller. Nos condoléances vont aussi à ses collègues de l’ASPT qui sentiront un grand vide autour d’eux après qu’elle les ait quitté sur la pointe des pieds. Nos condoléances attristées à toutes celles et ceux qui l’ont connu de près ou de loin et qui garderont d’elle le souvenir d’une Femme sociable et aimable.
COORDINATION DE RTT

le Sénégal en particulier et l’Afrique en générale honorés avec l’élection du professeur Mary teuw niane au conseil d’administration du Centre international de mathématiques pures et appliquées ( cimpa ).

LE PROFESSEUR MARY TEUW NIANE , ÉLU MEMBRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DU CENTRE INTERNATIONAL DE MATHÉMATIQUES PURES ET APPLIQUÉES (CIMPA) ( NICE, FRANCE). UN HONNEUR POUR LE SÉNÉGAL EN PARTICULIER ET L’AFRIQUE EN GÉNÉRALE

Dix-huit ans après le naufrage, le Sénégal pleure ses victimes.

Ce samedi 26 septembre 2020 à ziguinchor, le Sénégal a commémoré le 18 ème anniversaire du naufrage du bateau le « Joola ».
18 années se sont écoulées et les courants marins continuent à creuser des sillons sur cette épave mythique. Le Joola a bel et bien coulé au large de la Gambie. Le bilan est lourd et sans équivoque : 1863 morts. Une catastrophe maritime jamais égalée et qui a surpris toute la casamance.
Le Ministre des forces armées, M. Sidiki KABA, Mme Assome Aminata DITTA, Ministre du commerce et des Pme, et M. Abdoulaye DIOP,Ministre de la culture, ont tenu à rehausser cette cérémonie de leur présence. Un seul objectif pour cette 18ème commémoration : « le renflouement du bateau » afin de permettre aux familles éplorées de faire définitivement le deuil de toutes les victimes de cette tragédie.

Le Joola », 18 ans après le naufrage…

Jeudi 26 septembre 2002. Une date. Un drame. Une histoire inoubliable. Voilà 18 ans que le Sénégal vivait sa pire tragédie maritime, l’une des plus lourdes de conséquences que le monde a connues. Le naufrage du bateau « Le Joola » dans les eaux gambiennes résiste à l’usure du temps. Et sa commémoration, chaque année, réveille en nous Sénégalais, un sentiment de détresse et de désolation et soulève des questions auxquelles on peine toujours à trouver des réponses.

L’annonce du chavirement du bateau « Le Joola » a été comme un coup de massue. Au fil des heures, les chiffres relatifs au nombre de disparus grossissaient; le bilan officiel (et exact?) faisait froid dans le dos. Plus de 2000 âmes périssent dans la profondeur de l’océan qui allait devenir la tombe pour la plupart d’entre elles. Des corps sans vie repêchés, des disparus qui avaient embarqué et dont on a perdu les traces, des personnes plus chanceuses rescapées, le listing des chiffres de la tragédie provoquait un haut-le-cœur. Le Sénégal est touché, dans toute ses composantes, la faucheuse s’est emparée d’une quantité énorme de vies sans se soucier de leurs classes sociales, leurs ethnies et leurs religions. Ce jour-là plus que jamais, le pays était uni et communiait dans la tristesse.

Du naufrage du Joola au 18e anniversaire… (Par Ousmane SARR)

« Le Joola », un souvenir douloureux

Chaque année, depuis 2002, le 26 septembre nous arrache des souvenirs douloureux. Même dans la peau des naufragés, on s’imaginera mal l’horreur qu’ils ont du vivre. Mourir dans l’eau, cette eau-là même qui est source de vie en temps normal, constitue l’une des pires façons de trépasser. Des cris de détresses, des appels au secours vains, et puis…la résignation face à des vagues hostiles. La brise naguère si amicale reste neutre, laissant la place au vent violent qui continuait son œuvre. Rien qu’à imaginer les conditions dans lesquelles ces milliers d’âmes sont mortes, ça nous fend le cœur.

