Conseil présidentiel sur la relance de l’économie : Voici l’intégralité du discours de Macky

CONSEIL PRÉSIDENTIEL SUR LA RELANCE ÉCONOMIQUE.

CONSEIL PRÉSIDENTIEL SUR LE PLAN D’ACTIONS PRIORITAIRES AJUSTE ET ACCELERE (PAP 2A) POUR LA RELANCE DE L’ÉCONOMIE

ALLOCUTION D’OUVERTURE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT MACKY SALL

CICAD, mardi 29 septembre 2020

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Madame la Présidente du Haut Conseil des Collectivités territoriales,

Madame la Présidente du Conseil économique, social et environnemental,

Monsieur le Ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence de la République,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs les Représentants des élus,

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Missions Diplomatiques et Représentants des partenaires au développement,

Mesdames, Messieurs les autorités de l’administration territoriale,

Mesdames, Messieurs les Représentants du Secteur Privé,

Mesdames, Messieurs les Représentants de la Société Civile,

Mesdames, Messieurs,

Bonjour et bienvenue à toutes et à tous, à l’occasion de ce Conseil présidentiel sur le Plan d’Actions Prioritaires ajusté et accéléré (PAP 2A) pour la relance de l’économie nationale.

Suite à la réunion gouvernementale préparatoire du 13 août dernier, j’ai souhaité réunir ce Conseil présidentiel en présence des représentants des Institutions, des forces vives de la Nation, du secteur privé, de la société civile et de nos partenaires.

J’ai voulu réitérer ainsi mon attachement au processus participatif dans la définition des politiques publiques touchant à la vie économique et sociale de notre pays.

Cette approche inclusive est d’autant plus opportune que nous évoluons toujours dans le contexte d’une crise sanitaire et économique profonde et inédite, dont les lendemains sont encore incertains.

A titre illustratif, notre taux de croissance du PIB, initialement projeté à 6,8% pour 2020, pourrait chuter en dessous de 1%.

Pour autant, ne baissons pas les bras. Au contraire, il nous faut rester combatifs dans l’esprit, déterminés dans l’action, calmes, sereins et humbles dans la réflexion et l’analyse.

J’insiste particulièrement sur le calme, la sérénité et l’humilité, parce que c’est ce qui nous aide à comprendre une situation donnée, et nous déterminer à prendre la bonne décision et à agir dans le bon sens.

Voilà ce qui guide, à ce jour, la démarche que j’ai assignée au gouvernement dans la gestion de la pandémie COVID-19 et ses impacts économiques et sociaux.

Devant l’inconnu, c’est cette vision qui avait fondé notre décision, en février dernier, de ne pas rapatrier nos jeunes étudiants de Wuhan, en Chine; sachant même qu’à ce jour, le virus COVID-19 n’a pas encore révélé tous ses secrets.

Et face à l’ampleur et à la brutalité de la crise, c’est la même vision qui nous a permis de concevoir et exécuter en urgence un Programme de Résilience Économique et Sociale, financé à hauteur de 1000 milliards de fcfa par le Fonds de Riposte et de Solidarité contre les Effets de la Pandémie COVID- 19, FORCE-COVID-19.

Je remercie, une fois de plus tous les pays, Institutions partenaires et bonnes volontés pour leur soutien matériel et leur contribution au financement du FORCE COVID-19.

Avec le Programme de Résilience Économique et Sociale nous avons pu :

?soutenir le secteur de la santépar le relèvement substantiel du plateau médical, le diagnostic et le traitement gratuits des malades ;

?assister nos populations en denrées de première nécessité et produits phyto sanitaires ;

?appuyer notre diaspora, si généreuse envers la Nation en temps normal ;

?sauvegarder la stabilité macroéconomique ; ?soutenir notre secteur privé et préserver l’emploi à travers un paquet de mesures fiscales, douanières et d’injection de liquidités ;

?enfin, assurer l’approvisionnement continu du pays en hydrocarbures.

Sur le volet santé en particulier, en plus des efforts substantiels consentis dans la lutte anti COVID-19, dont 35 Centres de traitement, nous finalisons actuellement le Plan d’investissements pour un système de santé résilient et pérenne d’un montant de plus de 500 milliards de fcfa.

Ce Plan servira à moderniser davantage notre système de santé, par la réhabilitation, la construction et l’équipement de structures, et le recrutement de professionnels de la santé, notamment des médecins, infirmiers et infirmières, des sages-femmes, ainsi que des personnels de soutien.

S’agissant de notre politique de riposte sanitaire et de gestion des effets de la crise, j’ai toujours voulu qu’elle soit éclairée par la science et qu’elle tienne compte de nos réalités économiques et socio- culturelles.

Ainsi, notre plan de riposte sanitaire a toujours reposé sur la consultation préalable de nos professionnels de la santé. De même, en l’absence de médicament spécifique et de vaccin anti COVID-19, nous leur faisons entièrement confiance pour le traitement des malades.

Au titre des mesures préventives pour limiter la propagation du virus, en lieu et place du confinement appliqué ailleurs, nous avons plutôt opté pour la restriction dans les transports et les rassemblements, en plus des gestes barrières. Cette stratégie est en effet plus conforme à la structure de notre économie, où l’informel occupe une place prépondérante.

Elle est, en outre, mieux adaptée à notre vécu socio-culturel.

A ce jour, si rien n’est encore définitivement acquis dans la lutte contre la pandémie et ses effets, nous devons être fiers et confortés que notre stratégie et ses résultats probants soient reconnus et plébiscités par d’éminents spécialistes et des organismes indépendants. Je citerai ici le Prix d’Excellence décerné à notre pays par le prestigieux Institut Africain-Américain et le Foreign Policy Magazine, de réputation internationale, dont une étude récente classe notre pays au 2e rang mondial pour sa gestion de la pandémie, juste derrière la Nouvelle Zélande.

Aujourd’hui, forts de nos acquis, mais également conscients de nos limites et de nos vulnérabilités, il s’agit pour nous d’amorcer une nouvelle séquence dans la gestion de la crise COVID-19, en passant de la résilience à la relance, et en nous basant toujours sur la vérité des faits.

Et à l’épreuve des faits, l’expérience nous enseigne trois constats :

Premier constat : en dépit de toutes les analyses prospectives, personne ne peut prévoir combien de temps va durer la pandémie.

Deuxième constat : comme je l’avais d’ailleurs indiqué dans mon discours du 11 mai, à l’occasion de l’allègement de l’état d’urgence, il nous faut apprendre à vivre en présence du virus, en adaptant nos comportements individuels et collectifs à l’évolution de la pandémie.

