Urgent : Cellou Dalein accuse les FDS d’avoir attaqué et défoncé le siège de son parti à Hamdallaye

El Hadj Cellou Dalein Diallo, vainqueur autoproclamé de la présidentielle du 18 octobre, a annoncé, ce mercredi soir, que le bâtiment abritant le siège de son parti, à Hamdallaye (commune de Ratoma), a été attaqué par les FDS (forces de défense et de sécurité).

Il va plus loin, révélant que les FDS ont même défoncé les portes de ses bureaux, pour y détruire tout leur contenu.

Ci-dessous, copie de sa publication sur son compte Twitter :

Alors que le dispositif policier autour de ma maison a été considérablement renforcé, 10 pick-up des FDS viennent de stationner devant le bâtiment abritant mes bureaux à Hamdallaye.

Des agents ont débarqué, ont défoncé le portail et forcé les portes d’accès aux bureaux.

Aux dernières nouvelles, ils sont entrain de tout détruire à l’intérieur du bâtiment. Nul ne peut agir de la sorte si ce n’est sous instruction de Alpha Condé.

Heureusement, la page du tyran sera bientôt définitivement tournée.

La CENI a violé la loi en publiant partiellement les résultats de la présidentielle du 18 octobre 2020 (Par Hamidou Barry)

Depuis le 20 octobre 2020, la CENI est en train de publier les résultats partiels issus de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020, ce qui constitue une violation des dispositions de l’article 162 de la Loi organique N° 39 du 24 février 2017 portant Code Électoral Révisé qui énonce que : «Le Président de la CENI rend public la totalisation globale des résultats provisoires dans le délai maximum de soixante- douze (72) heures, à compter de la date de réception du dernier procès-verbal des Commissions Administratives de Centralisation des Votes ».

Selon donc la lettre et l’esprit de l’article 162 du code électoral révisé précité, la CENI doit absolument attendre la réception du dernier procès-verbal des Commissions Administratives de Centralisation des Votes pour publier les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020.

Cette violation de la loi électorale par la CENI, s’ajoute à celle de son refus catégorique de remettre les procès-verbaux des bureaux de vote à chaque parti politique ayant présenté un candidat, comme le prévoit l’article 85 alinéa 04 du Code électoral révisé. Une fois encore, la CENI a récidivé dans la violation du code électoral révisé.

Pour cette violation, la Cour Constitutionnelle a brillé par son silence, alors que son rôle, en l’espèce, c’est de veiller à la régularité de tout le processus électoral, avant, pendant et après le scrutin.

En considération de ce qui précède, des actions en justice doivent être engagées contre la CENI et ses commissaires

Je rappelle que c’est avec le respect des lois, la justice pour tous que l’on peut établir la paix. On ne peut pas construire la paix dans les tueries, les arrestations et détentions illégales, les déportations, la destruction des biens. On ne peut pas construire la paix lorsque c’est une minorité de guinéens qui profitent de nos richesses.

Je demande au peuple de Guinée de continuer son combat pour changer un système de mal gouvernance instauré il y a environ trois décennies. Les guinéens doivent continuer le combat, conformément au droit, pour obtenir l’alternance dans notre cher et beau pays.

Je termine en disant que la solution durable et efficace pour cette crise politique et sociale, c’est la renonciation pure et simple par son Excellence le Professeur Alpha Condé à un troisième mandat ou que la CENI produise les vrais résultats issus des bureaux de vote. A défaut, la dictature va continuer avec son corolaire de violations des droits de l’homme.

Maitre El Hadj Hamidou Barry, Avocat à la Cour Enseignant-Chercheur

Résultats de la présidentielle en Guinée : Cellou Dalein Diallo annonce sa victoire

Avant l’annonce des résultats de la présidentielle 2020 en Guinée, Cellou Dalein Diallo a annoncé ce 19 octobre 2020, sa victoire.

L’ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo a pris la parole ce lundi 19 octobre 2020 dans l’après-midi pour s’exprimer sur l’élection présidentielle.  

Candidat majeur au scrutin présidentiel de ce dimanche 18 octobre 2020, le leader de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a animé un point de presse au cours duquel il a annoncé sa victoire.

Mes chers compatriotes, malgré les anomalies qui ont entachées le bon déroulement du scrutin du 18 octobre et au vu des résultats sortis des urnes, je sors victorieux de cette élection 2020, a-t-il indiqué.

Rappelons que les résultats officiels de cette élection n’ont pas encore été proclamés. Le parti de Cellou Dalein Diallo, qui se déclare inquiet de tricheries, avait affirmé qu’il publierait des résultats, disant craindre de se faire « voler » la victoire, comme cela fut le cas selon lui en 2010 et 2015, déjà contre Alpha Condé. 