La commémoration de l’anniversaire du naufrage « Le Joolaa » est devenue comme un rituel dont nous profitons pour renouveler, impuissants de faire revenir ces vies perdues, notre compassion aux familles éplorées, à tout le peuple donc. Compassion pour ces étudiants à qui la vie tendait la main et qui n’auraient jamais l’opportunité de réaliser leurs rêves. Peut-être même que certains d’entre eux ambitionnaient de travailler dans le domaine maritime. Compassion pour ces pères et mères de familles qui n’ont pas eu l’occasion de donner un dernier sourire d’adieu à leurs progénitures. Compassion aux jeunes, moins jeunes, vieux et vieilles qui ont perdu des piliers qui tenaient fièrement leurs familles.
Difficile de se rappeler cette tragédie du bateau « le Joolaa » sans penser à ces milliers d’âmes innocentes qui ont été sevrées du regard maternel de façon brutale. Ces orphelins dont ceux qui étaient nourrissons au moment des faits atteignent aujourd’hui l’âge de la majorité méritent toute la considération de la République. Même si nul n’est assez grand pour occuper la place d’un parent, le fait pour la République de les adopter, d’en faire des Pupilles de la Nation , peut être d’un soulagement à ne point négliger. Certes le vide que crée l’absence d’un parent est impossible de combler mais l’initiative étatique d’accompagner ces jeunes garçons et filles impactés est à saluer à sa juste valeur.

Des questions sans réponses autour du bateau « le Joola »

Il est connu de tous que le naufrage du bateau « le Joolaa » est une conséquence d’un laisser-aller érigé en politique. Il révèle non seulement le manque de sérieux des responsables du navire mais aussi l’irresponsabilité à un niveau central. Aussi bien le ministère de tutelle dirigé alors par Youba Sambou que l’équipage du bateau, tous ont été coupables de mettre dans les eaux un moyen de transport souffreteux sur le plan technique. On se rappelle bien la sortie musclée du président Wade, fustigeant la surcharge et l’absence d’entretien du navire, au lendemain du naufrage. Comment peut-on comprendre en vérité que le bateau puisse faire le double de sa capacité? On se pose toujours la question.
On se pose aussi la question relative à la responsabilité de chacun. Pourquoi, en dehors de la démission des ministres Youssoupha Sakho (Equipement et transports) et Youba Sambou (Forces armées), il n’y a pas eu de sanctions sur le plan judiciaire? Dans un pays sérieux, bien des responsables seraient poursuivis pour homicides involontaires. On a beau mettre cette tragédie dans le registre d’un destin qui devait implacablement s’appliquer, cela ne dédouane pas les autorités aux affaires, le 26 septembre 2002. Pourquoi le bateau n’est-il pas repêché jusqu’ présent des eaux où il dort comme un mort?
Tant que des réponses ne sont pas apportées à ces questions, et des conséquences tirées, le Sénégalais continuera d’adopter une attitude qui défie toute logique. Cette attitude qui est plus que d’actualité, et qui consiste à surcharger les moyens de transport et à laisser circuler ceux qui sont bons pour la ferraillerie, dans le seul but de gagner plus d’argent. Gouverner c’est prévoir l’irréparable.

Le Ministre des Forces armées, Me Sidiki Kaba , accompagné du CEMGA Birame Diop, a réceptionné aujourd’hui a la Direction du matériel un lot de 208 véhicules utilitaires et de combat.

🔴Le Ministre des Forces armées, Me #Sidiki_Kaba, accompagné du CEMGA Birame Diop, a réceptionné aujourd’hui a la Direction du matériel un lot de 208 #véhicules_utilitaires et de combat. Ce parc permettra d’augmenter le potentiel opérationnel des unités sur le terrain.

