[Feuilles d’hivernage] Diobass : une communauté, plusieurs ethnies

[Feuilles d’hivernage] Diobass : une communauté, plusieurs ethnies

28 septembre 2021

Rien que le nom Diobass fait penser à l’ethnie sérère. Certes, ils sont les premiers habitants dans cette localité, mais ils y vivent en très belle harmonie avec les Wolofs, les Mandingues, les Toucouleurs etc. Et presque tout le monde jure sur « Roog » et raffole du « Nguel ».
Tatène Sérère, Tatène Toucouleur, Tatène Bambara. Trois villages dans le Diobass, un même nom, des valeurs culturelles quasi-similaires et sont habités par des ethnies différentes. Dans ces hameaux, la plupart des habitants sont polyglottes. Bien que fortement enracinées dans leurs valeurs ethniques, ces populations sont toutes ouvertes à la culture sérère et adorent le « Nguel » (une musique sérère rythmée par la cadence des tams-tams, des calebasses et de la guitare maintenant pour se coller à la modernité). Les Sérères sont les premiers habitants de cette localité. Tous les autres sont leurs hôtes. Il se raconte que le village de Tatène Bambara a été créé en 1865 par un certain Birama Cissokho, un Bambara originaire du Mali qui est passé par le Fouta avant de venir s’installer à Tatène pour pratiquer l’agriculture et apprendre le Coran. Ainsi, les Sérères lui ont légué des terres pour qu’il s’y installe avec sa communauté. « Dans cette zone, nous vivons en parfaite harmonie, dans le respect mutuel. Nous sommes différents sur le plan ethnique, mais nous sommes une seule et même communauté. J’habite à Tatène sérère qui, d’ailleurs, selon les vieux, est le premier village fondé dans le Diobass. Mais, j’ai des amis et des fans à Tatène Toucouleur et à Tatène Bambara. Ils adorent tous ma musique et m’invitent souvent à des prestations dans leurs villages », souligne Alioune Sène, artiste, auteur, compositeur, arrangeur à Tatène Sérère. D’ailleurs, il est l’un des artistes les plus en vue de cette localité. Sérères, Wolofs, Toucouleurs, Mandingues dansent tous au rythme du « Nguel ». « Bien qu’ayant une prédominance sérère, le slogan de la radio communautaire Diobass Fm, c’est la diversité culturelle. Chacun à son mot à dire, mais tout le monde aime la culture sérère, particulièrement le ‘‘Nguel’’ », mentionne Babacar Sène, Directeur de la radio communautaire sise à Notto Diobass.

Sur le plan religieux, ce sont les Bambaras qui dirigent. Pour preuve, l’imam de la localité est de Tatène Bambara. Mais, sur le plan culturel, ce sont les qui Sérères dominent. Alioune Sène joue un rôle central dans l’animation culturelle de la zone. Il a commencé le folklore sérère depuis 1998. Il est à l’aise aussi bien avec un instrument traditionnel qu’avec une guitare qu’il a appris à jouer en 2000 à Dakar. Alioune a aussi titillé le Reggae. « Je suis à la tête d’une troupe musicale qui compte près de 25 personnes. Les gens nous engagent parfois dans des soirées « Nguel » ou lors des cérémonies familiales aussi bien à Tatène Sérère qu’à Tatène Bambara et Tatène Toucouleur. Pour te dire qu’ici, tout le monde aime le folklore sérère surtout si c’est accompagné de guitare », se réjouit le musicien. Selon lui, sa maison familiale fait partie des trois premières concessions du village de Tatène Sérère. À en croire l’artiste, « Nguel » vient de la déformation du mot sérère « Ngal » qui signifie place publique ou lieu de rassemblement. « Dans les villages sérères, il y avait toujours un lieux où les vieux se rassemblaient pour discuter des problèmes de la communauté et prendre des décisions. Et jusqu’à présent, le « Nguel » en tant qu’art a des vertus mystiques. Il permet d’unir les gens. S’il est fait comme cela se doit, il ne peut pas être une source de division. C’est pourquoi un chanteur de « Nguel » doit toujours être un unificateur », estime Alioune Faye.