Troisième constat : l’expérience nous enseigne que dans la gestion optimale de la pandémie COVID-19, on ne saurait choisir la santé au détriment de l’économie, ni l’économie aux dépens de la santé. Non. Le bon choix, c’est à la fois celui de la santé et de l’économie, toutes précautions prises. La santé et l’économie ne sont pas contradictoires. Elles sont plutôt complémentaires.

L’une ne va pas sans l’autre. Pas d’économie qui prospère sans la bonne santé ; et pas de bonne santé durable sans l’économie qui la finance.

En somme, il nous faut travailler pour faire vivre notre économie, tout en veillant sur notre santé. Voilà ce qui fonde notre stratégie pour remettre notre pays sur la trajectoire de croissance forte d’avant COVID-19, afin de maintenir le cap sur l’émergence à l’horizon 2035.

C’est à cette fin que j’ai demandé au Gouvernement de préparer le Plan d’Actions Prioritaires ajusté et accéléré (PAP 2a) que nous examinons aujourd’hui pour validation, dans la même dynamique participative que nous avons adoptée dès le début de la crise.

Le PAP 2a repose sur le constat suivant: la pandémie COVID-19 nous a révélé des vulnérabilités potentielles qui nous exposeraient à des pénuries en cas de rupture de fret ou de rétention de certains produits par les pays exportateurs pour satisfaire leurs propres besoins. Il en est ainsi de l’agriculture et de l’industrie pharmaceutique, entre autres.

En conséquence, pour parer à de tels risques, nous voulons, à travers le PAP 2a, et sur la séquence 2019-2023, donner une sur-priorité à la souveraineté alimentaire (agriculture, élevage et pêche), pharmaceutique et sanitaire, et booster en même temps l’industrialisation de l’économie, le numérique, le tourisme, le logement, en favorisant davantage l’équité territoriale et l’inclusion sociale.

Parallèlement, les projets stratégiques des infrastructures et de l’énergie seront poursuivis.

Je précise que le PAP 2a ne se substitue pas au Plan Sénégal Émergent, qui, dans sa Phase II, reste notre référentiel en matière de stratégie de développement économique et social.

D’après nos projections, la mise en œuvre du PAP 2a nous permettra de retrouver une croissance du PIB de l’ordre de 5,2 % en 2021 ; 7,2% en 2022 et 13,7% en 2023 ; soit le premier taux de croissance du Sénégal à deux chiffres, avec l’exploitation de ressources gazières pétrolières.

Sur la période 2019-2023, le PAP 2a requiert un financement de 22,4 milliards d’euros dont le tiers est attendu du secteur privé.

Je souhaite que le secteur privé national s’engage résolument à nos côtés pour atteindre cet objectif. J’y invite également le secteur privé étranger. Tous, vous y avez votre place.

Je reste, pour ma part, déterminé à poursuivre le processus d’amélioration de l’environnement des affaires, notamment par la simplification des formalités et des procédures et la mise en place de facilités propices à l’investissement.

Il en est ainsi de l’adoption prochaine de la loi sur le Partenariat Public Privé.

Je tiens également à saluer l’engagement à nos côtés de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux, en particulier les Institutions et pays amis qui nous font confiance et nous soutiennent dans nos efforts de résilience et de relance.

Avec la hausse de 50% du budget de la présente campagne agricole qui est passé de 40 à 60 milliards de FCFA en anticipation d’une excellente saison des pluies, les récoltes, que nous espérons abondantes, placeront l’économie nationale dans une meilleure perspective pour 2021.

Alors, pour emprunter le langage sportif, le moment est opportun pour passer de la défense à l’attaque par la relance, toujours en adoptant notre stratégie jusque-là gagnante : la stratégie de bloc-équipe, inclusive et participative, qui associe l’Etat, les forces vives de la Nation et nos partenaires.

C’est l’objet même de nos présentes consultations dont les recommandations viendront enrichir le travail déjà fait.

Par notre mobilisation et la synergie de nos efforts, je suis confiant qu’ensemble nous pourrons relever le défi de la relance de notre économie.

Je déclare maintenant ouvert le Conseil présidentiel sur le Plan d’Actions prioritaires ajusté et accéléré pour la relance de l’économie nationale.

Je donne la parole au Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération.

Le résumé du Conseil présidentiel sur le Plan d’Actions Prioritaires ajusté et accéléré (PAP 2A) pour la relance de l’économie nationale présidé par Président Macky Sall ce mardi .

PRÉSIDENT MACKY SALL DIRIGEANT LES DÉBATS DU CONSEIL PRÉSIDENTIEL SUR LE PAP2A

Adopté ce 29 septembre, le plan de relance nécessite 22,4 milliards d’euros de financements d’ici à 2023, avec un fort concours attendu des entreprises. Décryptage en trois points.

La relance par les dépenses en attentant une (très forte) reprise propulsée par les hydrocarbures après 2023. À Diamniadio, près de Dakar, Macky Sall, le président du Sénégal, a acté la mise en route du PAP2a (Programme d’actions prioritaires 2 ajusté et accéléré) dévoilé le 13 août.

Le séminaire réunissait ce 29 septembre le gouvernement ainsi que des représentants des opérateurs économiques et de la société civile et le corps diplomatique. Voici les trois points à retenir :

▪︎22,4 milliards d’euros engagés d’ici 2023

Selon l’exécutif sénégalais, il s’agit notamment de « consolider les acquis et accélérer la marche vers l’émergence en 2035 ». Ce plan de relance prévoit des engagements de plus de 500 milliards de fcfa (22,4 milliards d’euros) au total d’ici à 2023. Mais cette somme ne sera pas entièrement budgétaire : en effet, un tiers doit venir des investissements du secteur privé.

Fin août, lors de l’Université d’été du Medef à Paris, le président sénégalais avait appelé les 250 entreprises françaises présentes au Sénégal à poursuivre et à accélérer leurs investissements dans le pays.

▪︎Près de 800 millions d’euros d’investissements dans la santé

Pour Macky Sall, le plan de relance doit sur-prioriser la souveraineté alimentaire, pharmaceutique et sanitaire « et booster en même temps l’industrialisation de l’économie, le numérique, le tourisme, le logement, en favorisant davantage l’équité territoriale et l’inclusion sociale ».

Parmi les points clés du plan, figure au premier chef le domaine de la santé, avec un programme d’investissements sectoriel chiffré à plus de 500 milliards de FCFA (762 millions d’euros). Celui-ci reprend les grandes lignes des politiques en cours dans le cadre du PAP 2 échu et vise à accélérer la construction ou la réhabilitation des infrastructures et l’embauche et la formation des personnels (médecins, infirmières…). Ce dispositif s’ajoute aux « efforts substantiels consentis dans la lutte anti Covid-19, dont 35 centres de traitement », a précisé le chef de l’État.

