Autriche: sous le coup d’une enquête pour corruption, le chancelier Kurz démissionne

Austrian Chancellor Sebastian Kurz arrives to give a press statement on the government crisis at the Federal Chancellery in Vienna, Austria, on October 9, 2021. - Austria's Sebastian Kurz announced he is stepping down as chancellor on October 9, 2021, after he was implicated in a corruption scandal. On October 6 prosecutors raided several locations linked to Kurz's right-wing People's Party (OeVP) and announced that the 35-year-old and nine other individuals were under investigation over claims that government money was used in a corrupt deal to ensure positive media coverage. (Photo by GEORG HOCHMUTH / APA / AFP) / Austria OUT

Sebastian Kurz, ce samedi 9 octobre 2021 à Vienne face à la presse, pour annoncer sa démission de la chancellerie. AFP – GEORG

Le chef du gouvernement autrichien Sebastian Kurz, 35 ans, a annoncé sa démission, ce samedi 9 octobre 2021 devant la presse, après l’ouverture d’une enquête pour corruption et abus de confiance à son encontre cette semaine.

Le jeune dirigeant autrichien de droite a proposé ce samedi que le ministre des Affaires étrangères Alexander Schallenberg soit désigné chancelier d’Autriche à sa place, ajoutant devant la presse qu’il comptait rester à la tête du parti conservateur ÖVP.

Sebastian Kurz entend également prendre la tête du club parlementaire. Mais pour le reste, une page spectaculaire se referme à Vienne, avec la démission de ce leader de 35 ans, en poste à la chancellerie entre 2017 et 2019, puis entre 2020 à 2021.

« Il serait irresponsable de glisser vers des mois de chaos ou d’impasse », a-t-il déclaré devant les journalistes réunis à Vienne, expliquant se retirer du gouvernement pour « la stabilité » du pays, mais en dénonçant de « fausses accusations » contre lui.

Ces accusations sont fausses mais dans la phase critique où nous nous trouvons, il serait irresponsable de glisser vers des mois de chaos ou d’impasse. Je veux donc faire de la place car mon pays est pour moi plus important que ma personne

Le parquet financier a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête, entre autres contre le chancelier démissionnaire, et ce, pour corruption et abus de confiance. Sebastian Kurz, qui parle d’allégations « fabriquées », avait jusque-là refusé de démissionner.

La justice soupçonne le ministère des Finances, aux mains des conservateurs, d’avoir acheté entre 2016 et 2018 des encarts publicitaires dans un tabloïd en échange d’une couverture et de sondages favorables à M. Kurz, alors très jeune chef de la diplomatie.

Les écologistes, partenaires minoritaires au sein du gouvernement, avaient accru leurs critiques ces derniers jours. Le vice-chancelier Werner Kogler (Les Verts) avait déclaré vendredi que le numéro un de l’équipe n’était « plus apte à exercer ses fonctions ».

Les écologistes demandent à l’ÖVP de désigner quelqu’un d’« irréprochable » pour prendre la tête de l’équipe de coalition. D’autant que le Parlement doit se réunir mardi en session extraordinaire pour se prononcer sur une motion de censure de l’opposition.

Une enquête pour corruption vise le chancelier autrichien Sebastian Kurz

C’est donc la voie du compromis qu’a choisie M. Kurz, analyse notre correspondante à Vienne, Isaure Hiace. Car s’ils souhaitent prolonger la coalition avec le parti conservateur, les écologistes risquaient aussi de se rallier à la motion de censure mardi en cas de non-démission du chancelier.

La coalition entre les écologistes et les conservateurs devrait donc se poursuivre, et le ministre des Affaires étrangères, considéré comme un fidèle de Sebastian Kurz, est désormais pressenti pour le remplacer.

Mais cette démission n’est qu’une façade, dénonce la principale opposante de la droite, à savoir la social-démocrate Pamela Rendi-Wagner.

Kurz s’en va, mais son système reste en place. Car en tant que chef du parti conservateur et du club parlementaire, il continuera de tirer les ficelles en arrière-plan. Il n’est peut-être plus chancelier, mais il devient le chancelier de l’ombre de la République autrichienne.

Sebastian Kurz est visé par cette enquête avec neuf autres suspects, ainsi que trois organisations. Des perquisitions ont déjà eu lieu dans le cadre de cette enquête, notamment au siège du parti conservateur qu’il dirige ainsi qu’à la chancellerie.

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