ArmeeNationSénégal

COVID-19 : DAKAR REÇOIT DE TOKYO DES ÉQUIPEMENTS D’UNE VALEUR DE 60 MILLIONS DE FRANCS CFA

LTF/ESF/ASG

Le Japon a octroyé au Sénégal des équipements d’une valeur de 60 millions de francs CFA en guise de contribution au plan de riposte contre la Covid-19, a constaté l’APS, lundi, à Dakar. Il s’agit d’équipements de protection de la Covid-19, constitués de masques chirurgicaux, de flacons de gel hydroalcoolique, de lave-mains et d’autres articles. Le don destiné à l’Agence de la couverture maladie universelle (ACMU) du Sénégal a été octroyé par l’Agence japonaise de coopération internationale. Rachel Coly Boucal, la secrétaire générale du ministère du Développement communautaire et de l’Equité sociale et territoriale, le département ministériel dont dépend l’ACMU, estime que ce don est une preuve de l’engagement du Japon à soutenir la politique de protection sociale et de prévention médicale du Sénégal. Le Japon ne cesse d’aider le Sénégal, sur les plans technique et financier, à vulgariser la couverture maladie universelle, selon Mme Boucal.  Elle a fait part de l’‘’enthousiasme’’ du ministère du Développement communautaire à réceptionner le don, en étant convaincu de la ‘’valeur ajoutée’’ qu’il peut apporter à la riposte nationale contre la Covid-19.  Mme Boucal a également salué la contribution japonaise à la mise en œuvre du projet ‘’Doolel CMU’’, en août et septembre, dans les départements de Thiès (ouest), Diourbel (centre) et Tambacounda (est). Ce projet a consisté à diffuser des spots en langues nationales, dans les radios locales, pour aider les populations à prévenir la Covid-19, selon elle. Selon l’ambassadeur du Japon au Sénégal, Arai Tatsuo, le système de santé sénégalais a démontré sa capacité d’adaptation et de résilience face aux chocs sanitaires.  Mais il est encore nécessaire de renforcer les efforts du pays en matière de sensibilisation, d’inciter les populations à faire preuve de vigilance et à respecter les mesures barrières.  ‘’Le Japon est convaincu qu’il est important (…) d’éviter que les plus vulnérables ne soient laissés à eux-mêmes, surtout en cette période (…) de pandémie’’, a-t-il ajouté.

La Côte d’Ivoire devient le pays le plus riche de toute l’Afrique de l’Ouest

Après avoir dépassé le Kenya, la Côte d’Ivoire, pays francophone au sous-sol pauvre, a réussi l’exploit de dépasser ses deux voisins regorgeant de richesses naturelles que sont le Ghana et le Nigeria, pour devenir le pays le plus riche de toute l’Afrique de l’Ouest, selon les données révisées de la Banque mondiale.

Abidjan, la nuit (photo CERMF)
Abidjan, la nuit (photo CERMF)

Par Ilyes Zouari
Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le Monde francophone)

Selon les statistiques récemment publiées par la Banque mondiale, le PIB par habitant de la Côte d’Ivoire s’établissait à 2 286 dollars fin 2019, soit un niveau désormais supérieur à ceux du Ghana (2 202 dollars) et du Nigeria (2 230 dollars). Et ce, contrairement à ce que laissaient prévoir les données publiées ces dernières années par l’organisme, avant que la Côte d’Ivoire ne bénéficie, à son tour, d’une mise à jour de la base de calcul de son PIB. Un niveau qui, par ailleurs, dépasse maintenant largement celui du Kenya, qui s’élève à 1816 dollars.

Une croissance record

Cette grande performance constitue un véritable exploit pour la Côte d’Ivoire, dont le sous-sol pauvre en matières premières contraste avec ceux du Ghana et du Nigeria. En effet, le Ghana est devenu le premier producteur d’or du continent, avec une production plus de quatre fois supérieure à celle de la Côte d’Ivoire (142,4 tonnes en 2019, contre seulement 32,5 tonnes, soit + 338 %). De plus, le pays fait désormais partie des pays pétroliers du continent, se classant aujourd’hui à la quatrième position en Afrique subsaharienne, devant le Gabon (avec une production d’environ 200 000 barils par jour, contre moins de 40 000 pour le pays d’Houphouët-Boigny, soit cinq fois plus). Et ce, dans un domaine qui continue à être largement dominé par le Nigeria, premier producteur d’or noir du continent, avec une production annuelle qui se situe, en moyenne, à environ deux millions de barils par jour.