Premières tendances de la présidentielle: folle ambiance au fief de guinéens à Dakar.( Vidéo )

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Au lendemain de l’élection présidentielle en Guinée, c’est un sentiment de satisfaction qui plane à la rue Sandiniéri de Dakar. Les Guinéens trouvés sur place restent confiants quand à l’issue du vote. Majoritairement partisans de Cellou Dalein Diallo, ces derniers pensent que cette fois ci sera la bonne pour leur leader.

Le Sénégal, une si douce «dictature»- Par Madiambal Diagne

Quand on regarde la littérature de ces dernières années sur la gouvernance publique au Sénégal, le régime de Macky Sall est très souvent dépeint dans les médias, relayant des propos de la société civile ou de l’opposition politique, comme une sordide dictature. La perception qui pourrait ainsi être laissée serait qu’au Sénégal, les droits humains seraient bafoués, que les règles les plus élémentaires ne seraient pas respectées, que l’opposition est muselée, que les médias ne seraient pas libres, que les droits des détenus ne seraient pas respectés, que des traitements inhumains et dégradants seraient réservés aux justiciables, que la Justice serait sous la chape de plomb du pouvoir exécutif, que les marches et autres manifestations publiques seraient systématiquement interdites. On a vu même que le débat a été installé sur une prétendue confiscation des droits des citoyens et que la Justice et l’appareil d’Etat seraient systématiquement instrumentalisés pour priver des citoyens de leurs droits civils et politiques. Le Sénégal serait aussi le pays par excellence de la maltraitance des enfants, de la traite des personnes et où les femmes seraient le plus discriminées. C’est dire que le tableau est plus que sombre, il est noir même. A chaque fois, quelques voix timides se sont élevées pour contester cette présentation des faits, mais il faut dire qu’il est toujours de meilleur ton d’accabler le pouvoir politique en place.
Les dirigeants des organisations sénégalaises de défense des droits de l’Homme ont été à la pointe de ce dénigrement. Tout le monde a pu observer la hargne avec laquelle certains d’entre eux parlent du Sénégal et de ses dirigeants, au point qu’on en arriverait à accorder quelque crédit à leurs dires. Le régime de Macky Sall n’a pu trouver la moindre grâce à leurs yeux. Les organisations de la société civile sénégalaise enfourchent les mêmes combats que des partis politiques et s’autorisent à sortir du champ de leurs missions respectives pour se prononcer sur toutes les questions ou s’autorisent des prises de position dans tous les domaines. Le contrecoup d’un tel comportement a été que ces organisations ont fini par être considérées comme des regroupements d’opposants politiques.

Le Sénégal, pays le mieux élu au Conseil des droits de l’Homme de l’Onu
La semaine dernière, le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu a procédé au renouvellement de ses instances. Le Sénégal a été candidat pour rempiler au Conseil des droits de l’Homme, après un premier mandat de 3 ans. On aurait pu alors craindre une déconvenue du Sénégal à ces élections. Mais il a été réélu haut la main, avec un score de 188 voix pour 190 pays votants, pour un scrutin à bulletins secrets. Le Sénégal a ainsi réalisé le meilleur score électoral, parmi les 14 pays nouvellement élus pour compléter le collège de 47 pays siégeant au Conseil des droits de l’Homme et qui «ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l’Homme dans le monde». Cet organe «est en mesure d’examiner toutes les questions et situations en lien avec les droits de l’Homme qui nécessitent son attention ; et ce, tout au long de l’année».
Ainsi, le Sénégal a fait mentir tous ses détracteurs en matière des droits de l’Homme, car nul ne saurait suspecter une quelconque partialité ou parti pris, du fait de l’Assemblée générale des Nations unies, en faveur du Sénégal ou du Président Macky Sall. Cette «dictature banania», dirigée par des «kleptomanes», membres d’une «oligarchie clanique ou dynastique», fait ainsi mieux que toutes les grandes démocraties du monde. Cela mérite une certaine introspection. En effet, il y a une fâcheuse tendance dans ce pays à s’auto-flageller, à accabler son pays et à chercher à humilier les autorités politiques. Sur le terrain de la bonne gouvernance et des réussites économiques par exemple, en dépit des diagnostics «catastrophistes» faits par des opposants politiques, Macky Sall avait su répondre par des performances saluées et reconnues par la communauté internationale ainsi que par toutes les institutions nationales en charge de l’évaluation des politiques publiques. Cela nous faisait dire, le 14 novembre 2016, dans ces colonnes, que «Macky Sall répond de la plus belle des manières». Comme pour couronner tout cela, le Peuple sénégalais ne s’y était pas trompé, en élisant l’auteur de ces performances par un score sans appel de plus de 58% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle du 24 février 2019. Le dénigrement n’a pas pour autant cessé. Bien au contraire ! Nous avons été amené à ainsi relever «les beaux succès de Macky Sall que son opposition refuse de voir» ou le fait que «Macky Sall n’est pas prophète chez lui».
Au demeurant, cette dernière reconnaissance des Nations unies à travers l’élection, avec la manière, du Sénégal au Conseil des droits de l’Homme, confirme le rayonnement international du Sénégal en matière de démocratie, de libertés publiques, de justice, de protection et de respect des droits de l’Homme.