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Une éducation et des pratiques culturelles qui résistent au temps

Dans le Diobass, les pratiques culturelles occupent une place importante en milieu sérère. Elles ont des vertus mystiques et même protectrices. « Autrefois, en cas de pandémie, comme la peste ou même le coronavirus, les vieux des villages sérères se regroupaient aux « Ngal » (Places publiques), pour protéger les villages avec des pratiques mystiques. Cela se fait jusqu’à présent dans certains bourgs. Dans la culture sérère, tout est beauté. Tout est art. Tout est mystique. Et c’est même conforme aux valeurs islamiques », explique Alioune Sène.

À travers la culture, on apprend, selon lui, aux adolescents qui entrent dans l’âge adulte le savoir être, des valeurs pour qu’ils puissent assumer leurs responsabilités d’hommes. C’est le cas dans les « Leul » (cérémonie initiatique à travers laquelle l’adolescent entre dans la « case des hommes », Ndlr). « Il y a un « Nguel » spécial pour les « Leul ». Dans ces lieux d’éducation, il est interdit d’insulter, de se battre. Aucune femme ne peut quitter son domicile conjugal durant cette période et toutes celles qui étaient parties reviennent. Sinon les gens iront les chercher, et ce ne sera pas de la plus belle des manières », révèle le musicien.

Propos que confirme Matar Faye, chef du village de Palam Thioyane. « Quand on instaurait le « Leul » en milieu sérère, il n’y avait ni école française ni « daara ». Il ne fallait pas laisser les enfants entre les champs et les parcours du bétail seulement. Il nous fallait un cadre où apprendre à nos enfants les bonnes manières, comment ils doivent se comporter vis-à-vis de leurs parents, de la communauté. Dans ces lieux, on n’y entre pas avec des chaussures, avec une souillure. On n’y profère pas d’injures, il n’y pas d’abandon de domicile conjugal durant cette période », appuie le « Lamane » de Palam Thioyane.

Alioune Sène conclut qu’un bon Sérère est une personne bien éduquée, un modèle pour la société. « Cela a fait que jusqu’à présent, les gens ont confiance aux Sérères. J’ai fait beaucoup de localités au Sénégal et dans la sous-région, mais à chaque fois que je me présente, les gens disent que celui-là est un Sérère, il est digne de confiance. Cela est dû à l’éducation reçue de nos parents et de notre communauté », se félicite le chanteur.

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Le Diobass, une terre de refus de la domination

En plus d’être une terre de culture, le Diobass est aussi une terre de refus. Malgré sa proximité avec les anciens royaumes du Cayor et du Baol, cette partie du département de Thiès n’a jamais été conquise. Et ce ne sont pas les tentatives qui ont manqué. « Tous les Rois qui ont essayé de conquérir le Diobass ont échoué. D’ailleurs, Diobass vient de la déformation de « Diou bass », qui veut dire « plonger l’arme dans le sable et tirer ». Les gens n’avaient pas besoin de munitions. Ce sont les grains de sable qui constituaient leurs balles », soutient Alioune Sène. Non sans oublier l’histoire de Mbit Seck, celui qui attirait les ennemis dans les embuscades. « Personne ne pouvait le tuer par balle. Sur le champ de bataille, c’est lui qui se montre pour que le camp adverse le pourchasse. Une fois à Sangué, là où était construite la fortification, le reste du groupe sortait pour prendre par surprise l’ennemi et le massacrer. Mbit était blindé mystiquement », raconte l’artiste.

Il y avait aussi Roog Raban qui, depuis Palam, pouvait alerter tout le Diobass à l’approche de l’ennemi avec un seul cri. Selon son petit-fils, Ndiangane Faye, chef du village de Palam Roog, il a même été convoqué, au temps colonial, par le Gouverneur de l’Aof au bureau de Saint-Louis. « Des gens sont allés dire au Gouverneur qu’il y a à Palam une personne qui avait des cornes. Et le gouverneur l’a convoqué pour en avoir le cœur net. Quand il est venu répondre, l’autorité coloniale s’est rendue compte qu’il ne portait pas de cornes et qu’il avait été induit en erreur. Ainsi, il l’a laissé rentrer, non sans lui proposer auparavant un poste de chef de canton ; ce qu’il a décliné. Mon grand-père, tout ce qu’il voulait, c’était d’être chef de village », relate Ndiangane Faye.