L’importante progression de la Côte d’Ivoire résulte de la très forte croissance que connaît le pays depuis plusieurs années. Sur la période de huit années allant de 2012 à 2019, période suffisamment longue pour pouvoir établir des comparaisons internationales (et hors micro-États, et plus précisément Nauru, pays insulaire du Pacifique sud ne comptant que 11 mille habitants et pour un territoire de seulement 21 km2), la Côte d’Ivoire a réalisé la plus forte croissance au monde dans la catégorie des pays ayant un PIB par habitant supérieur ou égal à 1 000 dollars, avec une croissance annuelle de 8,2 % en moyenne (6,9 % en 2019). Plus impressionnant encore, elle se classe deuxième toutes catégories confondues, pays très pauvres inclus, faisant ainsi mieux que 30 des 31 pays au monde qui avaient un PIB par habitant inférieur à 1 000 dollars début 2012. La Côte d’Ivoire n’est alors dépassée que par l’Éthiopie, qui a connu une croissance annuelle de 9,2 % en moyenne (8,3 % en 2018). Une performance qui résulte essentiellement du très faible niveau de développement de ce pays d’Afrique de l’Est, qui était le deuxième pays le plus pauvre au monde début 2012 et qui en demeure un des plus pauvres avec un PIB par habitant de seulement 857 dollars, fin 2019 (soit près de 2,7 fois moins que la Côte d’Ivoire). Sur cette même période de huit années, le Ghana et le Nigeria ont enregistré, respectivement, une croissance annuelle de 5,7 % et de 2,9 % en moyenne.

Un pays particulièrement dynamique

Les résultats de la Côte d’Ivoire s’expliquent par les profondes réformes réalisées par le pays afin d’améliorer le climat des affaires, ainsi que par une politique de développement tous azimuts et se matérialisant notamment par de nombreux chantiers d’envergure à travers le pays. Plusieurs mesures ont en effet été prises afin de faciliter et de sécuriser les investissements, en vue d’instaurer un environnement favorable à ces derniers : mise en place d’un nouveau code des investissements en 2012, d’un guichet unique de création d’entreprises, d’une plateforme d’échanges pour centraliser les appuis des partenaires au développement de l’environnement des affaires… Le tout, assorti d’une assez faible pression fiscale, de l’ordre de 14 % du PIB au total pour l’année 2019 (cotisations de sécurité sociale incluses).

L’ensemble de ces mesures a ainsi permis à la Côte d’Ivoire de faire un bond considérable dans le classement international Doing business, publié chaque année par la Banque mondiale et relatif au climat des affaires, en passant de la 167e place en 2012 à la 110e pour l’année 2020. Dans ce classement, elle fait donc désormais largement mieux que le Nigeria (131e), ou encore que l’Éthiopie, passée de la 111e à la 159e place sur la même période. Ce pays, où les répressions policières et les tensions interethniques ont fait plusieurs centaines de morts ces quelques dernières années, est d’ailleurs l’un des pays qui connaissent les plus fortes tensions sociales sur le continent, avec l’Afrique du Sud (où l’on compte plus de 15 000 homicides par an).

