LA RÉACTION DE M. IBRAHIMA SENE PIT SUR LE POST D’AMADOU BA DE PASTEF À PROPOS DE LAÏCITÉ DE L’ETAT.

Ma réaction sur le post d’Amadou Ba à propos de la laïcité de l’Etat
Enfin, Amadou Ba de PASTEF jette le masque quant à leurs objectifs politiques de changement que ce parti prône.
Après avoir pris la pleine mesure de leur échec, dans leurs tentatives de braquer les chefs de confréries contre la laïcité de l’Etat, pour en user comme moyen de lutte contre le régime actuel, de guerre las, Amadou dans un article publié dans Facebook, s’adresse à cet effet, directement, à leurs fidèles, en les contournant.
S’il réussit son coup, il réussira à mettre les Chefs de confréries et les autorités de l’Etat dans un même camp à combattre pour mettre fin à la laïcité de l’Etat.
C’est pour cela qu’il estime qu’une « nouvelle version de la laïcité qui tient compte de cette RÉALITÉ SOCIALE est l’assurance vie de notre cohésion nationale », avant de préciser, qu’il « ne s’agit aucunement d’islamiser le Sénégal, mais lui doter d’institutions qui reflètent la foi et les croyances des populations, tout en permettant à ceux qui ne veulent pas croire, de prendre aussi toute leur place » !
Cet objectif est donc clair comme l’eau de roche. C’est le remplacement de l’Etat laïc du Sénégal par un Etat théocratique islamique !
Pour arriver à ces fins, les arguments qu’il a développés sont proprement renversants.
En effet, il déclare que « les événements religieux au Sénégal ne sont pas, pour la plupart, comptabilisés dans les jours fériés légaux au Sénégal » ; ce qui est contraire à la réalité qui montre que pour les musulmans qui l’intéressent, tous les évènements religieux de caractère national, comme la tabaski, la korité et le tamxariit, sont suivis de jour férié le lendemain.
Même les évènements religieux de caractère communautaire, sont, sous le régime actuel, suivis de jours fériés, ne serait-ce que par l’indisponibilité de moyens de transport nécessaires aux fidèles pour regagner leur lieu de travail.
Mais qui veut tuer son chien, l’accuse de rage !
Ensuite, il poursuit « tenir compte du fait religieux est la garantie de l’équilibre entre nos traditions, valeurs et cultures et nos engagements internationaux », comme si notre pays ne dispose pas d’une constitution qui institut la laïcité de l’Etat, qui reconnaît aux communautés religieuses l’autonomie de gestion de leurs propres affaires, pour garantir cet équilibre, qui est au fondement de notre cohésion sociale et de la convivialité de notre peuple, qui lui valent respect et admiration dans le monde entier !
Mais ce qu’il faut pour Amadou Ba, c’est que l’on « ne doit plus faire de référendum et de réformes majeures (foncier, école, famille…) sans un minimum de concertation avec les Khalifs généraux qui sont les gardiens ultimes de la PAIX au Sénégal en cas de crise », comme si, les chefs religieux ne sont pas consultés sur ces questions !

Pourtant, s’il ignore que le Code de la famille qui date de 1964, est le fruit d’une longue consultation entre l’Etat et les Autorités religieuses, il ne devrait pas en être de même avec le référendum de 2016, où son parti et ses alliés ont tout fait pour obtenir leur soutien dans leur croisade pour faire triompher le « NON » qui rejette la nature laïque de l’Etat du Sénégal qui est reconduite dans le projet de réforme de la Constitution.

Ils n’ont même pas hésité, pour obtenir ce soutien, à déclarer que cette réforme balisait la voie à la légalisation de l’homosexualité, et remettait notre Etat aux mains de la franc-maçonnerie.

Si l’Etat ne s’était pas concerté avec les Autorités religieuses pour démonter leurs discours mensongers, Pastef et ses alliés allaient avoir gain de cause, pour faire triompher le « NON » !

Mais malgré tout cela, Amadou Ba conclut que’« Un État laïc face à une société de croyants n’est pas tenable dans le long terme. Notre laïcité et ses Institutions héritées de la Colonisation sont de plus en contestées par ses propres citoyens qui ne sentent pas représentés.
Inventer une nouvelle laïcité qui réconcilie le Citoyen et le Croyant….c’est l’assurance de contenir les EXTREMISMES laïcistes comme religieux » !

Encore une fois, notre propre histoire porte un démenti cinglant à cette assertion.

En effet, depuis 1960, l’Etat laïc du Sénégal à majorité de croyants, s’est avéré être la garantie de sa cohésion sociale et de sa stabilité, et que le peuple en 2016 a clairement démontré, par son vote massif en faveur du « OUI » au référendum, qu’il ne le conteste pas.

Quant aux Sénégalais qui ne « se sentent pas représentés », ils s’en prennent régulièrement à leurs élus, et non à la nature républicaine et laïque de notre Etat.

Ainsi, ceux qui s’en prenaient à moi pour avoir compris et dénoncé très tôt les objectifs de changement que promet PASTEF, devaient, après lecture de l’article d’Amadou Ba, se faire leur propre religion.

Son projet d’Etat théocratique islamiste ne devrait plus faire l’objet d’un doute.

Dans notre contexte sous-régional en proie avec l’islamisme radical qui milite pour un Etat théocratique islamiste, combattre ce projet de PASTEF, est un devoir autant civique que religieux, pour préserver la nature républicaine et laïque de notre Etat, et la nature confrérique de l’Islam au Sénégal, qui fait toute sa spécificité, et qui en fait la cible des islamistes qui les prennent pour leurs ennemis jurés.

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL
Dakar le 26 Septembre 2021

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