Le silence radio embarrassé d’Amnesty Sénégal, Raddho et autres
Il est étonnant que cette élection passe presqu’inaperçue. La communauté des «droits de l’hommistes» du Sénégal semble n’être pas au courant. En effet, aucune organisation humanitaire sénégalaise n’a estimé devoir relever cette réélection du Sénégal pour continuer à siéger «à la Mecque des droits de l’Homme». Pas plus tard que le 18 septembre 2020, un groupe de six organisations de la société civile sénégalaise avait sorti une déclaration commune pour fustiger des velléités d’atteinte à l’indépendance de la Justice. Comment peuvent-elles s’accommoder d’une telle consécration si tant est que les violations des droits humains par le Sénégal seraient une réalité et que ce pays présenterait la face la plus hideuse ? Le cas échéant, il aurait été logique que ces organisations nous démontrent que l’Onu s’est fourvoyée ou que le vote éclatant en faveur du Sénégal aurait procédé d’un vulgaire bourrage des urnes. Leur silence est assourdissant. On peut être curieux de voir l’aisance avec laquelle les représentants des organisations nationales des droits de l’Homme continueront d’arpenter les couloirs du siège de l’Onu à Genève, pour casser du sucre sur le dos du Sénégal coupable de violations systématiques des droits humains.

Macky Sall devrait-il s’excuser pour ses succès ?
Il reste que les organisations de défense des droits de l’Homme pourraient s’interdire toute objectivité ou fair-play pour féliciter le gouvernement du Sénégal et l’inciter ou l’encourager à poursuivre ses efforts en matière de défense et de promotion des droits humains. De toute façon, les Ong gagneraient plus en objectivité et sûrement en sympathie de la partie de citoyens lucides si elles s’imposaient l’exigence de saluer ou reconnaître les points positifs engrangés par les gouvernements. Peut-être aussi que ce serait «l’alarmisme» ou le catastrophisme qui permet de drainer des financements ? Par contre, il est absurde que le gouvernement ait rasé les murs pour ne pas se féliciter bruyamment d’un aussi indéniable succès. A part un «tweet» du Président Sall et quelques quatre petites lignes dans le communiqué du Conseil des ministre du mercredi 14 octobre 2020, le gouvernement s’est interdit d’évoquer l’élection du Sénégal au Conseil des droits de l’Homme. Il a fallu s’émouvoir de ce silence pour que la Coordination des cadres républicains, une structure du parti du Président Macky Sall, daignât sortir de la torpeur pour féliciter le gouvernement de ce succès. On remarquera qu’aucun média sénégalais n’a eu à accorder une importance à cet événement. Ce n’est sans doute pas la faute aux médias, il était du devoir et de la responsabilité du gouvernement de faire en sorte que ce sujet ne puisse être occulté. Un tapage ou un tintamarre n’aurait pas été de trop. Pourtant, l’Etat du Sénégal ne manque pas d’instruments indiqués pour communiquer à son avantage sur la question. Entre la direction des Droits humains, le secrétariat d’Etat auprès du ministre de la Justice en charge des droits humains et de la bonne gouvernance, le Cabinet du ministre de la Justice ou celui du ministre des Affaires étrangères ou le Comité sénégalais des droits de l’Homme, il devrait sans doute se trouver une personne pour pouvoir communiquer directement avec les médias sur le sujet. Le paradigme de la communication gouvernementale semble être de rester dans une posture de riposte, de réaction, donc de ne jamais prendre l’initiative. C’est véritablement une occasion manquée pour remettre les choses à leur place, notamment après la vive controverse vécue l’année dernière, liée à l’examen de la situation des droits de l’Homme au Sénégal par le Comité des droits de l’Homme de l’Onu. Le Sénégal avait été épinglé sur les cas de droits politiques de personnalités, notamment Karim Wade et Khalifa Ababacar Sall. La délégation sénégalaise avait semblé jouer contre son propre camp et cela avait valu une réaction ferme du gouvernement pour remplacer le directeur des Droits humains. Le Président Sall avait semblé comprendre le grand enjeu de la problématique des droits humains. La composante droits humains est bien devenue un complément nécessaire pour renforcer l’Etat de droit, mais il ne saurait suffire de créer un poste gouvernemental dédié à cet effet pour estimer en avoir fini avec la question qui devrait se révéler être un véritable atout diplomatique pour notre pays.

