Présidentielle 2022 : la majorité se projette déjà dans l’après-Macron

(From L) French Education, Youth and Sports Minister Jean-Michel Blanquer, French deputy Marie Guevenoux, LREM Pau's Mayor and president of French centrist party MoDem (Mouvement Democrate) centrist party Francois Bayrou, LREM party's head Stanislas Guerini, French Prime Minister Jean Castex, French president of national assembly Richard Ferrand, French Junior Industry Minister Agnes Pannier-Runacher, National Assembly La Republique En Marche (LREM) parliamentary group President Christophe Castaner, French Junior Minister of Public Action and Accounts Olivier Dussopt, French Junior minister for Biodiversity Berangere Abba and French minister for European affairs Clement Beaune stand at the end of during the summer 'University' called "Campus 2021" organised by presidential party LREM (La Republique en Marche) in Avignon, southern France, on October 3, 2021. (Photo by Nicolas TUCAT / AFP)

Présidentielle 2022 : la majorité se projette déjà dans l’après-Macron
Alors que l’ancien premier ministre Edouard Philippe lance son propre parti, vendredi et samedi au Havre, les grandes manœuvres sont en cours entre La République en marche et le MoDem pour l’après-2022.

Les ténors de La République en marche, réunis lors du campus de rentrée du parti à Avignon, le 3 octobre 2021.
Les ténors de La République en marche, réunis lors du campus de rentrée du parti à Avignon, le 3 octobre 2021. NICOLAS TUCAT / AFP
Officiellement, l’heure est à « l’humilité ». En public, les macronistes assurent ne pas croire le match plié à l’avance pour l’élection présidentielle de 2022. « Rien n’est jamais acquis », a prévenu le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, dimanche 3 octobre, lors du campus de rentrée de La République en marche (LRM), à Avignon. Une piqûre de rappel jugée nécessaire pour mobiliser les troupes. Car en coulisses, un climat d’euphorie règne au sein de la majorité. Alors que la gauche, la droite et même l’extrême droite apparaissent divisées à six mois du scrutin élyséen, de nombreux députés et ministres voient déjà Emmanuel Macron réélu, en se basant sur les sondages, où le chef de l’Etat est crédité invariablement de 24 % à 26 % des intentions de vote au premier tour.

Avant même l’annonce de candidature de ce dernier, ces fidèles se projettent déjà dans « l’après », en partant du principe que l’actuel favori sera bien le vainqueur final. D’autres, plus cyniques, jugent que, dans tous les cas de figure, que M. Macron l’emporte ou soit battu lors du scrutin des 10 et 24 avril 2022, une inévitable guerre de succession démarrera au soir de son échec ou au lendemain de sa victoire, l’actuel président de la République ne pouvant pas exercer le pouvoir plus de deux mandats consécutifs. « Le jour où Macron est réélu, tout le monde sait qu’il appartiendra dès le lendemain au passé, c’est comme ça », tranche un porte-parole du groupe LRM de l’Assemblée.

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Qu’adviendra-t-il alors de la majorité actuelle en cas de réélection ? Sera-t-elle absolue, comme en 2017, ou plurielle, articulée sur de nouvelles forces avec lesquelles il faudra davantage composer ? Les responsables de la majorité ont déjà lancé les grandes manœuvres, dans une lutte d’influence souterraine, visant à les placer dans la situation la plus favorable possible au lendemain de la présidentielle. Avec en ligne de mire la préparation des législatives de juin 2022 et même… la présidentielle de 2027. « Je n’ai jamais vu ça, on attaque une présidentielle en pensant à la suivante, s’agace le patron des sénateurs LRM, François Patriat. Tout le monde se positionne en se disant qu’Emmanuel Macron sera réélu. Mais il faut se souvenir d’où l’on vient. Tout peut arriver. »

Rivalité montante entre Bayrou et Philippe
Depuis la fin de l’été, les poids lourds de la majorité ont relancé l’idée de construire une « maison commune », afin de rassembler sous la même bannière les différentes forces pro-Macron, à commencer par ses deux piliers, LRM et le MoDem. Mandatés par l’Elysée, Richard Ferrand et le chef de file du parti centriste, François Bayrou, posent les jalons d’une « coopérative », sorte d’union au centre, qui permettrait de formaliser l’alliance électorale de 2017 entre le parti présidentiel et son principal allié. « C’est un mariage en forme de pacte de non-agression, afin de tuer les velléités de se bouffer les uns et les autres, au lendemain de la présidentielle », résume un cadre du MoDem.

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