▪︎91 millions d’euros pour financer la campagne agricole

Autre volet pointé par Macky Sall, l’accroissement de 50 % des financements de la campagne agricole qui passe de 40 à 60 milliards de F CFA. Le gouvernement doit aussi soutenir le secteur privé via diverses mesures fiscales, douanières et « d’injection de liquidités » restant à détailler.

Ce PAP 2a vient compléter le fond public-privé anti-covid de 1 000 milliards de FCFA, dit PRES (Programme de résilience économique et social), lancé dès le mois d’avril et abondé par l’État, les grandes entreprises (banques, opérateurs télécoms…) ou encore l’Union européenne.

Concernant la situation économique, selon les propos de Macky Sall ce 29 septembre, le Sénégal devait retrouver le chemin de la croissance dès 2021 avec un bond de l’économie de 5,2 %, puis 7,2 % en 2022. Le taux de croissance devrait, pour la première fois de l’histoire du pays, passer à deux chiffres en 2023, à 13,7 %. Ceci grâce à la mise en production des importants projet pétro-gaziers offshore de Grand Tortue Ahmeyim et Sangomar.

Pour rappel, dans ce pays dont le PIB s’affiche à 23,6 milliards de dollars en 2019, la croissance attendue cette année était d’environ 6,8 % avant que ces prévisions ne soient totalement effacées du fait de la crise sanitaire mondiale. L’économie du pays devrait reculer de 0,7 % cette année selon les conclusions d’une mission d’évaluation (virtuelle) du FMI mi-septembre.

Concernant la dette du pays qui s’affiche à environ 70 % du PIB, le président sénégalais appelle enfin à poursuivre les initiatives en vue d’un prolongation du moratoire jusqu’en 2021.

Amadou BA : Le Sénégal veut maintenir un moratoire sur la dette jusqu’en 2021.

« `Lors du rassemblement annuel des Nations Unies à New-York, les nations africaines ont appelé à des mesures fiscales exceptionnelles pour aider les économies à survivre à la pandémie de coronavirus.

La semaine qui vient de s’écouler pourrait être décisive pour l’avenir économique des nations africaines. Plusieurs dirigeants du continent ont profité de la 75ème session de l’assemblée générale des Nations Unis pour faire entendre leur voix en demandant des mesures fiscales exceptionnelles en cette période de pandémie de coronavirus, à savoir une aide de 100 milliards de dollars par an au cours des trois prochaines années« `

Amadou Ba, ministre sénégalais des affaires étrangères : « Je profite de cette tribune pour saluer les efforts consentis par les membres du G20, la Banque mondiale et le Fond monétaire international en faveur de l’initiative de la suspension du service de la dette. J’exhorte l’Union africaine à poursuivre les démarches en direction de nos partenaires en vue d’étendre ce moratoire jusqu’en 2021. »
D’autres voix comme celles du président du Niger, Issoufou Mahamadou ou du président de la Côte d’Ivoire, Alasanne Ouattara « `se sont élevées pour demander l’annulation pure et simple de la dette des pays africains qui libérerait ainsi les ressources pour lutter contre le coronavirus et les autres maladies mortelles.

Ils ont également appelé les Nations Unis à réformer le conseil de sécurité en offrant aux pays africains un siège à la table du conseil de sécurité.« `

L’APRÈS COVID ! ( Par MAMEBOYE DIAO )

Dans une grande partie du monde, les mesures de gestion d’une légalité de crise consécutives à la survenance de la covid 19 sont allégées, car les pays tentent de relancer leur économie pour concilier les exigences parfois frontalement contradictoire de la santé et de l’économie. La question économique, au cœur de cette relance fait débat et s’instruit de multiples obédiences. Keynes avait affirmé qu’un «économiste de qualité» doit «comprendre les symboles et s’exprimer avec des mots. Il doit observer le particulier d’un point de vue général et atteindre le concret et l’abstrait du même élan de pensée. Il doit être à la fois impliqué et désintéressé ; être aussi détaché et incorruptible qu’un artiste et cependant avoir autant les pieds sur terre qu’un homme politique». C’est certainement autour de ces principes que la relance se dessinera. Aussi bien au Sénégal qui va tenir son conseil présidentiel demain mardi qu’ailleurs.
Pour l’élaboration d’un programme de relance efficace, les gouvernements doivent intégrer de multiples facteurs : besoins immédiats, capacités des institutions locales, conditions du marché, marges de manœuvre pour emprunter et héritage des choix infrastructurels passés. Cette préparation du jour du lendemain devra s’appuyer en première ligne sur les secteurs tel que l’agriculture, l’élevage, l’économie rurale, etc., l’a d’ailleurs annoncé le Président Sall lors de sa dernière tournée économique dans les régions centres où il a appelé les hommes d’affaires sénégalais et les investisseurs à «investir dans l’agro-industrie et l’élevage».
Le monde se prépare à la plus forte récession depuis la Grande Dépression des années 1930, mais combien de temps durera-t-elle ? Et à quoi ressemblera la reprise?
En cette matière épineuse, il faut soigner le vocabulaire et entendre la récession comme « une baisse significative de l’activité économique répartie sur l’ensemble de l’économie, qui dure plus de quelques mois, normalement visible dans le PIB réel, le revenu réel, l’emploi, la production industrielle et les ventes au détail en gros ».

Les ricochets dans des secteurs économiques clés du Sénégal auront des répercussions incompressibles et durables sur la prospérité de ses habitants et entraveront les efforts visant à réaliser les grandes politiques publiques. Cela signifie que si chacun joue correctement son rôle, on devrait arriver au sauvetage de notre économie des conséquences de la maladie à coronavirus 2019.

D’autant plus qu’il n’existe toujours pas de vaccin ou de traitement contre ce «virus qui nous rend fou», dixit Bernard Henri-Levy. Ce qui confronte à une série d’autres défis. Un retour à la normale est tout de même envisageable. En effet, pour atteindre ce résultat, les décideurs politiques ont été obligés de revoir leurs politiques afin d’atténuer la gravité de l’impact, mais le virus reste le dernier facteur qui décidera du moment où chaque pays pourra revenir à la normale.