Maîtrise de l’inflation

Cette importante progression de la Côte d’Ivoire s’accompagne également d’une remarquable maîtrise de l’inflation (comme dans l’ensemble de l’espace UEMOA), qui s’est située à seulement 0,8 % en moyenne annuelle sur la période de huit années allant de 2012 à 2019, selon les dernières données de la Banque mondiale. Un taux particulièrement bas, notamment en comparaison avec le Ghana et Nigeria, dont les populations ont grandement souffert d’une inflation qui s’est établie à 11,9 % et à 11,6 % par an, en moyenne et respectivement, et ce malgré une croissance largement inférieure à celle de la Côte d’Ivoire.
Ces deux pays souffrent d’ailleurs également d’une importante dollarisation de leur économie, la monnaie nationale étant souvent refusée et substituée par le dollar dans les échanges économiques quotidiens. Enfin, la Côte d’Ivoire n’oublie pas d’investir massivement dans l’éducation et la formation, dont les dépenses avaient atteint jusqu’à 27 % du budget national en 2017 (un des taux les plus élevés du continent). Sur les cinq dernières années, autant de classes ont d’ailleurs été ouvertes à travers le pays qu’au cours des vingt années précédentes. Une accélération qui s’explique, notamment, par la scolarisation rendue obligatoire à partir de la rentrée 2015 pour les enfants âgés de 6 à 16 ans. Au passage, il convient de rappeler que la maîtrise de l’inflation et la formation, deux éléments ayant une incidence certaine sur l’environnement des affaires, ne sont pas pris en compte par l’enquête annuelle Doing business de la Banque mondiale. Ce qui constitue une lacune fort regrettable, et pénalisante pour le classement de la Côte d’Ivoire (tout comme le sont, dans un autre registre, les données servant à l’ONU de base de calcul pour l’indice de développement humain, mais qui sont en général relativement anciennes pour les pays en développement, et qui ne prennent donc pas en considération les toutes dernières évolutions économiques et sociales).

De grands chantiers

Cet environnement particulièrement favorable aux investissements que connait aujourd’hui la Côte d’Ivoire s’accompagne d’une politique ambitieuse de développement et de grands chantiers, dans tous les domaines : routes, ponts, transports publics (comme le futur tramway d’Abidjan), centrales électriques, hôpitaux, réseaux de télécommunications, industries de base… et ce, sans oublier l’agriculture qui continue à se développer, le pays étant même devenu récemment le premier producteur mondial de noix de cajou (en plus d’être déjà le premier producteur de cacao). Des noix de cajou qui sont d’ailleurs partiellement transformées par des machines de fabrication ivoirienne, grâce à une entreprise locale qui est la seule du type en Afrique subsaharienne.
En outre, les secteurs de la technologie et de l’informatique se développent eux aussi assez rapidement, notamment avec la multiplication des jeunes pousses (ou start-up), ou encore avec la construction d’une usine d’assemblage d’ordinateurs qui contribue à la réalisation du projet national « un citoyen, un ordinateur ». Une fabrication locale qui constitue une avancée rare sur le continent. Quant à l’électrification du pays, point d’une grande importance pour la réussite de toute politique de développement, le taux de couverture est passé de 33 % des localités ivoiriennes début 2012 à 73 % au mois de mai 2020. Et ce, avec une augmentation parallèle du taux d’accès à l’électricité, qui atteint désormais près de 90 % de la population du pays. Sur la même période, celui-ci a connu une progression d’environ 60 % de sa production d’électricité, devenant un des principaux exportateurs en la matière sur le continent (11 % de la production ivoirienne est actuellement exportée vers un total de six pays d’Afrique de l’Ouest).

Et maintenant, le tourisme

Par ailleurs, la Côte d’Ivoire commence enfin à s’intéresser au développement du secteur touristique, encore embryonnaire. Une situation totalement anormale pour un pays qui ne manque pas d’atouts en la matière, et que le monde doit enfin connaître et découvrir. À titre d’exemple, la quasi-intégralité de la population française (et donc également des autres populations occidentales) ignore l’existence même de la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, qui n’est autre que le plus grand édifice chrétien au monde, et quasi-réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome. Une situation absurde qui résulte de la longue négligence dont a souffert le secteur du tourisme, contrairement à ce que l’on observe dans des pays comme le Kenya ou l’Afrique du Sud, ou encore la Tunisie et le Maroc, qui investissent depuis longtemps dans ce domaine qui contribue de manière importante à leur développement. Au passage, il convient de rappeler que la Côte d’Ivoire est un pays bien plus grand qu’on ne le pense, étant, par exemple, légèrement plus étendue que l’Italie et un tiers plus vaste que le Royaume-Uni, et non deux ou trois plus petite comme l’indique la majorité des cartes géographiques en circulation (y compris en Afrique). Des cartes qui dressent généralement une représentation terriblement déformée des continents, en réduisant considérablement la taille des pays du Sud.