URGENT GUINÉE : Sondages sorties des urnes : Mamadou Cellou Diallo 👉58,77% Alpha Condé 👉38, 40 % Autres 👉2,83 %

#GuinéeVote - Les résultats du scrutin de ce dimanche commencent à tomber: les premières tendances favorables à Cellou Dalein Diallo

#GuinéeVote – Les résultats du scrutin de ce dimanche commencent à tomber: les premières tendances favorables à Cellou Dalein Diallo

Le décompte semble être terminé dans certains bureaux de vote de la capitale guinéenne ce dimanche après le scrutin. 

Au bureau de vote de la Place publique Bambeto 2, les premiers résultats sortis des urnes sont favorables au candidat de l’UFDG Cellou Dalein Diallo. Il a obtenu 333  des 342 suffrages valablement exprimés, contre 4 voix seulement pour son principal rival Alpha Condé.

Restez connectés pour suivre les résultats au fil de la soirée électorale guinéenne.

Les premières tendances à Conakry sont favorables au candidat de l’UFDG…

#GuinéeVote - Les résultats du scrutin de ce dimanche commencent à tomber: les premières tendances favorables à Cellou Dalein Diallo

À l’école primaire d’Africof 2, également la tendance est favorable à Cellou Dallein Diallo (photo)

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Idem au bureau de Vote Commandant Aliou 2…

#GuinéeVote - Les résultats du scrutin de ce dimanche commencent à tomber: les premières tendances favorables à Cellou Dalein Diallo

Dans la région de Kindia également, Cellou Dalein semble bien parti 

#GuinéeVote - Les résultats du scrutin de ce dimanche commencent à tomber: les premières tendances favorables à Cellou Dalein Diallo

Au groupe scolaire Oumou Diaby 5 également, le candidat de l’UFDG est largement devant avec 441 voix contre 9 pour Alpha Condé.

#GuinéeVote - Les résultats du scrutin de ce dimanche commencent à tomber: les premières tendances favorables à Cellou Dalein Diallo
#GuinéeVote - Les résultats du scrutin de ce dimanche commencent à tomber: les premières tendances favorables à Cellou Dalein Diallo

Au bureau de vote Carrefour Boundes à Conakry, Cellou Dalein Diallo vient largement devant avec 335 voix contre 81 pour Alpha Condé.

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Élection en Guinée : Alpha Condé, de l’opposant historique au symbole de la présidence à vie ?

Alpha Condé en juin 2013.

Le 18 octobre 2020, les Guinéens sont appelés à élire leur président. Ils auront le choix entre douze candidats mais, une fois encore, le scrutin devrait surtout se résumer à un duel entre Cellou Dalein Diallo, le chef de l’opposition, et Alpha Condé. Le président sortant brigue un troisième mandat après une modification constitutionnelle d’autant plus contestée que, longtemps, Alpha Condé a incarné aux yeux du monde la fi8gure de l’opposant démocrate en proie à la dictature. Portrait.

Je serai le Mandela de la Guinée.” Ce mardi 21 décembre 2010, le moment est historique. A 72 ans, Alpha Condé prête serment à l’issue d’un scrutin houleux mais validé au forceps par certains observateurs internationaux. Il est le nouveau président de la République de Guinée. L’aboutissement d’une interminable première partie d’existence pour le “professeur” devenu au fil des ans, à travers le monde, l’incarnation de l’opposant politique africain victime des pouvoirs -peu nombreux, certes- qui se sont succédé depuis l’indépendance.

1958. Sous la houlette de son député à Paris, Ahmed Sékou Touré, la Guinée tourne le dos à la puissance coloniale française. Contrairement au reste de l’Afrique occidentale française, le 28 septembre, les Guinéens votent non au projet de Constitution de la Ve République et au nouveau partenariat entre Paris et ses colonies d’Afrique qui doit en découler. « La Guinée n’est pas indispensable à la France. Qu’elle prenne ses responsabilités. […] Nous n’avons plus rien à faire ici. Le 29 septembre, la France s’en ira », avait pesté le Général De Gaulle venu défendre le projet un mois plus tôt à Conakry.

