REVUE DE PRESSE AFRIQUE À la Une: Roch Marc Christian Kaboré assoit son pouvoir

Après son coup KO au premier tour, réélu à près de 58 %, le président du Burkina Faso fait coup double, avec un bon score aux législatives, dont les résultats ont été annoncés samedi. Ce lundi, donc, la presse burkinabè fait le point : « Arrêtons-nous d’abord sur la présidentielle, relève le quotidien Aujourd’hui. Il y a quelques raisons à ce 1er tour KO : l’opposition a battu campagne sur le bilan mitigé du président sortant en matière de lutte contre le terrorisme. “5 ans d’insécurité, ça suffit”, c’était son slogan de campagne. Soit. Sauf que de plus en plus de nombreux Burkinabè sont convaincus que ce terrorisme-là ne se neutralise pas du jour au lendemain. » En fait, pointe Aujourd’hui, « le corps électoral a préféré continuer avec celui qui a déjà agi, même si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. »

Pour ce qui est des législatives à présent, poursuit Aujourd’hui : « le MPP, le parti présidentiel n’a pas obtenu la majorité pour se passer des services de partis alliés. Mais tout compte fait, le parti présidentiel sait qu’il peut compter sur des partis qui n’ont jamais fait mystère de leur tropisme pour la formation au logo du soleil levant. »

Pas de blocage au Parlement
Bref, « la majorité parlementaire sera facile à trouver », relève L’Observateur Paalga. « Comme en 2015, le MPP est donc contraint de nouer des alliances pour se tailler la majorité parlementaire, mais cette fois-ci, l’exercice sera moins difficile et moins douloureux que par le passé : en effet, avec le NTD (13 sièges), le MBS (4 sièges), l’UNIR/PS (3 sièges) et le PDC (3 sièges) pour ne citer que ces membres de l’Alliance des partis de la majorité parlementaire, le MPP est parti pour rempiler au niveau du perchoir. »

Résultat, commente WakatSéra, « si pas de bourrasque imprévue du côté de ceux qui font les lois, Roch Marc Christian Kaboré pourra donc gouverner sans crainte d’un quelconque blocage venant du Parlement. »

Et il va avoir du pain sur la planche, note le site burkinabè : « L’insécurité, le chômage, la gestion du Covid-19, les affres de la vie chère, les effets dévastateurs de la petite comme de la grande corruption, l’accès difficile à l’eau potable et à l’assainissement, en somme l’aspiration de plus en plus forte des Burkinabè à un mieux-être, sont des défis dont le président du Faso a mesuré l’ampleur durant son premier quinquennat. Et auxquels il doit pouvoir apporter les remèdes idoines lors de son second mandat, pour lequel il a toutes les cartes en main. »

Une volonté de stabilité
Le Monde Afrique fait peu ou prou la même analyse que la presse burkinabè : « La réélection au premier tour du président Roch Marc Christian Kaboré, élu en 2015 après l’insurrection populaire qui avait mis fin à 27 ans de pouvoir sans partage de Blaise Compaoré, cette réélection traduit la volonté de stabilité dans ce pays en proie au terrorisme islamiste. […] Réélu après avoir promis de “ramener la paix”, le président Kaboré doit d’abord restaurer l’autorité de l’État, pointe Le Monde Afrique. Une tâche à laquelle les militaires français de l’opération Barkhane, dont la présence n’a été contestée par aucun des candidats à la présidentielle, peuvent contribuer. Mais Roch Marc Christian Kaboré devra aussi désamorcer la dangereuse spirale de violences déclenchée par l’enrôlement, à son initiative, de groupes d’autodéfense, souvent constitués sur une base ethnique. Il n’y parviendra pas sans une action déterminée pour restreindre le rôle des civils dans la lutte contre les djihadistes, pour lutter contre les abus des militaires et pour régler les conflits fonciers. Tout cela, constate encore Le Monde Afrique, dans un pays secoué par la crise due au Covid-19 et où un habitant sur dix souffre de la faim. L’autorité que lui confère la réussite d’une improbable présidentielle ne sera pas de trop face à ces défis vitaux pour le Burkina Faso, un pays dont dépend largement la stabilité de l’Afrique de l’Ouest. »

Éthiopie : l’espoir d’une paix rapide ?
À la Une également, le conflit en Éthiopie : les forces gouvernementales affirment avoir pris le contrôle de Mekele, la capitale du Tigré. L’information est à la Une de la presse éthiopienne.

The Reporter Ethiopia appelle désormais à l’instauration d’une paix rapide et à l’apaisement politique : « Une fois la campagne [militaire] en cours terminée, l’Éthiopie doit entreprendre une reprise rapide et avancer à plein régime pour s’extirper de la pauvreté et de l’arriération. […] Tenter de gouverner les Éthiopiens d’une main de fer est la manifestation d’un état d’esprit appartenant à une époque révolue, poursuit le quotidien. Les Éthiopiens ont besoin de dirigeants qui les gouvernent avec sagesse et humilité, pas d’intimidateurs et de tyrans qui incitent à des guerres destructrices. »

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