La rapide progression de l’Afrique subsaharienne francophone

Ces différents éléments font que la Côte d’Ivoire devrait continuer à connaître une croissance robuste dans les prochaines années, du moins une fois que la crise mondiale majeure liée au Covid-19 sera passée (et dont les conséquences définitives pour l’année en cours, et pour l’ensemble du continent, ne peuvent encore être correctement estimées).

Un dynamisme par ailleurs soutenu par une assez bonne maîtrise de la dette publique, les pays francophones n’étant qu’au nombre de deux parmi les dix pays les plus endettés du continent (à savoir la Mauritanie et le Congo-Brazzaville, qui n’arrivent, respectivement, qu’à la 9e et à la 10e place début 2020, selon le FMI). Une maîtrise de la dette qui fait que l’Afrique francophone sera globalement mieux armée pour faire face à la présente crise économique internationale. Pour la Côte d’Ivoire, cette dette s’est établie à 38 % du PIB fin 2019 (après rebasage tardif du PIB), soit un niveau largement inférieur à celui de la grande majorité des pays développés, et un des taux les plus faibles du continent (par exemple, largement inférieur à ceux du Ghana, 63,8 %, et du Kenya, 61,6 %).

Un seul pays francophone

Par ailleurs, il est à noter qu’il n’y a désormais plus qu’un seul pays francophone parmi les cinq pays les plus pauvres du continent, tous situés en Afrique de l’Est (en l’occurrence le Burundi, avec quatre pays anglophones que sont le Soudan du Sud, devenu le pays le plus pauvre du monde, le Malawi, la Somalie et le Soudan). Enfin, il n’y a aujourd’hui plus aucun pays francophone dans les six dernières places du classement international relatif au climat des affaires de la Banque mondiale, désormais majoritairement occupées par des pays anglophones (en 2012, cinq des six derniers pays étaient francophones).

Cette évolution globalement favorable de l’Afrique francophone n’était d’ailleurs pas aussi facilement prévisible il y a quelques décennies, au moment des indépendances.
L’Afrique francophone a donc réussi son rattrapage par rapport au reste du continent, dont elle constitue même désormais la partie la plus prospère, globalement (ou la moins pauvre, selon la manière de voir les choses). Des pays comme le Mali et Bénin, qui ne font pourtant pas partie des pays les plus riches d’Afrique de l’Ouest, ont même un PIB par habitant supérieur à des pays comme l’Éthiopie ou le Rwanda, situés en Afrique de l’Est et bénéficiant étrangement d’une couverture médiatique exagérément favorable.

Le déclin économique du Nigeria

Depuis plusieurs années, l’économie du Nigeria est en déclin et le pays en voie d’appauvrissement constant. En effet, celui-ci (et comme l’Afrique du Sud, par ailleurs), affiche chaque année un taux de croissance économique très faible et largement inférieur à son taux de croissance démographique, contrairement aux pays francophones qui l’entourent. Ainsi, la hausse du PIB n’a été que 1,2 % en moyenne annuelle sur les cinq dernières années (2015-2019), contre une croissance démographique de 2,6 % en moyenne sur la même période (comparable à celle de la Côte d’Ivoire, 2,4 %). Le Sénégal et le Cameroun devraient d’ailleurs assez rapidement dépasser à leur tour le Nigeria en matière de richesse par habitant (chose assez méconnue, le Cameroun connaît régulièrement une croissance économique deux à trois fois supérieure à celle du Nigeria). À cette situation, s’ajoutent de graves difficultés structurelles auxquelles fait face le pays, et qui se manifestent notamment par une inflation assez forte (11,6 % en moyenne annuelle sur les huit années de la période 2012-2019, contre 0,8 % pour la Côte d’Ivoire), une monnaie ayant perdu près de 60 % de sa valeur face au dollar depuis 2014 (et plus de 99 % de sa valeur depuis sa création en 1973, lorsque la livre sterling valait 2 nairas, contre 488 au 10 septembre 2020), et par des exportations qui reposent encore à près de 95 % sur le pétrole et le gaz (le Nigeria n’étant toujours pas parvenu à mettre en place un tissu industriel capable de le sortir de sa dépendance aux hydrocarbures, en diversifiant les exportations).