Les institutions financières internationales devront elles aussi y mettre du leur, en assouplissant les normes d’aides et de prêts, si l’on veut éviter l’asphyxie à l’Afrique et ses populations.
Pour se relever, les pays du continent devront décoloniser les imaginaires pour rouvrir le champ des possibles et miser sans compter sur des secteurs porteurs et mettre eux-mêmes un terme à cette stratégie mondiale qui permet un tel marchandage des précieuses ressources, au détriment de l’immense majorité des populations. En misant sur la transformation des produits bruts et sur des secteurs à forte valeur ajoutée, pêche, agriculture, bois, nouvelles technologies et numérique, les pays africains, ont une chance de s’en sortir. En dégageant une stratégie de financement qui devra concilier ce besoin d’investir avec un risque de surendettement limité pour une économie humaine, sociale, écologique

Pour autant, les conséquences de la crise de Covid-19 ne se présentent pas la même configuration pour toutes les économies africaines parce qu’elles ne sont pas structurées de la même manière. Si la plupart des pays africains sont touchés à des degrés divers par la pandémie, la croissance du produit intérieur brut réel devrait, en particulier, marquer fortement le pas sur fond de faiblesse persistante de la croissance et des investissements.

Étant donné le caractère tentaculaire de l’informel dans l’activité économique en Afrique, toute politique destinée à obtenir une relance durable de l’économie devra nécessairement s’appuyer sur ce type d’activité. En tout état de cause, il y a à considérer que l’économie, ce n’est pas mécanique. Elle est plutôt une question de confiance. Et c’est en cela que le point pivotal de la relance se situe au niveau de la pertinence des réponses formulées pour éviter une trop grande déconnexion entre les réalités concrètes et l’urgence de la situation.
Réponse économique
Une façon d’aborder cette question polarisante consiste à rejeter l’idée selon laquelle un retour rapide au dynamisme économique est incompatible avec une transition systémique plus large.
La politique budgétaire est un des principaux instruments de la politique économique. Elle consiste à utiliser le budget de l’État pour agir sur la conjoncture. Elle englobe l’ensemble des mesures qui ont des conséquences sur les ressources et les dépenses de l’État et qui visent à atteindre certains objectifs de politique conjoncturelle.
La politique budgétaire est un levier de la politique de régulation de la conjoncture. Elle peut être utilisée dans deux situations opposées. En période de ralentissement de la croissance ou de crise, elle va servir à soutenir l’activité économique. On parle de politique de relance budgétaire. Au contraire, dans les phases de forte croissance, pendant lesquelles la surchauffe de l’activité économique peut provoquer de l’inflation (hausse des prix) ou des déficits extérieurs importants (déséquilibre des échanges avec le reste du monde), elle permet de freiner l’activité en réduisant la demande des agents économiques. On parle de politique de rigueur budgétaire.
Cependant, dans un contexte d’ouverture croissante des économies, une politique de relance budgétaire risque de favoriser les entreprises étrangères au détriment des entreprises nationales. Le soutien de la demande se traduit alors par une augmentation des biens et services importés et un déséquilibre de la balance commerciale.
Dés lors, une réponse budgétaire pertinente intègre bien les interventions de protection sociale destinées en particulier aux travailleurs du secteur informel et sème les graines pour rendre nos économies plus résilientes ; elle devra aussi soutenir massivement les industriels et entrepreneurs locaux pour créer un socle critique d’investisseurs nationaux. C’est justement de cette perspective que s’autoriserait un plan massif et ambitieux à coup de milliards pour impulser une dynamique véritable et transformationnelle de tous les pans de l’économie. L’État, en cette période devra être un acteur économique majeur. Il est vrai que le Président Macky Sall, dans une vision développementaliste, a engagé des programmes structurant à forte intensité de main-d’œuvre particulièrement pertinents pour servir de substratum à la relance. Les efforts du Président s’orientent vers une réduction des vulnérabilités structurelles de nos économies alliées à une riposte tout à fait à propos devant la crise. Le soutien des entreprises, des salariés, la facilitation à l’accès aux crédits, le relèvement du plateau médical, la distribution massive de vivres ont été autant d’actes d’endiguement des effets de la Covid 19.

L’annulation de la dette fixe une priorité – y compris l’exonération immédiate du paiement des intérêts pour 2020, porté quasi exclusivement par le Président de la République ; participe d’une heureuse logique de libération d’espaces budgétaires et d’accroissement corrélatif des ressources du pays. Le président affirme avec force que «nous devons avoir le courage d’aller au-delà du rééchelonnement de la dette – d’aller vers l’annulation de la dette publique et de rééchelonner la dette privée».
Et c’est justement de cette démarche que se recommande un plan massif et ambitieux dont l’objectif est une Afrique prospère dont le développement est boosté par les potentiels de sa population.
La crise actuelle rend l’économie circulaire plus pertinente que jamais, car, elle recèle un nombre important de réponses économiquement attractives. La fragilité la plus remarquable pointée par la covid est celle des chaînes d’approvisionnement mondiales, non limitées mais illustrées par les problèmes de disponibilité des équipements médicaux, par exemple. Les principes circulaires fournissent des solutions crédibles: les facteurs de conception et de politique des produits tels que la réparabilité, la réutilisabilité et le potentiel de reconditionnement offrent des opportunités considérables de résilience (disponibilité des stocks) et de compétitivité. La transition vers une économie circulaire offrirait aux pays d’Afrique de l’Ouest des opportunités importantes pour relever ces défis tels que des emplois verts, des investissements durables et le développement d’entreprises vertes.

Réponse politique

En économie post-covid, l’État prescripteur de crédits disposant d’une cassette inépuisable d’argent est factuellement inexact. Le corrélat de ce constat est un processus d’adaptation qui devra s’appuyer sur une nouvelle grammaire de la politique dont les linéaments ont été posés par anticipation par le Président de la République. En se posant comme tête de pont du nouvel ordre mondial qui figure une redistribution égalitaire et solidariste des rapports internationaux, le Président Macky Sall engage une rupture fondatrice d’une «Afrique-monde», objet «d’impasses épistémologiques» et où «risque de se jouer, dans un avenir proche, le devenir de la planète».
L’optique générale qui structure la réponse politique fonde sa cohérence sur la transparence, la participation et la surveillance publique intégrées à toutes les mesures de réponse de rétablissement et de résilience.
Ainsi donc, ce processus, reposera par nécessité sur la jeunesse, levier incontournable de toutes politiques publiques en Afrique et sous le signe de laquelle le Président Sall a placé son mandat. Cette jeunesse qui est en demande de réponses proactives et parfois disruptives. Il y a tout de même pour la jeunesse un défi qui affleure, un défi de parvenir à continuer d’articuler la singularité individuelle et la solidarité en dépit de la conjoncture qui la laisse peu entrevoir l’avenir et créant une sensation encore plus oppressante. L’idée est de fonder un partenariat stratégique avec les jeunes parce qu’ils sont «les principaux agents des réponses des communautés dans le monde entier. En effet, depuis le début de la crise, les jeunes n’ont pas agi comme de simples spectateurs et citoyens désarmés ; au contraire, ils ont réagi comme des acteurs de première ligne, pour lutter contre la propagation du virus et en atténuer les nombreuses conséquences.»
Réponse sociétale
Une réponse sociétale est l’armature de toutes les réponses à la covid parce que le défi posé par cette pandémie excède le strict cadre économique et met en branle la totalité de la société et de ses institutions. Il s’agit assurément d’un fait social total tel que l’a soutenu Marcel Mass. En réponse, il faut une prestation totale.
Si «nos modes de comportement et d’interaction avec l’autre devront fondamentalement être reconfigurés à l’aune des contraintes que la pandémie nous impose», il reste que c’est dans l’imaginaire collectif que les ruptures devront s’opérer, des ruptures fondatrices avec de nouvelles utopies intégratrices, un nouvel horizon espérantiel.