Lorsque la république de Guinée est officiellement proclamée le 2 octobre 1958, avec à sa tête son leader Ahmed Sékou Touré désormais “père de l’indépendance”, le jeune Alpha Condé, 20 ans, est en France. Brillant écolier né à Boké, la grande ville de l’ouest, il a quitté la Guinée cinq ans plus tôt pour Toulouse dans le sud-ouest de la France puis Louviers, en Normandie, où l’on raconte qu’il fera ses années de lycée sous le tutorat du maire, Pierre Mendès-France, éphémère chef du gouvernement en 1954 et éternelle figure morale de la gauche française.

Mai 68 à Saint-Germain-des-Prés

Bachelier, Alpha Condé vit une jeunesse parisienne “rive gauche”. Diplômé d’économie, de droit et de sociologie, il enseigne à la Sorbonne et se lie avec tout un réseau de personnalités de gauche, dont son “frère”, Bernard Kouchner, futur french doctor cofondateur de Médecins Sans Frontières, ou encore futur chef de la diplomatie française époque Nicolas Sarkozy. Il rencontre également à l’époque Albert Bourgi, juriste et figure -comme son frère Robert – des réseaux de la Françafrique. Les deux hommes sont aujourd’hui brouillés.

Le pavé nous servait d’arme face aux gendarmes.

Alpha Condé, à propos de Mai 68

Alpha Condé raconte ainsi qu’à cette époque il collabore à Charlie Hebdo, le journal lancé par une bande de joyeux anarchistes. Révélation faite au moment des attentats de 2015 contre l’hebdomadaire satirique : « Vous savez, ‘Libération’ et ‘Charlie Hebdo’ sont des enfants de Mai 68. Ce sont des journaux dont nous avons été les rédacteurs parce que les rédacteurs n’étaient pas forcément des journalistes mais tout simplement des militants qui s’y réunissaient (…) Nous n’avons pas perdu que des journalistes [lors des attentats de janvier 2015, NDLR], mais des compagnons de longue date avec lesquels nous avons sillonné le pavé du Quartier latin. Ce qui nous a amenés à enlever le pavé pour mettre le goudron parce que le pavé nous servait d’armes face aux gendarmes« .

La FEANF, Fédération des étudiants d’Afrique noire en France

Sa conscience politique, Alpha Condé va aussi l’exprimer au sein de la très influente FEANF, la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France, dont il sera le président dès 1963 et restera l’un des dirigeants pendant une quinzaine d’années. « C’est au sein de la FEANF que se développe son leadership et son influence parmi les cadres africains venus de toute l’Afrique francophone« , peut-on lire dans la biographie officielle d’Alpha Condé sur le site de la présidence guinéenne.
Il convient d’ailleurs de s’arrêter un instant sur cette organisation pour éclairer son parcours politique.

La FEANF est née en 1951, près d’une décennie avant les indépendances. Comme l’explique l’historienne Françoise Blum, “la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France a été l’association la plus représentative des étudiants africains en France. Elle a pris des positions radicales, en se prononçant et combattant très tôt pour une indépendance totale des pays africains, indépendance qu’elle souhaitait voir se réaliser par la ‘voie révolutionnaire’ et dans l’unité”. Quand Alpha Condé en prend la présidence en 1963, son pays est indépendant depuis cinq ans et les autres ex-colonies françaises d’Afrique occidentale et centrale depuis trois ans. Mais, toujours selon Françoise Blum, « 1960 ne mit pas fin à l’action de la FEANF, puisque ses dirigeants pensèrent les continuités plutôt que les ruptures et s’insurgèrent contre l’ordre néocolonial ou impérial, contre des gouvernements ‘fantoches’, ‘valets’ de l’ancienne métropole ou de l’impérialisme. Si l’indépendance est en soi une formidable rupture, il existe, entre l’avant et l’après, bien des continuités que l’histoire de la FEANF permet aussi de mettre en lumière”.

“Quelque chose s’est cassé entre Sékou et moi”

Tout au long de ces années, Alpha Condé opère des allers-retours en Guinée pendant les périodes de vacances. L’occasion de rencontrer occasionnellement Sékou Touré. Le “professeur” raconte pourtant dans un entretien accordé en 2019 au directeur de la rédaction de Jeune Afrique, François Soudan, et publié sous le titre « Alpha Condé. Une certaine idée de la Guinée » qu’il existait entre eux une divergence importante au moment de l’indépendance.
Selon Alpha Condé, Sékou Touré est, en 1958, favorable au oui au référendum proposé par De Gaulle. Un oui sous condition mais un oui. Alors qu’Alpha Condé, 60 ans plus tard, rappelle que lui était farouchement partisan du non. Il faudra l’incident d’août 1958 raconté plus haut et le coup de sang du général De Gaulle pour que Sékou Touré devienne « l’homme qui a dit non« . 

