Pape Maël Thiam livre ses vérités sur la tournée économique du Président Macky SALL



Pape Maël Thiam livre ses vérités sur la tournée économique du Président Macky SALL

L’administrateur de l’Alliance pour la République (Apr) et par ailleurs premier vice-président du haut conseil des collectivités territoriales ( hcct) a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi Fm, Maël Thiam, est revenu sur la tournée économique du chef de l’Etat, la non structuration de l’Apr, entre autres, sujets. Morceaux choisis.

Le président Macky Sall a récemment fait une tournée économique que d’aucuns qualifient de campagne électorale. Quel enseignement tirez-vous de ce qui a été dit et de ce qui a été fait?

Moi je commencerai d’abord par faciliter le président de la République et toutes les populations qui se sont mobilisées pour lui réserver un accueil. Dire qu’il s’agit d’une opération politique bon ça dépend de celui qui parle. Mais, je ne pense pas les populations qui ont bénéficié de l’inauguration de la route Fatick-Kaolack puissent interpréter cette tournée sous cet angle-là. Il s’agit de quoi? Il s’agit d’un président de la République qui avait dès le début de sa magistrature entamé des conseils de ministre décentralisés, qui avait, après avoir diagnostiqué la situation de certaines localités, fait des promesses par la suite a élaboré des projets qui ont été mis en œuvre, qui ont été réalisés. Je pense qu’il est important pour lui de voir l’état de ces réalisations. Maintenant qu’on l’interprète comme une campagne déguisée ça dépend de celui qui parle. Je pense que les populations ont manifesté leur fierté, leur satisfaction. On ne peut pas empêcher les populations de venir accueillir leur président. Pour nous c’est une grande fierté. Figurez-vous si rien n’avait été fait dans ces localités là mais il y aurait pas du tout cette foule immense qui a tenu à manifester sa joie à l’endroit du président Macky Sall. Vous savez au Sénégal les élections se succèdent et je me demande à quel moment le président de la République pourra effectuer une tournée sans que ça soit à l’approche d’une élection. Donc, soit le président ignore totalement l’intérieur du pays en restant confiné au palais. Des critiques beaucoup plus acerbes seraient adressées à son endroit ou alors il va à la rencontre des populations et je pense que ça n’a fait que créer de la joie.

Le sujet politique a été abordé à Kaffrine où le président Macky Sall a invité les populations à voter massivement pour lui et à ses collaborateurs de travailler main dans la main ?

Vous savez ça me fait penser à une chose. Une fois lorsque j’étais directeur général du programme canadien d’appui aux entreprises, nous avons un conseil d’administration qui est composé d’entrepreneurs. Et donc, il s’était produit une situation où un entrepreneur était obligé d’abandonner les activités au profit de celles de son entreprise. Les autres le critiquaient mais il leur a rétorqué que s’il est membre du conseil d’administration c’est parce qu’il a une entreprise. Pour répondre à votre question mais le président de la République c’est aussi le président de l’Apr et de Benno Bokk Yakaar (BBY). Aujourd’hui, nous nous appuyons sur sa clairvoyance pour pouvoir poursuivre le déploiement de l’Apr et de BBY. Aujourd’hui nous avons l’ambition de remporter si ce n’est la totalité des localités à l’occasion des prochaines élections locales ou au moins une majorité écrasante. Et lui étant notre chef de guerre, il n’y a rien qui lui interdit d’appeler à la cohésion derrière BBY qui est son bras armé politique. Donc, l’annonce ce n’est pas gênant et ce qui est important c’est ce qu’il est allé faire. Et ce qu’il est allé faire c’est ça qu’attendent les populations c’est-à-dire inaugurer des hôpitaux à Kaffrine et à Kédougou. Ce qui ne pouvait même pas être du domaine du rêve parce que quand on regarde la cartographie sanitaire du Sénégal ce sont des régions qui ont été laissées pour compte. Je crois que c’est ça qui est le plus important et je pense que c’est ce que les populations ont plus retenus.

On va vers une implosion de BBY lors des prochaines élections locales. A cause des investitures certains ont déclaré leurs candidatures et d’autres s’y apprêtent. Est-ce que vous avez des craintes pour cette coalition et votre parti qui n’est pas encore structuré ?