Cette réponse sociétale repose sur la conviction forte en cette melancholia africana correspondant à l’aptitude à «résister au déclin, à révérer la vie contre tout ce qui s’évertue à la profaner» (Nathalie Etoke). Cette force quasi mystique qui maintient l’Afrique malgré les «excès caricaturaux» qui la peignent de tous les maux et lui prédisent toutes les apocalypses. C’est précisément contre cette vision que l’économiste et écrivain, Felwine Sarr voit dans la crise du nouveau coronavirus une l’opportunité historique pour les Africains de ne plus se laisser traverser par l’Histoire, mais d’être des sujets de l’Histoire afin d’extirper définitivement les représentations négatives si ancrées sur l’Afrique. D’ailleurs, sa pensée coïncide avec celle du Président Macky Sall sur le nouvel ordre mondial lorsqu’il appelle aussi à repenser les relations entre le continent et le reste du monde. Dans le fond, c’est une réponse endogène débarrassée de toute servilité exogène qui sera le postulat indérogeable de la réussite de cette ambition nouvelle. Il s’agit donc d’une audace de penser et de faire par soi-même pour que, dans une même amorce, l’Afrique fasse échec à tous les thaumaturges du déclin africain qui la décrivent comme un réservoir de misère, de calamité et de désespoir.

Mame Boye DIAO
Directeur des Domaines

SENEGAL-ECONOMIE MACKY SALL S’ATTEND À UNE RELANCE DE L’ÉCONOMIE, AVEC D’ABONDANTES RÉCOLTES


Le président de la République a déclaré dimanche à Kaffrine (centre) s’attendre à des récoltes abondantes et au retour à une croissance ‘’positive‘’ de l’économie sénégalaise, grâce aux rendements agricoles.

‘’Cette visite a montré une certitude : cet hivernage va donner des récoltes abondantes’’, a déclaré Macky Sall à la fin d’une ‘’tournée économique’’ qu’il effectuait depuis samedi dans les régions de Fatick, Kaolack et Kaffrine (centre).

Grâce aux bonnes récoltes attendues de l’hivernage, ‘’nous espérons que la croissance de notre économie, mise à plat depuis l’avènement de la Covid-19, sera positive durant le prochain semestre’’, a ajouté le président de la République.

L’évocation d’une croissance positive par le chef de l’Etat renvoie aux récentes prévisions économiques selon lesquelles le taux de croissance de l’économie sénégalaise devrait être négative (-0,7%) à la fin de l’année, à cause de la pandémie de Covid-19.

L’agriculture, qui a longtemps été une ‘’priorité’’ pour l’Etat du Sénégal, restera l’un des leviers du Plan Sénégal émergent (PSE), a-t-il dit.

Macky Sall a également invité le secteur privé à investir davantage dans l’agriculture et la transformation des produits agricoles.

Plusieurs guides religieux s’activent dans ce domaine et méritent d’être soutenus, selon le chef de l’Etat.

Les belles promesses de l’hivernage résultent d’une pluviométrie abondante et bien répartie, de l’aide fournie par le gouvernement aux agriculteurs, a-t-il affirmé, déclarant avoir alloué près de 40 milliards de francs CFA à la campagne agricole en cours et d’avoir distribué aux producteurs quelque 2.000 tracteurs subventionnés à 60% par l’Etat.

Le Plan de relance économique et sociale (PRES) élaboré pour tirer l’économie de la crise engendrée par la pandémie de Covid-19 va ‘’s’appuyer’’ sur le PSE, qui est mis en œuvre depuis 2014, a par ailleurs indiqué le président de la République.

‘’Le plan de relance de notre économie va s’appuyer sur le PSE, qui sera ajusté et accéléré en tenant des enseignements de la Covid-19, en faisant notamment focus sur les grandes priorités’’, a-t-il déclaré.
MK/MNF/ESF

Communiqué : Premiers résultats de l’Enquête sur les intentions d’investissement post covid-19 des entreprises formelles

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La pandémie de la covid-19 a des répercussions sanitaires, économiques et financières à l’échelle mondiale. Pour faire face à cette pandémie, endiguer sa propagation et limiter ses effets sanitaires, sociaux et économiques, le Gouvernement a pris des mesures d’urgence. Ainsi, dans le cadre de la relance post covid-19, l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), en appui au Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération (MEPC), a réalisé une enquête auprès des entreprises du secteur formel, afin de recueillir leurs intentions d’investissement.

Il ressort des résultats de l’enquête que l’arrêt momentané d’activité a été constaté auprès de 27,4% des entreprises formelles et touche notamment les petites unités (30,9%). Le phénomène est plus ressenti dans les secteurs des hôtels, bars et restaurants (50,2%), des services fournis aux entreprises (31,7%), des services personnels et divers (29,7%), du commerce (27,2%), des autres industries (25,5%) et des transports (24,3%). Il est motivé par la fermeture des frontières (36,6%), la fermeture des marchés, des écoles et des universités (33,0%), le problème de financement (32,0%), le problème d’approvisionnement en matières premières (28,0%) et les difficultés d’écoulement de la production (21,7%).rapport

L’enquête sur les intentions d’investissement post covid-19 des entreprises permet, à partir d’un questionnaire aussi bien qualitatif que quantitatif, de mesurer l’impact réel ou potentiel de la pandémie ainsi que de recueillir les besoins en fonds de roulement et les intentions d’investissement en vue de dimensionner un mécanisme de financement adéquat. L’échantillon de 792 unités a été construit à partir de la base du Centre unique de Collecte de l’Information (CUCI) qui enregistre les unités ayant déjà au moins une fois déposé un état financier à l’ANSD. Trois strates (petites entreprises, moyennes entreprises, grandes entreprises) ont été retenues sur la base du chiffre d’affaires, conformément à la définition retenue dans le projet de loi portant sur le développement des Petites et Moyennes Entreprises et la Modernisation de l’économie. Chaque strate est constituée de secteurs d’activités utilisés dans le cadre de l’élaboration de la Banque de données économiques et financières (BDEF).