Malgré cette proximité entre le père de l’indépendance et son lointain successeur, les relations s’enveniment. L’activisme d’Alpha Condé, sa radicalité, déplaisent à Sékou Touré. Le soutien de la FEANF au mouvement de grève enseignant sévèrement réprimé de 1961 marquera une rupture dans cette relation entre les deux hommes. Dans son livre d’entretien avec François Soudan, Alpha Condé raconte un autre épisode, plus intime, datant de 1960 : « Un jour, alors que nous étions seuls, tout à coup, il s’est mis à me fixer dans les yeux, longuement, intensément, puis il a regardé mes mains, et j’ai compris qu’il voulait savoir s’il me faisait trembler de peur (…). Ce jour-là, quelque chose s’est cassé entre Sékou et moi« .

La rupture ira si loin qu’au début des années 70, Alpha Condé est condamné à mort par contumace. Le pouvoir l’accuse d’appartenir à une « cinquième colonne », un groupe d’opposants liés à l’opération Mer Vertel’assaut de plusieurs centaines de soldats portugais contre Conakry en novembre 1970. Après cet assaut, la réponse des autorités guinéennes sera une purge massive à travers le pays tout au long de l’année 1971. Monument du 22 novembre 1970, en souvenir de l’attaque du 22 novembre 1970 à Conakry.© Libre de droits

Pour Alpha Condé, cette condamnation marque le début d’un exil de vingt années. 
C’est de France qu’il poursuit ses activités politiques, tout en exerçant dans le secteur privé. Après avoir quitté l’enseignement à la fin des années 70, il sera le monsieur Afrique du géant français du commerce du sucre SUCDEN, avant de créer sa société de consultant, Africonsult, « un bureau d’études économiques et financières » précise sa biographie officielle, ajoutant qu' »il y offre du conseil économique, financier et social aux gouvernements africains, aux entreprises internationales désireuses de travailler en Afrique et pour le compte d’institutions internationales (…) La société réalise des études pour l’ONU, pour des sociétés privées et des gouvernements (notamment au Congo). Alpha Condé est également missionné en tant que consultant dans le règlement de conflits politiques auprès de plusieurs chefs d’Etat de la région« .

Je suis un intellectuel, mon combat est un combat d’idées et mes armes, la plume et la parole.

Alpha Condé, lors de son procès en septembre 2000

Parallèlement à cette carrière d’homme d’affaires et de consultant, Alpha Condé n’a pas délaissé la politique guinéenne. Mais de loin. Il faudra en effet la mort d’Ahmed Sékou Touré en 1984 et, surtout, l’ouverture de la Guinée au multipartisme au début des années 90 pour qu’il puisse rentrer à Conakry. 
Détail important : l’ouverture politique de la Guinée de Lansana Conté est toute relative. Sous les couleurs du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée, le parti qu’il a créé), Condé se présente à deux élections présidentielles, en 1993 et 1998. Des scrutins qui ne convainquent personne et qui reconduisent Lansana Conté au pouvoir. En 1993, les résultats de deux préfectures largement favorables à Condé sont ainsi annulées, mais surtout, en 1998, au lendemain de l’élection, le professeur est arrêté.
En septembre 2000, il sera condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’autorité de l’Etat » en compagnie d’une cinquantaine de co-accusés. Resté silencieux tout au long de l’audience, il prend la parole le dernier jour : « Je maintiens, persiste et signe que tout ce que l’on m’impute est faux. Je n’ai jamais voulu fuir le pays. Tous les témoins à charges sont des faux témoins. Je suis un intellectuel, mon combat est un combat d’idées et mes armes, la plume et la parole« . 

Alpha Condé ne passera qu’une année en prison avant de bénéficier d’une grâce présidentielle, concédée sous la pression internationale par Lansana Conté. Pression politique mais aussi artistique, illustrée en 2000 par la chanson « Libérez Alpha Condé » de la star Tiken Jah Fakoly.

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Conté, Dadis : le cruel miroir des années 2000

Tout au long de la décennie 2000, la santé de Lansana Conté va faire l’objet de rumeurs. Cela ne l’empêche pas de tripatouiller la Constitution pour briguer un troisième mandat.
Début 2001, sa réforme constitutionnelle est massivement adoptée par référendum et Lansana Conté se fait réélire en 2003. Ironie de l’histoire, Alpha Condé est alors l’un des meneurs de la fronde contre cette réforme constitutionnelle, à travers le FRAD, le Front républicain pour l’alternance démocratique, un « ancêtre » du FNDC – le Front national pour la défense de la démocratie – qui se bat aujourd’hui pour les mêmes raisons contre le professeur. 

