[Maouloud 2021]: Portrait 4/6- El Hadj Malick Sy: un génie littéraire créatif

Telle l’expansion de la lumière dans l’obscurité, El Hadj Malick Sy, fondateur de la maison religieuse de Tivaouane, est comme un phare dans un Sénégal sombre, sous domination coloniale, en proie à une crise à la fois morale et sociale. Par la flamme de ses écrits sur des connaissances certaines, il illumine un vaste boulevard massivement emprunté par des demandeurs de nourritures spirituelles voulant faire corps avec Dieu par le truchement de la « tarbiya » (enseignement) et de la « tarkhiya » (éducation).

El Hadj Malick Sy, né vers 1855 à Gaya, dans le département de Dagana, est l’un des plus brillants intellectuels de son époque et l’un des chefs religieux les plus respectés au Sénégal et ailleurs. De son apparition, vers 1890, comme pôle de référence de l’époque, à sa disparition, en 1922, ce savant musulman, familièrement appelé « Mawdo », s’impose comme l’un des panégyristes du Prophète Mouhamad (Psl) les plus reconnus de l’histoire. Ses écrits- avec une finesse d’esprit incomparable- et son âme habitée par la foi font de lui un maître à penser dont l’influence traverse les générations.

Dans le n° 87 des mémoires de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), Amar Samb nous apprend que « par l’originalité de son approche, faite de douceur, dans le formatage des esprits pour les amener à se conformer aux préceptes de l’Islam, El Hadj Malick Sy réussit à développer une pratique cultuelle épurée des scories du paganisme, du tribalisme et de l’inculture. Parvient-il ainsi à bâtir un modèle éducatif prônant l’ouverture, l’acceptation des différences, l’enracinement aux valeurs humanistes propres à la religion mais enrichies de l’héritage culturel africain ».

Tivaouane, en tant qu’école de pensée et espace d’interpellation intellectuelle, a, grâce à Mawdo, une offre spirituelle à faire valoir, car elle façonne un modèle de musulman et de citoyen plus conscient de sa place dans la société et de son rôle de vicaire de Dieu sur terre. Le saint homme dont la production littéraire est énorme, comme le souligne Amar Samb dans « Essai sur la contribution du Sénégal à la littérature d’expression arabe », fait sensation dans une langue « étrangère » : l’arabe. Sa maîtrise des saintes écritures, ses voyages d’études et ses apprentissages des livres de traditions prophétiques l’amènent à démontrer qu’à côté des poètes de l’Orient, un Noir du Sénégal est aussi capable de faire de beaux vers en usant de la langue du Coran.

Beauté et perfection du « Khilâç Zahab »

La beauté des poèmes « Houroufou Salatil Fatihi », « Ifhâmoul Mounkirou Jaani », « Zajr Ul Qulûb », « Wassilatoul Mouna » (Taysiir), entre autres, renseigne à suffisance sur « le génie créatif de ce maître spirituel dont les œuvres n’ont pas à pâlir devant les classiques de la littérature universelle comme la « Bourda » ou la « Hamziya » de Mouhamad Bousri », reconnaît-on dans ce document de l’Ifan. Pour le certifier, ouvrons son œuvre panégyrique majeure, le « Khilâç Zahab » (l’Or pur), plus connu sous le nom de « Mimiya ». C’est un poème de 1058 vers en l’honneur de l’Apôtre (Psl). La beauté de cette ode ne cesse d’aiguiser l’imaginaire et la créativité des chanteurs religieux qui la déclinent dans des répertoires divers, toujours plus originaux les uns que les autres.

Donc, le « Khilâç Zahab », vieux de plus de 100 ans, reste ce beau texte lyrique à la gloire du Messager de l’Islam (Psl). D’ailleurs, dans « Ya Man Ata », son premier successeur, Khalifa Ababacar Sy, lui rend hommage pour cette « œuvre gigantesque qu’aucun être humain n’a jamais produite sur le Prophète Mouhamad (Psl) ». Là, El Hadj Malik Sy part du moment où l’Envoyé de Dieu (Psl) n’est que lumière, ensuite en parle en tant qu’être humain investi d’une mission salvatrice et, enfin, comme sauveur de l’Humanité. La beauté, le charme et la perfection du poème mettent en exergue la dimension intellectuelle et l’aspect inégalable de cette œuvre colossale qu’est le « Khilâç Zahab », un trésor légué au monde musulman par Mawdo.