La Côte d’Ivoire devient le pays le plus riche de toute l’Afrique de l’Ouest

Après avoir dépassé le Kenya, la Côte d’Ivoire, pays francophone au sous-sol pauvre, a réussi l’exploit de dépasser ses deux voisins regorgeant de richesses naturelles que sont le Ghana et le Nigeria, pour devenir le pays le plus riche de toute l’Afrique de l’Ouest, selon les données révisées de la Banque mondiale.

Abidjan, la nuit (photo CERMF)
Abidjan, la nuit (photo CERMF)

Par Ilyes Zouari
Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le Monde francophone)

Selon les statistiques récemment publiées par la Banque mondiale, le PIB par habitant de la Côte d’Ivoire s’établissait à 2 286 dollars fin 2019, soit un niveau désormais supérieur à ceux du Ghana (2 202 dollars) et du Nigeria (2 230 dollars). Et ce, contrairement à ce que laissaient prévoir les données publiées ces dernières années par l’organisme, avant que la Côte d’Ivoire ne bénéficie, à son tour, d’une mise à jour de la base de calcul de son PIB. Un niveau qui, par ailleurs, dépasse maintenant largement celui du Kenya, qui s’élève à 1816 dollars.

Une croissance record

Cette grande performance constitue un véritable exploit pour la Côte d’Ivoire, dont le sous-sol pauvre en matières premières contraste avec ceux du Ghana et du Nigeria. En effet, le Ghana est devenu le premier producteur d’or du continent, avec une production plus de quatre fois supérieure à celle de la Côte d’Ivoire (142,4 tonnes en 2019, contre seulement 32,5 tonnes, soit + 338 %). De plus, le pays fait désormais partie des pays pétroliers du continent, se classant aujourd’hui à la quatrième position en Afrique subsaharienne, devant le Gabon (avec une production d’environ 200 000 barils par jour, contre moins de 40 000 pour le pays d’Houphouët-Boigny, soit cinq fois plus). Et ce, dans un domaine qui continue à être largement dominé par le Nigeria, premier producteur d’or noir du continent, avec une production annuelle qui se situe, en moyenne, à environ deux millions de barils par jour.

L’importante progression de la Côte d’Ivoire résulte de la très forte croissance que connaît le pays depuis plusieurs années. Sur la période de huit années allant de 2012 à 2019, période suffisamment longue pour pouvoir établir des comparaisons internationales (et hors micro-États, et plus précisément Nauru, pays insulaire du Pacifique sud ne comptant que 11 mille habitants et pour un territoire de seulement 21 km2), la Côte d’Ivoire a réalisé la plus forte croissance au monde dans la catégorie des pays ayant un PIB par habitant supérieur ou égal à 1 000 dollars, avec une croissance annuelle de 8,2 % en moyenne (6,9 % en 2019). Plus impressionnant encore, elle se classe deuxième toutes catégories confondues, pays très pauvres inclus, faisant ainsi mieux que 30 des 31 pays au monde qui avaient un PIB par habitant inférieur à 1 000 dollars début 2012. La Côte d’Ivoire n’est alors dépassée que par l’Éthiopie, qui a connu une croissance annuelle de 9,2 % en moyenne (8,3 % en 2018). Une performance qui résulte essentiellement du très faible niveau de développement de ce pays d’Afrique de l’Est, qui était le deuxième pays le plus pauvre au monde début 2012 et qui en demeure un des plus pauvres avec un PIB par habitant de seulement 857 dollars, fin 2019 (soit près de 2,7 fois moins que la Côte d’Ivoire). Sur cette même période de huit années, le Ghana et le Nigeria ont enregistré, respectivement, une croissance annuelle de 5,7 % et de 2,9 % en moyenne.

Un pays particulièrement dynamique

Les résultats de la Côte d’Ivoire s’expliquent par les profondes réformes réalisées par le pays afin d’améliorer le climat des affaires, ainsi que par une politique de développement tous azimuts et se matérialisant notamment par de nombreux chantiers d’envergure à travers le pays. Plusieurs mesures ont en effet été prises afin de faciliter et de sécuriser les investissements, en vue d’instaurer un environnement favorable à ces derniers : mise en place d’un nouveau code des investissements en 2012, d’un guichet unique de création d’entreprises, d’une plateforme d’échanges pour centraliser les appuis des partenaires au développement de l’environnement des affaires… Le tout, assorti d’une assez faible pression fiscale, de l’ordre de 14 % du PIB au total pour l’année 2019 (cotisations de sécurité sociale incluses).

L’ensemble de ces mesures a ainsi permis à la Côte d’Ivoire de faire un bond considérable dans le classement international Doing business, publié chaque année par la Banque mondiale et relatif au climat des affaires, en passant de la 167e place en 2012 à la 110e pour l’année 2020. Dans ce classement, elle fait donc désormais largement mieux que le Nigeria (131e), ou encore que l’Éthiopie, passée de la 111e à la 159e place sur la même période. Ce pays, où les répressions policières et les tensions interethniques ont fait plusieurs centaines de morts ces quelques dernières années, est d’ailleurs l’un des pays qui connaissent les plus fortes tensions sociales sur le continent, avec l’Afrique du Sud (où l’on compte plus de 15 000 homicides par an).

