Poursuites des crimes internationaux: Des acteurs saluent les progrès réalisés en Afrique de l’Ouest

Les Fondations Konrad Adenauer et Wayamo organisent, depuis hier, à Dakar, une conférence internationale sur « Justice pour les crimes internationaux : enjeux et stratégies en Afrique de l’Ouest et ailleurs ». Cette rencontre de deux jours permettra aux différents acteurs d’évaluer les efforts en matière de justice contre les crimes internationaux et se projeter sur le futur de la justice internationale dans cette partie du continent africain.

Dakar abrite, depuis hier, une conférence internationale sur le thème : « Justice pour les crimes internationaux : enjeux et stratégies en Afrique de l’Ouest ». Au moment où se tient cette rencontre, en présence de l’ancienne Procureure de la Cour pénale internationale (Cpi), Fatou Bensouda, et du Secrétaire général adjoint des Nations unies, Serge Brammertz, se déroule au Burkina Faso le procès contre les présumés assassins de l’ancien Président Thomas Sankara, 34 ans après les faits. La preuve, selon Serge Brammertz, que « le facteur temps » joue aussi un rôle très important en matière de crime international.

Dans d’autres pays de la sous-région, des enquêtes sont en cours sur des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. C’est le cas au Mali ou en Côte d’Ivoire où des enquêtes sur des crimes sont en cours. En Gambie, une Commission vérité, réconciliation et réparation a été mise en place pour enquêter sur les crimes et violations graves commis entre 1994 et 2017 sous le régime du Président Yahya Jammeh. Ce qui fait dire à Bettina Ambach, Directrice de la Fondation Wayamo, que « les efforts pour poursuivre les auteurs de crimes internationaux ont progressé ces dernières années » en Afrique de l’Ouest.

« Malgré les efforts notés », ajoute le Secrétaire général du ministère de la Justice, Aïssé Gassama Tall, des défis restent encore à relever. Cependant, poursuit-il, la « situation préliminaire » en Guinée, avec le dernier coup d’État qui a emporté le régime d’Alpha Condé, reste une préoccupation à ne pas négliger. « La lutte contre l’impunité passe inévitablement par le renforcement des institutions judiciaires nationales pour que celles-ci puissent connaître les crimes internationaux, d’autant plus que la compétence de la Cpi dépend essentiellement d’un principe sacro-saint : le principe de subsidiarité et de complémentarité. Elle ne peut enquêter et poursuivre que lorsque le manque de volonté ou l’incapacité d’un État est manifeste », explique le Secrétaire général venu représenter le Ministre de la Justice. Pour Bettina Ambach, des « inquiétudes » demeurent malgré les nombreux efforts réalisés en matière d’enquête sur les crimes internationaux. En Côte d’Ivoire, en dépit de l’enquête sur les crimes contre l’humanité commis lors des élections ayant conduit à l’arrestation de Laurent Gbagbo, la Directrice de la Fondation Wayamo indique que « les poursuites judiciaires contre un seul camp » restent une préoccupation.

En Gambie, la coalition annoncée entre le Président Adama Barrow et le parti de son prédécesseur Yahya Jammeh fait peur. Pour certains militants des droits humains, cette coalition constitue une menace sur la suite à donner au rapport de la Commission vérité, réconciliation et réparation, qui a presque bouclé son travail d’enquête sur les crimes dont on accuse l’ancien président gambien. Cependant, les autorités judiciaires de ces différents pays sont appelées à agir. L’Ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Sénégal, Sönke Siemon, rappelle, par ailleurs, qu’il incombe aux États, par le biais de leurs juridictions nationales, d’enquêter sur les crimes internationaux commis sur leurs territoires.

Aliou Ngamby NDIAYE

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