L’ONU organise un sommet sur les systèmes alimentaires entaché de controverses Boycotté par des organisations de la société civile et des scientifiques

People sit with sacks of food and containers of cooking oil after it was distributed by the World Food Programme (WFP) at a site in the Afar region of northeastern Ethiopia Monday, Aug. 30, 2021. (Claire Nevill/WFP via AP)

L’ONU organise un sommet sur les systèmes alimentaires entaché de controverses
Boycotté par des organisations de la société civile et des scientifiques, ce rendez-vous, qui a pour but d’accélérer la réalisation des objectifs de développement durable, devrait donner lieu à des initiatives en ordre dispersé.

Par Mathilde Gérard

Des personnes avec des sacs de nourriture et des conteneurs d’huile de cuisson distribués par le Programme alimentaire mondial (PAM) dans la région d’Afar, dans le nord-est de l’Ethiopie, lundi 30 août 2021.
Des personnes avec des sacs de nourriture et des conteneurs d’huile de cuisson distribués par le Programme alimentaire mondial (PAM) dans la région d’Afar, dans le nord-est de l’Ethiopie, lundi 30 août 2021. CLAIRE NEVILL / AP
Dix-huit mois de débats, de consultations et un pré-sommet n’auront pas dissipé les critiques. Jeudi 23 et vendredi 24 septembre, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, convoque un sommet virtuel consacré aux « systèmes alimentaires », dans un climat fiévreux de controverses. Pendant une journée et demie, des chefs d’Etat, des ministres et des représentants des agences onusiennes devaient se succéder pour donner des signaux d’engagement, afin de transformer les systèmes alimentaires.

L’enjeu est de les mettre en accord avec les dix-sept objectifs de développement durable (ODD) pour 2030 – réduction de la pauvreté, faim zéro, égalité hommes-femmes ou encore protection des écosystèmes. Il y a urgence : la faim frappe près de 10 % de la population mondiale, un chiffre en hausse depuis plusieurs années ; les maladies chroniques liées à l’alimentation progressent dans de nombreuses régions ; et la production agricole est reconnue comme l’un des facteurs du réchauffement climatique, tout en étant une de ses victimes directes.

Présence d’entreprises privées au pré-sommet
Mais avant même la tenue de ce rendez-vous, de nombreuses voix dénoncent une initiative biaisée. Mi-août, le rapporteur de l’ONU sur le droit à l’alimentation, le Libanais Michael Fakhri, déplorait dans une note publique un manque de transparence dans la gouvernance du sommet et listait une série de mesures urgentes à prendre pour en faire un événement véritablement multilatéral. Le 22 septembre, le rapporteur a de nouveau pris la parole dans un message vidéo : « Le sommet est un échec, dénonce-t-il. (…) Il se présente comme un “sommet des peuples”, ce n’est pas le cas. Plus de 500 organisations représentant des millions de personnes ont essayé de participer aux instances préparatoires du sommet et ont constaté que leur voix était marginalisée. »

Lemonde

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