Je vais répondre en considérant qu’il s’agit de deux questions. Une éventuelle implosion de BBY et la structuration de l’Apr. S’agissant des investitures, je pense que c’est l’histoire qui se répète même si les contextes ne sont pas les mêmes. Et je rappelle que les contextes ne font qu’interpeller notre capacité à déployer une stratégie adéquate. Mais, nous avons la même configuration. C’est normal parce que nous avons une organisation humaine et pas des ordinateurs. Nous sommes une organisation humaine avec des femmes et des hommes qui, étant dans la même structure ont le droit d’avoir des ambitions. Et ces ambitions qui habitent les uns et les autres sont plus ou moins traités en fonction de la capacité de chacun de savoir gérer ses émotions. Donc, les remous que nous voyons sont tout à fait normaux dans une organisation humaine. Au contraire pour moi à chaque fois qu’il y’a des situations comme ça je suis content parce que je me dis que c’est la preuve de la vitalité de notre organisation. Jamais dans l’histoire du Sénégal une coalition n’a fait autant de temps, 8 ans. Et à chaque fois qu’on s’approche des élections il est tout à fait normal maintenant ce qui est important c’est notre capacité à transcender ces petites divergences. Et nous avons suffisamment d’expertise et d’expérience pour transcender ces divergences (…).

Comment analysez-vous les menaces du président Sall contre ceux qui désirent partir avec une liste parallèle à celle BBY?

C’est tout à fait normal parce que quand on fait partie d’une organisation qui est régie par des statuts et règlement intérieur, on a l’obligation de se plier aux directives indiquées conformément aux statuts et règlement intérieur. Et pour moi ce ne sont pas des menaces mais un rappel au respect des statuts et règlement intérieur. (…) les décisions du président de la République sont des décisions très complexes. Maintenant on peut les analyser contextuellement et dire que c’est une sanction à la suite d’élections ou pas. Mais je pense que le président est dessus de ces aspects-là. Il prend des décisions en fonction de la demande populaire, en fonction des exigences de développement.

Et pour l’aspect de la structuration de l’alliance pour la République ?

Cette question est souvent évoquée et j’interpelle surtout les experts, les politologues mais surtout les étudiants en science politique. Nous avons pour la première au Sénégal une organisation politique inédite sans précédent dans son format mais également dans son histoire et également dans son historicité. Un parti à peine créé dans sa phase de croissance très proche de sa phase de lancement accède au pouvoir. Qui est-ce qui se passe ? Vous savez que le pouvoir va créer de l’attraction. Donc, la massification se fait de manière très accélérée. Alors question purement stratégique. Est-ce qu’il faut dès son lancement procéder à une structuration verticale, imposer quelque part des personnalités dans des localités tout en sachant qu’on n’a pas atteint un seuil critique de massification avec le risque de créer de la réticence d’autres personnalités politiques avec une bonne assise politique et qui seraient tentées de nous rejoindre du fait de l’attractivité du pouvoir et de s’exposer à une limite de notre déploiement sociologique. C’est un choix que nous avons fait. Nous avons dit que dans ce contexte là mais également combiné au constat que tous les partis politiques qui ont commencé leur structuration verticale au Sénégal ont tout de suite enclenché leur déclin. C’est pourquoi nous avons opté pour une stratégie très intelligente de massification horizontale qui a marché mais aussi en nous focalisant sur des stratégies gagnantes pour les élections. Et aujourd’hui notre stratégie marche et maintenant que nous avons atteint notre phase de “maturité” nous sommes en train de réfléchir sur quelle stratégie correspond le mieux à ce stade du cycle de vie de notre organisation. Et c’est normal dans ces conditions qu’il ait des divergences parce que chacun se dit qu’il est le patron de sa localité mais au tout cela se fait au sein du parti et au sein de BBY et tant que ça ne pose pas de problème en terme d’abandon ce qui nous revient nous le faisons très bien avec la clairvoyance du chef de l’Etat et nous gagnons toutes les élections auxquelles nous participons.

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