D’après Cheikh Tidiane Faye, animateur culturel, le Diobass comporte jusqu’à présent des zones rouges où aucune autorité n’ose poser les pieds de peur d’être dégradée. C’est le Pout Ndoff, Teup Dal, etc. « Il y a aussi un puits à Baback qu’aucune autorité n’ose approcher », ajoute Cheikh Tidiane. Comme quoi le Diobass a toujours ses mystères.

LE PALMIER-RONIER À THIÈS

L’arbre qui cache un trésor

Entre le département de Thiès et celui de Tivaouane vit une importante colonie de palmiers-rôniers. Cet arbre attribué aux None, un groupe ethnique de la communauté Janxin, est un véritable trésor au-delà de ses services écologiques.

Par Ndiol Maka SECK (correspondant)

THIÈS – De Thiès à Tivaouane, de part et d’autre de la route, se développe une importante population de rôniers embellissant le paysage. Chez les jeunes plantes, les feuilles sont réparties tout au long de la tige. Et pour l’arbre adulte, elles sont groupées au sommet du stipe en un bouquet plus ou moins développé selon l’état végétatif de la plante. Le pétiole de couleur brun-vert augmente en épaisseur et en longueur avec l’âge et au fur et à mesure que les feuilles se développent. Il est fendu dans sa partie inférieure et s’insère dans le tronc par une large gaine en forme de patte d’oie. Les bords très coupants sont déchiquetés irrégulièrement. Les feuilles d’un rônier ressemblent à de grands éventails. Cette population végétale rend le regard de la nature plus agréable pour le voyageur. Quand elles se dessèchent, les feuilles permettent de fabriquer de multiples objets de vannerie, de sparterie, d’ameublement. Aujourd’hui, moins que par le passé, elles contribuent aussi à la clôture de certaines maisons, à la couverture des cases et à l’établissement de pentes pour les maisons en zinc.

Dans la région de Thiès, cet arbre est très lié aux None, un groupe ethnique qui vit aux environs de la Capitale du rail indûment rattaché aux Sérères du point de vue linguistique. Les None constituent avec les Ndout et les Safene des unités sociales intégrées aux anciens royaumes du Cayor et du Baol mais surtout caractérisées par leur autonomie, leur repli et leur particularisme linguistique. « Le rônier, c’est un arbre des None. Ce sont eux qui, de manière consciente, ont semé le rônier. Je dis les None et non les Sérères None, parce qu’il n’existe pas de sérère None. Seulement, None signifie en wolof ennemi et à cause de cette homophonie, il y a des gens qui refusent qu’on les appelle None. Mais nous sommes des None et non des Sérères. La langue même est différente », précise Abbé Rafael Wade, originaire de Lalane. Le religieux catholique aujourd’hui à la retraite fait remarquer que de Bambey à Thiès, on constate la présence des rôniers à partir de Peykouk, un village aujourd’hui rattaché à la Cité du rail. Et en venant de Saint-Louis, c’est à la sortie de Tivaouane, à l’Ouest où on note un important peuplement de cette espèce. « Le rônier, c’est vraiment l’arbre typique du pays None. Celui qui a amené le premier rônier à Lalane, c’est celui même qui y a amené la religion chrétienne. Il s’appelait Pierre Sogane Tine. Il était dans l’armée française avant de prendre la fuite. Pour que les Français ne le retrouve pas, il est allé se refugier dans le Lékhar, aux environs de Tivaouane. Il y est resté deux ou trois ans, et en rentrant à Lalane, il a ramené quelques rôniers. Il a déjà été baptisé dans l’armée française », souligne M. Wade.

Un trésor financier

Selon lui, la première utilité de cet arbre, c’était le vin de rônier. Mais aussi, ajoute-t-il, à l’époque pour couvrir les cases, les gens utilisaient les feuilles. « Quand Mgr François Xavier Ndione est devenu évêque en 1969, il a un peu grondé les None parce que le rônier meurt quand on le saigne pour extraire la sève qui constitue le vin. Il leur avait dit qu’ils tuaient le rônier alors que l’arbre a beaucoup plus d’utilité. Ainsi, petit à petit, les gens ont cessé de faire du vin de rônier. À Lalane, il n’y a maintenant qu’une seule personne qui le fait », explique le frère de l’ancien gouverneur Léopold Wade. Ainsi, les populations ont commencé à en faire une utilité d’urgence. « Nos mamans, quand elles avaient des soucis financiers, vendaient des feuilles de rôniers aux Wolofs à Thiès pour acheter de quoi manger par exemple. Petit à petit, on a aussi commencé à couper les tiges pour les tailler et les vendre. Les gens utilisent ce bois pour faire des charpentes parce que c’est très solide. Finalement, le rônier est devenu un trésor », estime Abbé Rafael Wade.