Maîtrise de l’inflation

Cette importante progression de la Côte d’Ivoire s’accompagne également d’une remarquable maîtrise de l’inflation (comme dans l’ensemble de l’espace UEMOA), qui s’est située à seulement 0,8 % en moyenne annuelle sur la période de huit années allant de 2012 à 2019, selon les dernières données de la Banque mondiale. Un taux particulièrement bas, notamment en comparaison avec le Ghana et Nigeria, dont les populations ont grandement souffert d’une inflation qui s’est établie à 11,9 % et à 11,6 % par an, en moyenne et respectivement, et ce malgré une croissance largement inférieure à celle de la Côte d’Ivoire.
Ces deux pays souffrent d’ailleurs également d’une importante dollarisation de leur économie, la monnaie nationale étant souvent refusée et substituée par le dollar dans les échanges économiques quotidiens. Enfin, la Côte d’Ivoire n’oublie pas d’investir massivement dans l’éducation et la formation, dont les dépenses avaient atteint jusqu’à 27 % du budget national en 2017 (un des taux les plus élevés du continent). Sur les cinq dernières années, autant de classes ont d’ailleurs été ouvertes à travers le pays qu’au cours des vingt années précédentes. Une accélération qui s’explique, notamment, par la scolarisation rendue obligatoire à partir de la rentrée 2015 pour les enfants âgés de 6 à 16 ans. Au passage, il convient de rappeler que la maîtrise de l’inflation et la formation, deux éléments ayant une incidence certaine sur l’environnement des affaires, ne sont pas pris en compte par l’enquête annuelle Doing business de la Banque mondiale. Ce qui constitue une lacune fort regrettable, et pénalisante pour le classement de la Côte d’Ivoire (tout comme le sont, dans un autre registre, les données servant à l’ONU de base de calcul pour l’indice de développement humain, mais qui sont en général relativement anciennes pour les pays en développement, et qui ne prennent donc pas en considération les toutes dernières évolutions économiques et sociales).

De grands chantiers

Cet environnement particulièrement favorable aux investissements que connait aujourd’hui la Côte d’Ivoire s’accompagne d’une politique ambitieuse de développement et de grands chantiers, dans tous les domaines : routes, ponts, transports publics (comme le futur tramway d’Abidjan), centrales électriques, hôpitaux, réseaux de télécommunications, industries de base… et ce, sans oublier l’agriculture qui continue à se développer, le pays étant même devenu récemment le premier producteur mondial de noix de cajou (en plus d’être déjà le premier producteur de cacao). Des noix de cajou qui sont d’ailleurs partiellement transformées par des machines de fabrication ivoirienne, grâce à une entreprise locale qui est la seule du type en Afrique subsaharienne.
En outre, les secteurs de la technologie et de l’informatique se développent eux aussi assez rapidement, notamment avec la multiplication des jeunes pousses (ou start-up), ou encore avec la construction d’une usine d’assemblage d’ordinateurs qui contribue à la réalisation du projet national « un citoyen, un ordinateur ». Une fabrication locale qui constitue une avancée rare sur le continent. Quant à l’électrification du pays, point d’une grande importance pour la réussite de toute politique de développement, le taux de couverture est passé de 33 % des localités ivoiriennes début 2012 à 73 % au mois de mai 2020. Et ce, avec une augmentation parallèle du taux d’accès à l’électricité, qui atteint désormais près de 90 % de la population du pays. Sur la même période, celui-ci a connu une progression d’environ 60 % de sa production d’électricité, devenant un des principaux exportateurs en la matière sur le continent (11 % de la production ivoirienne est actuellement exportée vers un total de six pays d’Afrique de l’Ouest).

Et maintenant, le tourisme

Par ailleurs, la Côte d’Ivoire commence enfin à s’intéresser au développement du secteur touristique, encore embryonnaire. Une situation totalement anormale pour un pays qui ne manque pas d’atouts en la matière, et que le monde doit enfin connaître et découvrir. À titre d’exemple, la quasi-intégralité de la population française (et donc également des autres populations occidentales) ignore l’existence même de la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, qui n’est autre que le plus grand édifice chrétien au monde, et quasi-réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome. Une situation absurde qui résulte de la longue négligence dont a souffert le secteur du tourisme, contrairement à ce que l’on observe dans des pays comme le Kenya ou l’Afrique du Sud, ou encore la Tunisie et le Maroc, qui investissent depuis longtemps dans ce domaine qui contribue de manière importante à leur développement. Au passage, il convient de rappeler que la Côte d’Ivoire est un pays bien plus grand qu’on ne le pense, étant, par exemple, légèrement plus étendue que l’Italie et un tiers plus vaste que le Royaume-Uni, et non deux ou trois plus petite comme l’indique la majorité des cartes géographiques en circulation (y compris en Afrique). Des cartes qui dressent généralement une représentation terriblement déformée des continents, en réduisant considérablement la taille des pays du Sud.

La rapide progression de l’Afrique subsaharienne francophone

Ces différents éléments font que la Côte d’Ivoire devrait continuer à connaître une croissance robuste dans les prochaines années, du moins une fois que la crise mondiale majeure liée au Covid-19 sera passée (et dont les conséquences définitives pour l’année en cours, et pour l’ensemble du continent, ne peuvent encore être correctement estimées).

Un dynamisme par ailleurs soutenu par une assez bonne maîtrise de la dette publique, les pays francophones n’étant qu’au nombre de deux parmi les dix pays les plus endettés du continent (à savoir la Mauritanie et le Congo-Brazzaville, qui n’arrivent, respectivement, qu’à la 9e et à la 10e place début 2020, selon le FMI). Une maîtrise de la dette qui fait que l’Afrique francophone sera globalement mieux armée pour faire face à la présente crise économique internationale. Pour la Côte d’Ivoire, cette dette s’est établie à 38 % du PIB fin 2019 (après rebasage tardif du PIB), soit un niveau largement inférieur à celui de la grande majorité des pays développés, et un des taux les plus faibles du continent (par exemple, largement inférieur à ceux du Ghana, 63,8 %, et du Kenya, 61,6 %).

Un seul pays francophone

Par ailleurs, il est à noter qu’il n’y a désormais plus qu’un seul pays francophone parmi les cinq pays les plus pauvres du continent, tous situés en Afrique de l’Est (en l’occurrence le Burundi, avec quatre pays anglophones que sont le Soudan du Sud, devenu le pays le plus pauvre du monde, le Malawi, la Somalie et le Soudan). Enfin, il n’y a aujourd’hui plus aucun pays francophone dans les six dernières places du classement international relatif au climat des affaires de la Banque mondiale, désormais majoritairement occupées par des pays anglophones (en 2012, cinq des six derniers pays étaient francophones).

Cette évolution globalement favorable de l’Afrique francophone n’était d’ailleurs pas aussi facilement prévisible il y a quelques décennies, au moment des indépendances.
L’Afrique francophone a donc réussi son rattrapage par rapport au reste du continent, dont elle constitue même désormais la partie la plus prospère, globalement (ou la moins pauvre, selon la manière de voir les choses). Des pays comme le Mali et Bénin, qui ne font pourtant pas partie des pays les plus riches d’Afrique de l’Ouest, ont même un PIB par habitant supérieur à des pays comme l’Éthiopie ou le Rwanda, situés en Afrique de l’Est et bénéficiant étrangement d’une couverture médiatique exagérément favorable.

