Lars Vilks, le caricaturiste suédois de Mahomet, est mort dans un accident de la route

Swedish artist Lars Vilks at his home outside Hoganas in Sweden, Sunday May 16, 2010. Vilks, who had lived under police protection since his 2007 sketch of the Prophet Muhammad with a dog’s body brought death threats, died from a traffic accident Sunday, Oct. 3, 2021, Swedish news media reported. (Bjorn Lindgren/TT via AP)

Le véhicule du dessinateur, qui était accompagné de deux policiers affectés à sa protection, a percuté un camion circulant en sens inverse. La police suédoise écarte l’hypothèse d’un acte malveillant.

L’artiste suédois Lars Vilks, qui vivait sous protection après avoir dessiné le prophète Mahomet avec un corps de chien en 2007, a trouvé la mort dans un accident de la route en Suède, dimanche 3 octobre.

La police suédoise a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) la mort du dessinateur de 75 ans, et celle des deux policiers chargés de le protéger, dans un violent accident qui s’est produit dans le sud du pays. Elle a écarté l’hypothèse d’un acte malveillant.

« Cela fait l’objet d’une enquête comme n’importe quel accident de la route. Comme deux policiers sont impliqués, une enquête a également été confiée à une section particulière du parquet », a précisé un porte-parole de la police locale. Interrogé sur d’éventuels éléments suggérant une piste autre qu’accidentelle, ce dernier a répondu que non : « L’enquête serait orientée différemment si cela avait été le cas. »

Lire le portrait (édition abonnés) : Lars Vilks, caricaturiste plusieurs fois menacé
L’accident s’est produit dimanche après-midi sur l’autoroute E4, près de la commune de Markaryd. La voiture a percuté un camion circulant en sens inverse. Les deux véhicules ont alors pris feu « à la suite de la collision ».

Selon le quotidien Expressen, la voiture de police banalisée, qui roulait très vite, a traversé une glissière de sécurité pour une raison encore indéterminée avant de percuter le poids lourd. Le chauffeur du camion a été hospitalisé, selon la police.

Sorti indemne d’un attentat en 2015
Après la publication de son dessin de Mahomet en chien, qui suivait les caricatures danoises du prophète de l’islam publiées en 2005, Lars Vilks vivait sous protection de façon quasi ininterrompue, en raison de nombreuses menaces et agressions émanant d’islamistes.

Son assassinat a ainsi été planifié par l’Américaine Colleen LaRose, alias « JihadJane », qui aurait recruté des islamistes dans ce but, selon la justice américaine, avant d’être arrêtée en octobre 2009. En mai 2010, deux jeunes frères suédois d’origine kosovare tentent d’incendier sa maison avec des cocktails Molotov. Il ne s’y trouvait pas. En juin 2010, il est victime d’un coup de tête lors d’un débat à l’université suédoise d’Uppsala qui tourne au pugilat.

En septembre 2011, des centaines de personnes sont évacuées d’un bâtiment de Göteborg où est inaugurée la Biennale d’art contemporain : la police, qui a de fortes raisons de croire que M. Vilks va être attaqué, arrête quatre personnes.

Qui est Lars Vilks, supposée cible de l’attaque à Copenhague ?
Le 14 février 2015, un jeune Danois d’origine palestinienne avait ouvert le feu en tentant de faire irruption dans un débat sur la liberté d’expression à Copenhague, organisé après l’attentat meurtrier contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris. Lars Vilks, tête d’affiche de la réunion avec l’ambassadeur de France, s’en était tiré indemne, mais un réalisateur danois de 55 ans avait été tué. L’assaillant était ensuite parvenu à tuer un gardien juif devant la synagogue de Copenhague, avant d’être abattu lors d’un face-à-face avec la police danoise.

« Je ne suis pas un raciste fanatique, je n’ai pas de position politique. Je suis un artiste qui cherche les limites, qui veut trouver ce que l’on peut faire ou non, et là où il peut y avoir un débat », plaidait le dessinateur aux épaisses lunettes.

« J’essaie de garder mon sang-froid. Le bon côté des choses, c’est que les gens qui en ont après moi sont probablement mal équipés, ce sont des amateurs », confiait-il ainsi à l’AFP il y a onze ans.

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