Trésor, le mot est lâché. En plus de la beauté esthétique du paysage, le rônier a une grande utilité financière. « Aujourd’hui, ceux qui possèdent des champs de rôniers, quand ils ont un problème, ils vendent un ou deux pieds pour le régler », mentionne le religieux. À travers des feuilles de rônier et leurs pétioles, des artisans démontrent tout leur savoir-faire. Ils fabriquent avec ces produits des paniers vendus entre 1 500 et 6 000 FCfa, des armoires et commodes entre 15 000 et 25 000 FCfa, des lits de campagnes entre 60 000 et 80 000 FCfa, des salons à 200 000 FCfa, etc. Ces objets sont exposés le long de la route entre Thiès et Tivaouane. « Tout est utile chez le rônier », conclut Pierre Diop, qui dirige une association d’agriculteurs à Diassap.

LAISSEZ-PASSER

Le réel et le virtuel

Par Mbagnick Kharachi DIAGNE

Grâce aux réseaux technologiques, on peut éviter les rencontres physiques. À travers Internet, des individus partageant des intérêts communs peuvent communiquer, échanger, mettre en œuvre des projets, des conventions de partenariat, etc.

Le virtuel peut toujours avoir des effets et engendrer des relations. Même des relations amoureuses. Au point de sceller facilement des liens de mariage entre personnes issues de nationalités et de continents différents. Des relations qui peuvent conduire au Nirvana et virer également au drame.

Étant naturellement relié au réel, le virtuel, avec le modernisme, a fini par prendre le dessus sur le réel. Cette réalité virtuelle, favorisée par les progrès technologiques, permet de développer et de promouvoir le télétravail, d’exploiter les réseaux de communication très performants, en vue de contribuer à la bonne marche d’une société, d’une entreprise.

Cela fait partie des avantages de la virtualisation de l’échange. Le virtuel permet de gagner du temps, de réduire l’espace, de dépasser le lien entre le réel et le possible, d’accélérer la cadence du développement, de l’émergence.

Cependant, il y a des risques liés au fait qu’on peut s’attendre à des surprises désagréables venant d’un partenaire à qui on a fait confiance et qu’on n’a jamais vu. Dès lors, le problème de la confiance entre les adeptes de cette « réalité virtuelle » se pose avec acuité.

Avec cette intelligence virtuelle, le numérique a tendance à supplanter le physique. Dans l’espace numérique, les émotions sont bien réelles. Nous pouvons dire qu’il y a bien du réel au sein du virtuel, car constatant, de plus en plus, que les jeunes, à travers les réseaux sociaux, s’épanouissent, se défoulent, décompressent, s’énervent, s’émeuvent, s’attristent et même se déchirent.

C’est un autre monde. Les technologies de pointe ont façonné et métamorphosé les relations humaines. Mais, elles nous ont permis de comprendre qu’il n’y a pas une frontière nette entre deux mondes indépendants et séparés, le monde réel et le monde virtuel. La réalité et le simulacre.

Autrement dit, Internet a créé un monde nouveau dans lequel se développent désormais nos échanges. Au lieu de verser dans un pessimisme béat, dans un dualisme négatif entre le réel et le virtuel, il faudrait tout simplement positiver cette relation intrinsèque entre ces deux mondes en considérant le virtuel comme un complément ou un supplément du réel. Ce qui nous permettra d’avancer et de tirer le maximum de profit de la « réalité virtuelle ».

PETITS MÉTIERS, GROS PROFITS

OUSMANE BARRY, VENDEUR DE COCO

Les bons comptes d’un marchand « affranchi »

Après avoir démarré son commerce sous la tutelle d’un autre, Ousmane Barry savoure maintenant son statut d’entrepreneur autonome. Ce vendeur de coco qui parvient à se tirer d’affaire estime que son autonomie lui procure profits et liberté d’actions.