Le déclin économique du Nigeria

Depuis plusieurs années, l’économie du Nigeria est en déclin et le pays en voie d’appauvrissement constant. En effet, celui-ci (et comme l’Afrique du Sud, par ailleurs), affiche chaque année un taux de croissance économique très faible et largement inférieur à son taux de croissance démographique, contrairement aux pays francophones qui l’entourent. Ainsi, la hausse du PIB n’a été que 1,2 % en moyenne annuelle sur les cinq dernières années (2015-2019), contre une croissance démographique de 2,6 % en moyenne sur la même période (comparable à celle de la Côte d’Ivoire, 2,4 %). Le Sénégal et le Cameroun devraient d’ailleurs assez rapidement dépasser à leur tour le Nigeria en matière de richesse par habitant (chose assez méconnue, le Cameroun connaît régulièrement une croissance économique deux à trois fois supérieure à celle du Nigeria). À cette situation, s’ajoutent de graves difficultés structurelles auxquelles fait face le pays, et qui se manifestent notamment par une inflation assez forte (11,6 % en moyenne annuelle sur les huit années de la période 2012-2019, contre 0,8 % pour la Côte d’Ivoire), une monnaie ayant perdu près de 60 % de sa valeur face au dollar depuis 2014 (et plus de 99 % de sa valeur depuis sa création en 1973, lorsque la livre sterling valait 2 nairas, contre 488 au 10 septembre 2020), et par des exportations qui reposent encore à près de 95 % sur le pétrole et le gaz (le Nigeria n’étant toujours pas parvenu à mettre en place un tissu industriel capable de le sortir de sa dépendance aux hydrocarbures, en diversifiant les exportations).

Politique monétaire

L’intégration d’une économie en aussi mauvaise santé et en déclin comme celle du Nigeria à une monnaie ouest-africaine, quelle qu’elle soit, est donc incontestablement de nature à déstabiliser profondément les économies de tous les autres pays qui partageraient la même monnaie, à travers une importante perte de valeur de celle-ci, accompagnée, de surcroît, d’une politique monétaire plus adaptée à un pays en crise (le Nigeria, par son poids démographique, décidant de l’essentiel de cette politique), et ne correspondant donc pas aux besoins des pays dynamiques de la région. À commencer par ceux de l’UEMOA, plus vaste zone de forte croissance du continent, qui verraient ainsi leur dynamisme se réduire assez rapidement, ainsi que leur niveau de souveraineté. La fermeture récente des frontières du Nigeria aux marchandises venant des pays frontaliers de la CEDEAO, sans concertation préalable et en dehors des règles mêmes de l’organisation, est d’ailleurs assez révélatrice de ce que pourrait être l’attitude du pays dans le cadre de la gestion d’une monnaie unique ouest-africaine.

Emigration

Dans un autre registre, il convient de souligner que le déclin de l’économie nigériane est de nature, à terme, à accroître considérablement l’émigration de Nigérians, en quête d’une vie meilleure, vers des pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, et en particulier vers le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Ghana. Ces pays doivent donc se préparer à faire face à ce qui pourrait être un véritable choc migratoire, compte tenu de la population du Nigeria, et notamment les pays de la CEDEAO dont les règles prévoient la liberté de circulation et de résidence pour les ressortissants des pays membres. Des règles qu’il faudra peut-être songer à revoir en fonction des intérêts des autres pays de la région, francophones et anglophones.

Enfin, et pour revenir à la question d’une monnaie commune, il est utile de rappeler que l’argument selon lequel une monnaie ouest-africaine permettrait de stimuler les échanges commerciaux entre les pays de la région, est un argument erroné qui ne correspond pas à la réalité des choses (et qui rappelle, d’ailleurs, une certaine propagande ayant précédé la création de l’Euro, pour une partie des pays de l’Union européenne). À titre d’exemple, les échanges entre les pays francophones de la zone UEMOA n’ont que très marginalement bénéficié de l’existence d’une monnaie commune à ces pays, et demeurent même encore globalement très faibles. Autre exemple intéressant, la part de la zone euro dans le commerce extérieur de la France a baissé depuis la mise en place de la monnaie unique, suite à une augmentation plus importante des échanges entre la France et le reste du monde qu’avec les pays de la zone euro. Ce qui permet, d’ailleurs, de constater que les flux commerciaux entre la France et les autres pays de la zone monétaire étaient déjà très importants avant la création de la monnaie unique…
Ainsi, la hausse des échanges entre pays d’une région donnée ne dépend pas de l’existence d’une même monnaie qu’ils auraient en partage, mais simplement de leur capacité à exporter des produits, à travers la mise en place préalable d’un environnement favorable pour y parvenir (cadres juridique, réglementaire et fiscal, infrastructures, formation, accords commerciaux, et en s’appuyant, surtout dans le cas de certaines industries nécessitant de lourds investissements, sur un marché assez important… comme le sont déjà ceux de l’UEMOA et de la CEDEAO).

Adoption du décret portant Code pétrolier

Conseil des ministres

Le Conseil des Ministres du Sénégal a adopté ce 16 septembre 2020 le projet de décret fixant les modalités application de la loi 2019-01 du 1er février 2019 portant Code pétrolier.

Pour rappel, le Sénégal a adopté le 24 janvier 2019 le projet de loi portant code pétrolier abrogeant et remplaçant la loi  N°98-05 du 8 janvier 1998. Il avait également adopté à la même date la loi sur le contenu local dans le secteur des hydrocarbures.

Le nouveau code s’inscrit dans un contexte de réformes du cadre juridique des activités pétrolières au Sénégal avec des règlementations attendues également sur la gestion des revenus pétroliers et gazier.

Agropole centre / El Ousseyni Kane, DG du BOS :  » L’atelier a permis de valider les filières qui seront exploitées dans l’agropole à savoir l’arachide, les céréales et le sel… »

Agropole centre / El Ousseyni Kane, DG du BOS :  » L’atelier a permis de valider les filières qui seront exploitées dans l’agropole à savoir l’arachide, les céréales et le sel… »
Au terme de l’atelier d’orientation stratégique de l’agropole centre ( Kaolack, Kaffrine, Fatick et Diourbel), les participants ont réussi à définir les filières prioritaires et les lieux d’implantation des infrastructures de l’agropole. Selon le directeur général du Bureau Opérationnel de suivi du Plan Sénégal Émergent ( BOS), El Ousseyni Kane, la rencontre a été d’une importance capitale parce que permettant de valider  » la commune de Dya comme lieu d’implantation du module central de l’agropole centre et l’ensemble des sites d’implantation des modules régionaux. Par la même occasion aussi, l’atelier a permis de valider les filières qui seront exploitées dans l’agropole à savoir l’arachide, les céréales d’une manière globale et le sel… »

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