Ainsi, le fondateur du Gamou au Sénégal tape-t-il dans l’œil de beaucoup de ses contemporains qui ne tarissent pas d’éloges sur ses qualités intellectuelles. Ils sont unanimes à soutenir que quiconque se penche sur les œuvres de « Mawdo » aura la certitude qu’il fait partie des hommes de Dieu (Kummal al-rijâl) ayant reçu la grande ouverture divine (Al-maftûh alayhim). Paul Marty, administrateur colonial, dit : « Malick Sy est le plus instruit et le mieux à rendre clairement ce qu’il a acquis (…) Il écrit avec une simplicité et une élégance que l’on pourrait souhaiter à beaucoup d’écrivains arabes. Malick Sy est l’homme le plus lettré de tous ses contemporains et a le plus d’aisance à dispenser son savoir avec un style très simple : c’est un homme sans faute ».

Talent poétique

Pour Sidi Ahmad Sukayrij, auteur du répertoire des noms qui ont fait l’histoire de la Tidianiya, « parmi ceux qui ont brillamment écrit et composé, de manière bénéfique, sur la Tidianiya, il y a El Hadji Malick. Il a éclairé l’élite, comme le commun des mortels, en levant le voile sur les connaissances ». Cheikh Saad Bouh, chef religieux khadre, ajoute : « Je m’adresse à celui qui, dans le domaine du savoir, dépasse tous ses contemporains. Les âmes se réjouissent du savoir qui sort de ta bouche ; ta présence d’esprit et ton calme ont suscité en moi estime et considération (…) ton savoir dépasse assurément les deux étoiles de la septième couche céleste. Et tout savant qui se mesure à toi perdra son prestige ».

El Hadji Malick Sy est indéniablement dans le peloton des poètes religieux au Sénégal. En effet, lisons, après son « Khilâç Zahab », son « Diwan », riche de 51 poèmes pour un total de 5385 vers consacrés à des louanges au Prophète Mouhamad (Psl), à Cheikh Ahmad Tidiane, mais aussi à ses maîtres, à des sujets sur la vie, la vieillesse et la mort, à des chants funèbres, à la prosodie, etc.

D’ailleurs, c’est là que se trouve la célèbre « Nunniya », une très belle ode où El Hadji Malick Sy se révèle peintre, lexicologue, philologue et mystique. Ses écrits (discours, sermons et poèmes), empreints d’un lyrisme dont il a seul le secret, sont une œuvre féconde et variée dont le Sénégal peut s’enorgueillir pour autant et aussi longtemps que l’on parlera, sur terre, des belles lettres de la littérature d’expression arabe. « Le nombre de livres rédigés par Mawdo ne saurait être contenu dans une pirogue », aimait à dire le chanteur religieux El Hadj Mbaye Dondé Mbaye.

Cette assertion donne une idée du patrimoine littéraire, de l’héritage livresque laissé par El Hadj Malick Sy en matière de sciences. Poète doublé de savant, il a écrit et enseigné dans les domaines de la Charia (Droit musulman), du Fiqh (jurisprudence islamique), du « Balâ’ha » (rhétorique), du « Nahwou » (grammaire) et de « Ilmoun-noudjoumi » (astrologie).

Cheikh Aliou AMATH et Ndiol Maka SECK

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DR SEYDI DIAMIL NIANE, CHERCHEUR A l’IFAN

« L’œuvre littéraire d’El Hadj Malick Sy est multidimensionnelle »

Chercheur au Laboratoire d’islamologie de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), Dr Seydi Diamil Niane analyse l’œuvre littéraire d’El Hadj Malick Sy dans cet entretien. L’auteur du livre « La voie d’intercession du Prophète dans la poésie d’El Hadji Malick Sy » en donne une lecture plurielle qui ne traduit que l’étendue des connaissances de cet érudit.