En décembre 2008, quand Lansana Conté s’éteint, c’est une junte militaire emmenée par le colonel Moussa Dadis Camara qui s’empare du pouvoir.
A 70 ans, Alpha Condé portera encore deux ans le costume d’opposant. Lorsque Dadis ambitionne de se présenter à la présidence, il trouve face à lui un front uni de l’opposition incarné par le Forum des forces vives de Guinée auquel appartient le RPG du futur président. C’est lors d’un meeting des forces vives au Stade du 28-septembre 2009 à Conakry que plus de 150 personnes seront tuées, sans parler des disparitions et des viols perpétrés par des militaires. 
Lorsqu’il est élu en 2010, Alpha Condé promet que la justice sera rendue. Les victimes attendent toujours. 

Cette promesse non tenue n’est-elle pas à l’image des contradictions de l’opposant devenu président ? 

« Choqué » 

« La Guinée is back » pouvait-on entendre après l’arrivée d’Alpha Condé à Sékhoutouréya, le palais présidentiel. La Guinée devait être de retour (si tant est qu’il s’agisse d’un retour) sur le plan économique : le bilan du professeur en la matière n’est pas bon, au point qu’en 2019, le Fonds monétaire international estime que le pays est un modèle de « croissance sans développement« . En clair, l’argent gagné -notamment- grâce aux réserves de bauxite ne profite pas à la population.
Une critique que le président guinéen apprécie peu : les journalistes de TV5MONDE, RFI et Le Monde peuvent en témoigner.
En 2018, interviewé à l’occasion des 60 ans de l’indépendance, Alpha Condé, « choqué », pique une colère monumentale après qu’il lui eut été fait remarquer que “la Guinée n’avait pas décollé économiquement”.

Au cours de cette même émission, il reprochera à la France d’avoir tout fait pour empêcher la Guinée de se développer, en représailles au non de 1958. L’interview ce jour-là ressemble surtout à un message aux Guinéens dont les trois journalistes français – accusés par le Professeur de « ne rien connaître à la Guinée” – auront fait les frais.

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Pour le journaliste Boubacar Sanso Barry, directeur du site d’info Ledjely.com,  si Alpha Condé a toujours été « nationaliste dans l’âme, il a su aujourd’hui en faire un paravent, une arme politique« . Dans le même registre, Boubacar Sanso Barry se rappelle un jour de mai 2016, lors d’une conférence de presse. Une journaliste française -déjà- en l’occurrence la correspondante de RFI à Conakry à l’époque, Coralie Pierret, questionne le président sur les déboires judiciaires de son fils unique, Mohamed Alpha Condé et sur d’éventuelles lenteurs de la justice. « Ne pensez pas que, parce que vous êtes en Guinée, vous pouvez tout vous permettre. (…) Madame, respectez un peu les Etats quand même ! Les questions que vous ne posez pas à votre président, vous me les posez ! Moi, je ne l’accepterai pas, la Guinée est un pays indépendant ! « . La colère présidentielle s’est abattue sur Coralie Pierret.
Pour Boubacar Sanso Barry, Alpha Condé sait très bien exploiter ce sentiment nationaliste qui anime les Guinéens depuis 1958.

Cette élection n’est pas seulement une élection, c’est comme si nous étions en guerre.

Alpha Condé, 22 septembre 2020

Pour le directeur de Ledjely.com, celui qui, dans son discours d’investiture de 2010, avait promis de rétablir « l’unité nationale« , sait aussi exploiter les déchirements communautaires de la Guinée. « Cette élection n’est pas seulement une élection, c’est comme si nous étions en guerre« , déclarait-il en septembre dernier à ses partisans rassemblés à Siguiri, dans son bastion électoral de l’est du pays, lors d’un discours en langue malinké. Lui qui, rappelle l’Agence France-Presse, « s’exprime habituellement en français durant ses interventions officielles nationales« . En Guinée, les Malinké n’ont pas oublié les massacres qui avaient suivi le coup d’Etat manqué du colonel Diarra Traoré, en juillet 1985, contre Lansana Conté et Alpha Condé sait utiliser, à l’occasion, ce souvenir douloureux.