MBOUR – Après un marchandage qui convainc le client que la noix de coco coûte entre 300 et 500 FCfa, le geste qu’il répète des dizaines de fois peut enfin démarrer. La noix entre les doigts et le paume de la main gauche, quelques coups de couteau permettent d’enlever le haut de l’écorce qui laisse jaillir l’eau de coco. Puis, d’autres coups avec le même outil aident à enlever le reste pour faire découvrir la chair du fruit. Ousmane Barry, casquette bien ajustée sur la tête, passe pour un maître dans l’art d’enlever la coque dure du fruit pour remettre la substance comestible à ses clients qui sont nombreux à passer par son étal ou, du moins, sa brouette. En bordure de la route nationale, près du stade Caroline Faye, il tient son étal où sont bien agencées les composantes de son échoppe. Des noix de coco brutes, des sachets en plastique pour les clients pressés ou encore des pailles pour boire l’eau de coco pour ceux qui choisissent de déguster le breuvage sur place, tiennent dans la brouette. Pour un vendeur de ce produit, Ousmane est plutôt un sédentaire, contrairement à d’autres tenants de ce petit commerce qui se pavanent à travers les différents coins de la ville, un plateau à bout de bras ou la brouette poussée avec beaucoup de peine.

Barry, la quarantaine est un « entrepreneur » qui s’est affranchi. Agissant jadis pour le compte d’un bailleur qui l’approvisionnait en noix de coco et avec qui il partageait les produits de la vente, il est désormais maître de son destin. « Avant, c’est un parent qui allait acheter les cocos qu’il me remettait. Je les vendais et je lui remboursais son argent. Désormais je travaille à mon compte », renseigne-t-il. Non sans savourer son nouveau statut de vendeur libéré de toute tutelle. « Les cocos nous viennent de localités de la région de Fatick comme Niodior, et nous y allons souvent à défaut d’être approvisionnés par des bana bana », ajoute Ousmane. Du coup, le profit est plus important pour celui qui assure que, malgré les fluctuations des ventes, il parvient à faire de bonnes affaires ces derniers temps puisque les recettes journalières sont souvent très importantes. « Il arrive que je gagne, à la descente, entre 5000 et 10 000 FCfa, voire même 20 000 », confie-t-il. Le sourire aux lèvres comme pour apprécier la situation, Barry, talibé tidiane qui s’apprête à laisser momentanément son commerce pour se rendre au Magal de Touba, estime qu’il n’y a rien de tel que de travailler pour son propre compte. « Il y a moins de pression et on sait qu’à la descente, tout ce qu’on a dans les poches nous appartient et on n’a de compte à rendre à personne », ajoute-t-il. Une liberté acquise qu’il compte mettre à profit pour s’ouvrir de nouveaux challenges.

Ousseynou POUYE (Correspondant)

AU CŒUR DES ARCHIVES DU SOLEIL

MEURTRE ET TENTATIVE D’ASSASSINAT

15 ans de travaux pour le marin « amnésique »

Parce qu’il pensait que tout le monde complotait contre lui, le marin Michel Dioh a tué, le 15 juillet 1986, Georges Dioh avec son couperet. Ce crime lui a valu, une décennie plus tard, 15 années de travaux forcés.

Subodorant la jalousie et la haine de tout l’équipage du chalutier grec « Theodoros » qui séjournait dans les eaux sénégalaises, Michel Dioh avait atrocement mit fin aux jours de Georges Dioh. Aba Ndong, lui, l’avait échappé belle. L’accusé lui avait porté des coups de machette partant de la base du cou à la pommette. Les faits remontent au 15 juillet 1986.

À la barre de la première session de la Cour d’assises, en 1996, Michel, jouant les amnésiques, a expliqué qu’il avait été appelé à la rescousse alors qu’un équipage du « Theodoros » a mis pied à terre. Le commandant lui avait demandé de trouver des mousses, des matelots et marins. Pour cette campagne, il avait recruté Georges Dioh, Martin, Joseph Seck et Mary Ndong pour faire plaisir à Aba Ndong.