Entretien réalisé par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Pourriez-vous nous faire la photographie de l’œuvre d’El Hadj Malick Sy ?

Beaucoup associent l’œuvre d’El Hadj Malick Sy à la « sira », à la biographie du Prophète Mouhamed, au « Khilaçu zahab ». Cette œuvre est l’une de ses productions les plus accomplies. Elle retrace la biographie du Prophète, de la lumière mouhamédienne à son enterrement. Il y fait même de l’anthropologie historique. Le « Khilaçu zahab » est, pour moi, un manuel de critique historique axé sur la biographie du Prophète. En réalité, à travers celle-ci, il nous explique comment on fait l’histoire, la méthodologie du récit historique. C’est pourquoi il ne faut pas réduire le « Khilaçu zahab » à une simple biographie du Prophète sur lequel il a beaucoup écrit par ailleurs. Il en a fait de même sur la Tijaaniya. On peut en citer « Fakihatu Tulâb » qui a été traduit par Rawane Mbaye. Cette œuvre s’intéresse à la doctrine et aux pratiques du Tidianisme. Il y a aussi son dernier livre écrit en prose, « Ifhâm al-munkir al-jânî » (Réduction au silence du négateur) essentiellement axé sur la Tijaaniya, sur son histoire, sa litanie, ses divergences. Bien qu’en prose, on y trouve quelques fragments de poésie comme avec « Kifâya ar-râghibîn ». Ce qui donne un peu plus d’originalité à son œuvre. Il a aussi fait l’éloge de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif ou d’illustres figures comme El Hadj Oumar Tall…

Le génie poétique d’El Hadj Malick Sy s’exprimait, quelquefois, spontanément. Quelqu’un vient lui rendre visite, il écrit un poème. Il veut parler à son épouse, il en produit. Par exemple, il a composé un magnifique poème pour parler de son épouse Rokhaya Ndiaye, la mère de Serigne Babacar Sy, en lui disant : « Jardin de mon cœur, prunelle de mes yeux, ô mon intime désir, place ta confiance au Seigneur qui a créé les montagnes… ». Parfois, ce sont des conseils qu’il donnait à ses cousins, aux disciples…

Son œuvre est immense, transversale, multidimensionnelle. Une bonne partie de son œuvre est purement didactique. Par exemple, il a écrit un manuel didactique d’apprentissage. Quelles sont les matières à apprendre ? Comment choisir le maître ? Comment se comporter avec ce dernier ?… Il y parle des vertus du débat contradictoire. Sa plume féconde a exploré l’héritage, une œuvre peu connue, la prosodie, le soufisme, le ramadan…

Il semble qu’il était un magnifique prosateur au-delà de son génie poétique…

Absolument. El Hadj Malick était un excellent prosateur. « Kifâya ar-râghibîn » (Ce qui suffit aux aspirants), une critique des pratiques que certains faisaient au nom du soufisme, de tout ce qui est contraire à l’orthodoxie sunnite, en témoigne largement. Il y critique toute conception hétérodoxe du soufisme. Il a dit dans un vers que tout ésotérisme non conforme à la charia est égarement. « Ifhâm al munkir al-jâni » (Réduction au silence du négateur), une réponse à ceux qui critiquent la Tijaaniya, est aussi un témoignage éloquent de ses talents de prosateur. Il ne s’agit ici que d’une photographique partielle qui ne saurait rendre compte de l’immense œuvre d’El Hadj Malick Sy.

Comment appréciez-vous son style d’écriture ?

Cela dépend du texte. Par exemple, dans « Khilaçu zahab », il y a beaucoup d’intertextualités. Pour les écrits didactiques, il donne les références contrairement aux panégyriques ou à l’éloge funèbre par exemple. Il a écrit des poèmes que n’importe quel arabisant peut comprendre sans grande difficulté. Toutefois, il y en a d’autres dont la compréhension n’est pas évidente même si on a un doctorat en langue arabe dans la plus grande université du monde. Non seulement c’est de l’arabe ancien, mais il y a beaucoup de jeux de mots. Une partie de sa poésie est accessible, surtout celle-là didactique, mais une autre, comme celle ayant trait à la métaphysique est, quelquefois, hermétique. Il faut en saisir le contexte et la relation mystique pour percer cette poésie.

