Focus sur les différentes émissions d’eurobonds réalisées par l’Etat du Sénégal de 2009 à 2021


Focus sur les différentes émissions d’eurobonds réalisées par l’Etat du Sénégal de 2009 à 2021
C’est en 2009 que l’État du Sénégal a procédé, pour la première fois, à l’émission d’eurobonds (obligations souveraines) sur les marchés financiers internationaux. Une opération qui lui avait permis de lever 200 millions de dollars avec une rémunération de 9,25 %. Dix ans après, la qualité de la signature de notre pays continue à inspirer confiance sur les places financières, en atteste la toute récente opération d’émission d’eurobonds qui a connu un succès avec 508 milliards de FCfa levés avec un taux d’intérêt de 5,375 sur une maturité de 16 ans.

En vue de diversifier leurs sources de mobilisation de fonds pour financer des projets de grande envergure ou refinancer leur dette, les États africains misent sur les marchés financiers internationaux en procédant à l’émission d’eurobonds appelés également « obligations internationales » ou « obligations souveraines ». Le Sénégal ne fait pas exception à la règle. Sa première opération remonte à 2009, quand l’État avait émis un eurobond de 200 millions de dollars pour une maturité de cinq ans avec un taux d’intérêt fixé à 9,25 %. Deux ans plus tard, en 2011, il sollicite, à nouveau, les marchés en émettant un second emprunt de 500 millions de dollars sur 10 ans avec une rémunération à 8,75 %. Entre ces deux émissions, l’on observe que le coût du crédit baisse et que la durée devient plus longue ; ce qui peut traduire l’amélioration de la qualité de la signature de l’État du Sénégal auprès des investisseurs.

Notre pays poursuit sa dynamique de diversifier davantage ses sources de financements et de lever des ressources beaucoup plus longues. C’est à ce titre qu’il a sollicité, en 2014, les marchés financiers internationaux en émettant un eurobond de 500 millions de dollars adossé à une maturité de 10 ans avec un taux d’intérêt de 6,25 %. Les conditions de prêt deviennent plus assouplies au regard du taux d’intérêt qui est inférieur à celui de 2011. Toutefois, la durée reste inchangée. Il convient de souligner que l’eurobond de 2014 a été émis dans un contexte symbolique marqué par le démarrage de la mise en œuvre de la première phase du Plan d’actions prioritaires (Pap) du Plan Sénégal émergent (Pse) couvrant la période 2014-2018 et qui a nécessité une mobilisation importante de ressources financières. Trois ans plus tard, en mars 2017, le Sénégal signe son retour, pour la quatrième fois, sur les marchés financiers internationaux en émettant un autre eurobond d’un montant de 1,1 milliard de dollars avec un taux de 6,25 %.

Last but not least, en 2018, une autre émission d’obligations souveraines a été faite pour un montant équivalent à 2,2 milliards de dollars. Cette levée a été réalisée au moyen de deux tranches inaugurales : l’une d’un milliard d’euros pour une maturité de 10 ans avec un taux de 4,75 % et l’autre d’un milliard de dollars pour une maturité de 30 ans avec un taux de 6,75 %. L’argent mobilisé était, en partie, destiné au financement des projets structurants du Pse. L’élaboration de ce référentiel des politiques économiques aiguisait l’appétit des investisseurs qui avaient favorablement répondu à la sollicitation du Sénégal en souscrivant largement à ses obligations souveraines. « Cet engouement des investisseurs internationaux pour le ticket sénégalais dénote une grande confiance du marché financier international en la politique mise en œuvre par le Président Macky Sal », analysait le Ministère de l’Économie et des Finances. Le 2 juin 2021, le Sénégal réalise sa sixième émission d’obligations souveraines d’un montant de 508 milliards de FCfa avec un taux d’intérêt fixe de 5,375 % sur une maturité finale de 16 ans.

————————

PROFESSEUR BABACAR SЀNE, AGRÉGÉ D’ÉCONOMIE (FASEG)

« Le Sénégal est intervenu à un moment favorable sur les marchés »

Professeur agrégé d’Économie à la Faculté des Sciences économiques et de gestion (Faseg), Babacar Sène, également spécialiste des questions de la dette et de la monnaie, analyse la récente émission d’eurobonds du Sénégal sur les marchés financiers internationaux. Selon lui, les objectifs de cette opération sont assez précis. Il s’agit, rappelle-t-il, du rachat à hauteur de 70 % de l’eurobond de 2014 qui arrive à expiration en 2024 et du financement de la participation du Sénégal dans le développement des projets pétroliers et gaziers. « Le Sénégal a fait des prévisions par rapport à la production du pétrole. Cette levée de fonds devrait permettre d’assurer le financement de ce secteur. Si l’on suppose que, dans le futur, les cours du pétrole vont monter, cette partie des fonds mobilisés à travers cet eurobond peut être un bon financement pour l’économie, d’autant plus que cela permettra de générer de la croissance et facilitera le remboursement de ce prêt », estime le Pr Sène.

Pour le taux d’intérêt d’emprunt, il explique qu’il a été déterminé compte tenu de la signature du Sénégal, du contexte mondial et de son niveau d’endettement. S’agissant de la réponse favorable des investisseurs, le spécialiste évoque l’injection de liquidités par les banques centrales qui a rassuré les investisseurs. D’après lui, le Sénégal est intervenu à un moment favorable sur les marchés. Pour ce qui est du poids de cette dette, si l’on se base sur les données de décembre 2019, le ratio dette eurobond sur dette extérieure totale avoisine 33,72 %.

Par Abdou Diaw

Please follow and like us:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

RSS
EMAIL