De retour d’une absence de 10 jours, il voyait partout des ennemis qui complotaient sur son dos. « Le jour fatidique, je coupais les poissons et Aba mélangeait le tri. Quand j’ai fini ma tâche, je suis allé affûter mon couperet. Au retour, je suis tombé sur Aba et lui ai porté un coup. Georges a fait face avec une pelle avec laquelle il a essayé de m’éventrer. Je l’ai évité avec le couperet qui est tombé, je lui ai porté un coup qu’il a paré avec sa main. Je suis revenu à la charge, il a paré avec l’autre main. Quand il est tombé par terre, je lui ai porté l’estocade, un coup qui a fait éclater son crâne », a-t-il expliqué.

Les témoins qui ont défilé à la barre ont été unanimes à reconnaitre qu’il n’y avait pas eu altercation le jour du drame sur le bâtiment. Le seul incident qu’ils ont mentionné, c’est ce boulon que serrait Michel et qui lui a échappé. Il avait atterri sur le pied d’Aba qui lui en a fait la remarque. Mais, Michel avait répondu par une grossièreté et ils avaient failli en venir aux mains, n’eût été l’intervention des membres de l’équipage. Les témoins ont aussi précisé que Michel tenait un pistolet et une machette à la main et criait qu’il était prêt à se battre contre tout l’équipage.

L’expert psychiatre n’a rien décelé d’anormal chez l’accusé ; ce qui a fait dire à l’avocat général, Ciré Aly Ba, que la culpabilité de l’accusé était établi parce qu’il avait aiguisé le couperet avant de porter un coup à Aba Ndong par traitrise. Profitant du moment où le commandant prodiguait les premiers soins à Aba, Michel, avec une barbarie indescriptible, avait achevé Georges après lui avoir enlevé toute possibilité de défense et d’attaque. Selon le représentant du ministère public, ni les suppliques de la victime ni ses adjurations ne l’avaient fait fléchir. Après avoir demandé l’application de l’article 329 relative aux circonstances aggravantes, il a requis 20 ans de travaux forcés.

Les avocats de la défense ont plaidé la disqualification des faits en coups et blessures volontaires, se fondant sur le fait que leur client a été bien provoqué et a cédé à la souffrance. Les avocats défenseurs ont cependant plaidé coupable et ont placé leur espoir au droit qui triomphe sans violence. Selon eux, condamner Michel Dioh, c’est semer les germes de la récidive, car estimant que leur client avait assez payé. Ils n’avaient pas été assez convaincants pour tirer d’affaires leur client qui a écopé de 15 ans de travaux forcés.

Samba Oumar FALL (Source Saliou Fatma LÔ, « Le Soleil » du 15 octobre 1996)

AU CŒUR DES ARCHIVES DU SOLEIL

MEURTRE ET TENTATIVE D’ASSASSINAT

15 ans de travaux pour le marin « amnésique »

Parce qu’il pensait que tout le monde complotait contre lui, le marin Michel Dioh a tué, le 15 juillet 1986, Georges Dioh avec son couperet. Ce crime lui a valu, une décennie plus tard, 15 années de travaux forcés.

Subodorant la jalousie et la haine de tout l’équipage du chalutier grec « Theodoros » qui séjournait dans les eaux sénégalaises, Michel Dioh avait atrocement mit fin aux jours de Georges Dioh. Aba Ndong, lui, l’avait échappé belle. L’accusé lui avait porté des coups de machette partant de la base du cou à la pommette. Les faits remontent au 15 juillet 1986.

À la barre de la première session de la Cour d’assises en 1996, Michel, jouant aux amnésiques, a expliqué qu’il avait été appelé à la rescousse alors qu’un équipage du « Théodoros » a mis pied à terre. Le commandant lui avait demandé de trouver des mousses, matelots et marins. Pour cette campagne, il avait recruté Georges Dioh, Martin, Joseph Seck et Mary Ndong pour faire plaisir à Aba Ndong.

De retour d’une absence de dix jours, il voyait partout des ennemis qui complotaient sur son dos. « Le jour fatidique, je coupais les poissons et Aba mélangeait le tri. Quand j’ai fini ma tâche, je suis allé affûter mon couperet. Au retour, je suis tombé sur Aba et lui ai porté un coup. Georges a fait face avec une pelle avec laquelle il a essayé de m’éventrer. Je l’ai évité avec le couperet qui est tombé, je lui ai porté un coup qu’il a paré avec sa main. Je suis revenu à la charge, il a paré avec l’autre main. Quand il est tombé par terre, je lui ai porté l’estocade, un coup qui a fait éclater son crâne », a-t-il expliqué.