En tant que chercheur, pensez-vous que l’œuvre intégrale de « Mawdo » est connue ?

Non ! Je crois qu’il y a une partie qui n’est pas connue. Je suis même sûr qu’il y a des choses qu’on a perdues, surtout ce qu’il a écrit de manière spontanée. C’est un peu la même chose avec beaucoup d’érudits. Même ce qui existe est peu connu. C’est pourquoi Tivaouane doit s’employer davantage à valoriser et à vulgariser l’œuvre de ses érudits parce qu’il y a de la matière.

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Mawdo et le mawlid

L’importance qu’Elhadji Malick Sy accordait au mawlid est très connue. D’ailleurs, d’après l’affirmation d’Elhadji Rawane Mbaye, Elhadji Malick Sy aurait été parmi les premiers à introduire le mawlid au Sénégal. À cette occasion, les disciples de Mawdo répondent à l’appel de leur maître qui leur disait en mètre ṭawîl : « Pour la quête des grâces divines, célébrez la nuit du mawlid. Seulement si cette célébration ne vous pousse pas vers l’interdit. » Dans le mawlid, tel qu’Elhadji Malick Sy l’a enseigné, les adeptes prient abondamment sur le Messager, le glorifient la plupart du temps en psalmodiant les poèmes d’amour que le maître avait composés en l’honneur du Prophète, en étudiant sa vie, sa réalité métaphysique, et surtout… en incitant les disciples à s’abreuver de l’océan d’amour prophétique que Mawdo aurait traversé et tenté de faire traverser les disciples par la poésie. La quasi-totalité des pratiques que nous venons de souligner, et qui sont pratiquées pendant les jours du mawlid, rappelons-le, font partie des démarches qu’entreprenait Elhadji Malick Sy dans la quête d’intercession du Prophète.

Et comme le démontre le vers que nous venons de citer, la célébration de la naissance du Prophète, pour notre poète, ne doit en aucun cas être une source de commission d’une quelconque interdiction religieuse. Il faut rester dans la Sunna. En vrai, nous pensons que si jamais un retour parmi les hommes lui avait été donné, Elhadji Malick aurait été très critique par rapport à la façon dont le mawlid est célébré par beaucoup de ceux qui, aujourd’hui, se réclament de lui. « Le voyage mystique, souligne un auteur contemporain, ne peut se faire que sur les traces du Prophète. » Elhadji Malick Sy, à l’image d’un Dhû al-Nûn al-Miṣrî (m. 859) ou d’un Junayd (m. 911), ne dit pas autre chose. Il faut rester dans la Sunna.

Que s’est-il vraiment passé la nuit de la naissance du Prophète ? Le jour où la Lumière primordiale, comme aiment le dire les soufis, aurait pris corps pour que le mawlid mérite d’être célébré ? Beaucoup de légendes sont relatées dans les hagiographies du Prophète. Elhadji Malick Sy en parle en mètre basîṭ : « En provenance d’êtres invisibles, l’annonce de la Bonne nouvelle de la naissance s’est répercutée partout. À sa naissance, s’effondrèrent les idoles et se déclenchèrent les météores jetant aux djinns des projectiles. Les colonnes des palais des rois furent ébranlées ainsi que les fondations de la Kaaba, trois jours durant sans interruption. Elle s’inclina sur ses angles jusqu’à se prosterner afin d’honorer celui qui mérite égard et respect. À sa naissance, le mortier vola en éclats. Cette destruction fut mystérieuse pour tout son peuple. Les balcons du Sanctuaire s’effondrèrent, la grande salle de Chosroês se détruisit, l’eau sécha et le feu s’éteignit. »