Politique monétaire

L’intégration d’une économie en aussi mauvaise santé et en déclin comme celle du Nigeria à une monnaie ouest-africaine, quelle qu’elle soit, est donc incontestablement de nature à déstabiliser profondément les économies de tous les autres pays qui partageraient la même monnaie, à travers une importante perte de valeur de celle-ci, accompagnée, de surcroît, d’une politique monétaire plus adaptée à un pays en crise (le Nigeria, par son poids démographique, décidant de l’essentiel de cette politique), et ne correspondant donc pas aux besoins des pays dynamiques de la région. À commencer par ceux de l’UEMOA, plus vaste zone de forte croissance du continent, qui verraient ainsi leur dynamisme se réduire assez rapidement, ainsi que leur niveau de souveraineté. La fermeture récente des frontières du Nigeria aux marchandises venant des pays frontaliers de la CEDEAO, sans concertation préalable et en dehors des règles mêmes de l’organisation, est d’ailleurs assez révélatrice de ce que pourrait être l’attitude du pays dans le cadre de la gestion d’une monnaie unique ouest-africaine.

Emigration

Dans un autre registre, il convient de souligner que le déclin de l’économie nigériane est de nature, à terme, à accroître considérablement l’émigration de Nigérians, en quête d’une vie meilleure, vers des pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, et en particulier vers le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Ghana. Ces pays doivent donc se préparer à faire face à ce qui pourrait être un véritable choc migratoire, compte tenu de la population du Nigeria, et notamment les pays de la CEDEAO dont les règles prévoient la liberté de circulation et de résidence pour les ressortissants des pays membres. Des règles qu’il faudra peut-être songer à revoir en fonction des intérêts des autres pays de la région, francophones et anglophones.

Enfin, et pour revenir à la question d’une monnaie commune, il est utile de rappeler que l’argument selon lequel une monnaie ouest-africaine permettrait de stimuler les échanges commerciaux entre les pays de la région, est un argument erroné qui ne correspond pas à la réalité des choses (et qui rappelle, d’ailleurs, une certaine propagande ayant précédé la création de l’Euro, pour une partie des pays de l’Union européenne). À titre d’exemple, les échanges entre les pays francophones de la zone UEMOA n’ont que très marginalement bénéficié de l’existence d’une monnaie commune à ces pays, et demeurent même encore globalement très faibles. Autre exemple intéressant, la part de la zone euro dans le commerce extérieur de la France a baissé depuis la mise en place de la monnaie unique, suite à une augmentation plus importante des échanges entre la France et le reste du monde qu’avec les pays de la zone euro. Ce qui permet, d’ailleurs, de constater que les flux commerciaux entre la France et les autres pays de la zone monétaire étaient déjà très importants avant la création de la monnaie unique…
Ainsi, la hausse des échanges entre pays d’une région donnée ne dépend pas de l’existence d’une même monnaie qu’ils auraient en partage, mais simplement de leur capacité à exporter des produits, à travers la mise en place préalable d’un environnement favorable pour y parvenir (cadres juridique, réglementaire et fiscal, infrastructures, formation, accords commerciaux, et en s’appuyant, surtout dans le cas de certaines industries nécessitant de lourds investissements, sur un marché assez important… comme le sont déjà ceux de l’UEMOA et de la CEDEAO).

Le Ministre Amadou Bâ présente les nouveaux passeports !

En marge du point de presse qu’il a tenu ce vendredi pour présenter le rapport provisoire dans le cadre de la réparation des fonds à la diaspora, le ministre des Affaires étrangères a présenté les nouveaux passeport.

« Sous peu, il y aura la mise en circulation de nouveaux passeports biométriques diplomatiques et de services. Le passeport diplomatique sera de couleur rouge et celui dit de service sera bleu ».

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