Les témoins qui ont défilé à la barre ont été unanimes à reconnaître qu’il n’y avait pas eu altercation le jour du drame sur le bâtiment. Le seul incident qu’ils ont mentionné, c’est ce boulon que serrait Michel et qui lui a échappé. Il avait atterri sur le pied d’Aba qui lui en fait la remarque. Mais Michel avait répondu par une grossièreté et ils avaient failli en venir aux mains n’eût été l’intervention des membres de l’équipage. Les témoins ont aussi précisé que Michel tenait un pistolet et une machette à la main et criait qu’il était prêt à se battre contre tout l’équipage.

L’expert psychiatre n’a rien décelé d’anormal chez l’accusé. Ce qui a fait dire à l’avocat général Ciré Aly Ba que la culpabilité de l’accusé était établi, parce qu’il avait aiguisé le couperet avant de porter un coup à Aba Ndong par traitrise. Profitant du moment où le commandant prodiguait les premiers soins à Aba, Michel, avec une barbarie indescriptible, avait achevé Georges après lui avoir enlevé toute possibilité de défense et d’attaque. Selon le représentant du ministère public, ni les suppliques de la victime ni ses adjurations ne l’avaient fait fléchir. Après avoir demandé l’application de l’article 329 relative aux circonstances aggravantes, il a requis 20 ans de travaux forcés.

Les avocats de la défense ont plaidé la disqualification des faits en coups et blessures volontaires, se fondant sur le fait que leur client a été bien provoqué et a cédé à la souffrance. Les avocats défenseurs ont cependant plaidé coupable et ont placé leur espoir au droit qui triomphe sans violence. Selon eux, condamner Michel Dioh, c’est semer les germes de la récidive car estimant que leur client avait assez payé. Ils n’avaient pas été assez convaincants pour tirer d’affaires leur client qui a écopé de 15 ans de travaux forcés.

Samba Oumar FALL (Source Saliou Fatma LO, « Le Soleil » du 15 octobre 1996)

DRÔLE D’HISTOIRE

Inde : un salon de coiffure condamné à verser plus de 230 000 euros pour une coupe ratée

En se rendant dans ce salon de New Delhi, Aashna Roy, un mannequin, ne s’imaginait pas ressortir avec cette coupe.

Elle a du mal à s’y « f’hair ». Un Tribunal indien a condamné un salon de coiffure à verser plus de 231 000 euros de dommages et intérêts à un mannequin pour une coupe de cheveux bâclée qui, selon elle, a provoqué une « grave dépression nerveuse ».

Aashna Roy s’est rendue dans le salon de coiffure d’un hôtel haut de gamme de New Delhi en 2018 et a demandé au personnel une coupe classique de 10 centimètres en partant des pointes, selon un jugement du Tribunal des consommateurs de la ville. « Cependant, au grand choc et à la surprise de la plaignante, la coiffeuse a coupé l’ensemble de la chevelure, ne laissant que 10 cm et touchant à peine ses épaules », indique le jugement.

« Une grave dépression nerveuse et un traumatisme »

Le Tribunal a déterminé qu’étant donné que Mme Roy avait fait carrière comme mannequin en posant pour des publicités pour produits capillaires, la coupe de cheveux bâclée avait entraîné « une grave dépression nerveuse et un traumatisme ».

« Il ne fait aucun doute que les femmes sont très prudentes et attentives en ce qui concerne leurs cheveux », ajoute la décision. « Elles dépensent des sommes considérables pour les maintenir en bon état. Elles sont aussi émotionnellement attachées à leurs cheveux », indique le jugement.

« Brisé son rêve »

« Elle a perdu des contrats et a subi une perte énorme qui a complètement changé son style de vie et brisé son rêve de devenir un top-modèle », a-t-il ajouté.

Le Tribunal a condamné le salon, qui peut encore faire appel, à payer 20 millions de roupies dans les huit semaines suivant l’ordonnance, soit plus de 230 000 euros.

CITATION DU JOUR

« On rencontre sa destinée, souvent par les chemins qu’on prend pour l’éviter ».

La Fontaine

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