Peu importe la vérité historique de toutes ces déclarations. Ce qui nous intéresse ici est de saisir la raison pour laquelle le mawlid avait une telle importance aux yeux d’Elhadji Malick Sy qui, d’ailleurs, déclarait que le fait de se lever lorsqu’on parle de la naissance du Prophète est un acte louable. Nous ne pouvons pas conclure ce chapitre sans citer un de ses vers de Riyy al-ẓam’ân où, noir sur blanc, Elhadji Malick Sy souligne que la célébration du mawlid est une cause d’acquisition de bienfaits divins, une médiation pour la réalisation des vœux. En mètre wâfir, il dit : « Son mawlid est source de noblesse et de bienfaits divins. C’est en le célébrant que les vœux se réalisent. »

(Extrait du livre « La voie d’intercession du Prophète dans la poésie d’El Hadji Malick Sy » de Seydi Diamil Niane)

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ÉCOLE DE TIVAOUANE

L’enseignement d’un mysticisme à hauteur d’homme

Au terme d’études aussi longues que diversifiées, auxquelles s’ajoutent l’étude du « Grand Livre du Monde » dont parle Descartes et ses voyages à la Mecque, en Égypte et en Chine, El Hadj Malick Sy devient un authentique intellectuel apte à accomplir sa mission basée sur le mysticisme. Dans ses écrits, où il énumère les « clés de la maison de Dieu » qui sont, selon lui, « la discrétion, la solitude et la prière », il conseille de « s’éloigner du bavardage inutile et des commérages, d’éviter le mélange avec la foule en se consacrant à l’action créatrice, de se prémunir des tentations maléfiques de Satan en pensant en permanence à Dieu ». Voilà tout le sens de son mysticisme.

Dans un Sénégal colonisé, où l’on vit une crise morale et sociale, El Hadj Malick Sy se propose, depuis Tivaouane, de rééduquer l’homme et de le remettre sur la voie droite. Déjà, il s’est préparé à cette œuvre d’envergure en mémorisant intégralement le Coran à son jeune âge. Dans sa 30ème année, les sciences ne sont plus un secret pour lui. Il reçoit de son Créateur un grade suprême, enviable et envié, celui de « Pôle de référence de l’époque ». Il lui incombe donc la mission de faire essaimer la Tidianiya vers des zones où l’homme religieux n’est pas le bienvenu pour des autochtones encore peu réceptifs à la Bonne Parole. Il doit les délivrer aussi bien du mal que des forces du mal.

Alors s’appuie-t-il sur ses « Moukhadams », une élite déjà formée dans ses « daaras » (écoles) de Saint-Louis et Ndiarndé, pour élargir le cercle des fidèles par la construction de mosquées, la multiplication des centres d’enseignement et le culte du travail licite partout au Sénégal. Hommes de vertu et de foi, ayant le goût du travail bien fait et dotés d’un esprit de méthode, des érudits de la stature de Tafsir Abdou Birane Cissé de Pire, El Hadj Amadou Lamine Diène de Dakar, Serigne Hady Touré de Fass-Touré et El Hadj Rawane Ngom de Mpal utilisent leurs talents de meneurs d’hommes dans un pays où l’on a besoin d’un éveil des consciences.

Ces « Moukhadams », illustres connaisseurs du droit islamique et du saint Coran, mais aussi grands producteurs, s’emploient, sous Mawdo Malick et Serigne Babacar Sy- le premier Khalife- à véhiculer le message divin et à donner le goût du travail à leurs semblables. Ainsi, Thierno Alioune Kandji (Diourbel), El Hadj Abdou Kane (Kaolack), Serigne Alioune Guèye (Tivaouane), El Hadj Abas Thioub (Bargny), Alassane Mbaye (Diobass), Tamsir Sakho (Rufisque), Serigne Omar Ngaye Ndiaye (Thiès) réussissent-ils à introduire l’Islam, la Tidianiya et le travail licite partout dans le pays.

Artisans de la large diffusion du « Salatoul fatiha », les « Moukhadams » révèlent El Hadj Malick Sy dont l’œuvre est toujours parcourue sans être épuisée. L’entreprise confiée à ces maîtres de la « tarikha » tidiane par le saint homme de Tivaouane ne finit pas d’étonner au Sénégal et ailleurs où naissent mosquées et « zawiya » d’où fuse toujours la Bonne Parole, celle de Dieu.

Cheikh Aliou AMATH et Ndiol Maka SECK

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