Quant à savoir si le président est toujours de gauche, notre confrère Boubacar Sanso Barry a la dent dure : « Je ne pense pas. Mais l’a-t-il été un jour ? Je dirais qu’Alpha n’a aucune idéologie, qu’il navigue à vue. D’autant que, après un très petit score au premier tour en 2010, il avait dû se rallier le maximum de soutiens pour l’emporter au second. Il a donc fallu ensuite ratisser large pour satisfaire tout le monde… ». 

Reste cette question : à quel moment la figure emblématique de l’opposant africain opprimé est-elle devenue un président tripatouilleur de Constitution ? « Le virage a été tellement brusque qu’on se demande s’il s’agit d’un virage« , répond ironiquement Boubacar Sanso Barry, estimant que, là encore, Alpha Condé a peut-être été « l’otage, voire le pantin de cette majorité trop large qui lui a permis de l’emporter en 2010« .

Dalein, après avoir voté : ‘‘ il n’y a aucun doute sur ma victoire…’’

PRÉSIDENT CELLOU DALEIN DIALLO

Le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a accompli son devoir civique à Dixinn. Après avoir voté, Cellou Dalein Dalein Diallo s’est dit convaincu de remporter l’élection présidentielle.

‘’Je me suis acquitté de mon devoir civique en votant avec beaucoup de confiance. Je rentre d’une brillante campagne et ma délégation a bénéficié d’un accueil chaleureux à l’intérieur et surtout à Conakry. La population a exprimé sa confiance et sa détermination à provoquer l’alternance. Aujourd’hui, il n’y a pas de doute, même dans le camp d’en face, sur la victoire du candidat de l’ANAD et de l’UFDG’’, indique Cellou Dalein Diallo.

Cependant, regrette-il, ‘’la stratégie qui est en train d’être élaborée de l’autre côté, c’est comment tricher. Parce que M. Alpha Condé ne veut pas renoncer à son désir de s’octroyer une présidence à vie.  A cet égard, les électeurs et moi-même allons résiste’’. Il demande à ‘ses partisans de ‘’faire preuve de retenue, de responsabilité pour que ce scrutin se passe dans les meilleures conditions’’.

‘’Je n’ai aucun doute quant à l’issue de ce scrutin. C’est pourquoi, je ne souhaite pas que des violences viennent perturber le scrutin et compromettre peut-être dans une certaine mesure ma victoire. Il n’y a pas de risque zéro en la matière’’, rassure-t-il.

“Je viens de parler avec nos responsables à Kankan où il y avait des centaines de soutiens à ma candidature qui étaient inattendus. Ça a été une surprise et la réaction d’Alpha Condé a été comme toujours la violence. On a détruit tous les symboles de l’UFDG, chassé nos militants. Beaucoup sont répartis d’ailleurs dans leur région d’origine. Mais ceci dit, les jeunes restent mobilisés là-bas pour sécuriser le scrutin. On a enregistré des bureaux de vote où on a renvoyé des délégués et les représentants de l’UFDG à Kankan et à Kouroussa’’,  regrette le principal challenger d’Alpha Condé avant de souligner que cette situation est ‘’en train d’être réglée. Je crois que ça va bien se passer’’.

‘’Je n’ai pas d’inquiétude quant à l’issue de scrutin. J’ai d’énormes inquiétudes si pour la paix et la cohésion M. Alpha Condé essaye de s’emparer du pouvoir par la ruse et la violence. Parce qu’en ce moment, ça ne sera pas acceptable par les partisans et les patriotes guinéens qui ont voté pour l’alternance’’, persiste et signe Dalein.

Boussouriou Doumba

Donald Trump à Condé : ‘‘ les Etats-Unis soutiennent le peuple de Guinée…’’

Donald Trump et Alpha Condé

Le président des Etats-Unis, première puissance économique du monde, a adressé une correspondance à son homologue guinéen. Donald Trump, deux semaines après la célébration de l’an 62 de l’accession de la Guinée à l’indépendance, a tenu à saluer l’excellence des relations entre nos deux pays.

‘’Au nom du peuple américain, je tiens à vous féliciter, vous et le peuple de Guinée à l’occasion de la célébration du 62e anniversaire de votre indépendance’’ indique le locataire de la Maison Blanche au président Alhpa Condé.

Il souligne qu’il est important pour les Etats-Unis et la Guinée de se  “souvenir des occasions qui unissent nos peuples’’.

Donald Trump a mis l’occasion à profit pour réaffirmer ‘’les liens historiques entre nos deux grands pays fondés sur l’amitié et le respect mutuel’’.

Il assure que ‘’les Etats-Unis soutiennent le peuple de Guinée’’ avant de prier ‘’Dieu de continuer à bénir ce peuple’’

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