REVUE DE PRESSE AFRIQUE À la Une: une exemplarité démocratique

Il s’agit du Ghana où l’on a voté ce lundi 7 décembre pour une présidentielle et une législative. « L’initiative n’est pas banale, relève Le Monde Afrique, sur un continent où bien des dirigeants privilégient la manière forte pour rester au pouvoir. Vendredi, le président Nana Akufo-Addo et son principal opposant – et prédécesseur – John Mahama, ont signé un “pacte de paix”. Un contrat les engageant à respecter le verdict des urnes alors que ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest a voté hier sans convulsion majeure. Le scrutin s’annonce très ouvert. 17 millions d’électeurs ghanéens se sont rendus aux urnes » pour choisir donc un président et 275 députés.

L’alternance : une habitude…
Alors, « ce scrutin devrait confirmer, sauf accident, le solide statut tenu par le Ghana, dans la shortlist des pays dits démocratiques de l’Afrique de l’Ouest, pointe WakatSéra au Burkina. Le vote s’est bien passé, malgré quelques couacs. Le dépouillement a même commencé, juste après la fermeture des bureaux de vote. En tout cas, après être passé, comme nombre de pays africains, par l’inévitable case des coups d’État dans la période post-indépendances, le Ghana, depuis qu’il a été engagé sur les chemins difficiles de la démocratie par le pilote d’aviation et ancien président, JJ Rawlings, le Ghana assure régulièrement le passage du flambeau présidentiel par les urnes, relève le site burkinabè. L’alternance démocratique est devenue une marque de fabrique dans ce pays où des anciens présidents se succèdent et vivent ce bonheur de se rencontrer lors de divers événements marquant la vie de la Nation. Une réalité encore inimaginable dans bien des pays où les urnes sont l’exception pour désigner le chef de l’État, et le coup d’État la règle. »

La corruption : épine au pied de la démocratie ghanéenne
Une ombre dans ce beau tableau démocratique et de taille… la corruption ! « La corruption (au Ghana), un mal qui fait scandale », s’exclame Le Point Afrique « En 2013, le président Mahama lance un code d’éthique pour les ministres et les fonctionnaires pour lutter contre la corruption. En décembre 2015, 20 juges et une centaine de membres du personnel de justice sont filmés en train d’accepter des pots-de-vin pour rendre des jugements ou pour accorder des postes. Une vingtaine de juges et de magistrats de première instance sont limogés à la suite de cette affaire. En juin 2016, le président Mahama lui-même est accusé d’avoir reçu une voiture en contrepartie d’un contrat lucratif. »

Quatre ans plus tard, poursuit Le Point Afrique, « preuve que la question de la corruption est loin d’être réglée, en novembre, à trois semaines de la présidentielle, le procureur anticorruption Martin Amidu a démissionné. Il accuse le président d’avoir tenté de lui faire enterrer un rapport explosif sur une société offshore créée par le gouvernement pour gérer les redevances minières. La présidence dément toute ingérence, mais on voit bien que le dossier de la corruption demeure toujours explosif. »

RDC : l’affrontement entre Tshisekedistes et Kabilistes
À la Une également, la partie de bras-de-fer en RDC entre l’actuel et l’ancien président. Le président Tshisekedi veut se débarrasser de la tutelle kabiliste : il veut le départ du Premier ministre et de la présidente de l’Assemblée, tous deux proches de Kabila. Or, les deux intéressés refusent de rendre leur tablier.

En effet, le parti pro-Kabila, le FCC, reste droit dans ses bottes, pointe le site d’information congolais Cas-Info : « il n’est pas question pour les membres du FCC de démissionner. “Il revient plutôt au CACH (le parti présidentiel) de se retirer du gouvernement central et des institutions provinciales”, a suggéré le mouvement de Joseph Kabila. Une manière de montrer qu’il détient toujours la majorité et qu’il n’entend pas se laisser faire. »

Et puis à l’Assemblée, relève encore Cas-Info, « le FCC multiplie les manœuvres pour empêcher la tenue de toute plénière visant à évincer du perchoir la kabiliste Jeannine Mabunda. Résultat, des incidents ont éclaté hier entre les deux camps, transformant l’hémicycle en véritable terrain de catch. »

Certes, conclut Cas-Infos, « Félix Tshisekedi veut retrouver les pleins pouvoirs afin de terminer son quinquennat le mieux possible sans avoir à traîner sur son dos le fardeau Kabila et son FCC. Mais le chemin vers la disqualification totale de l’ex-président semble encore parsemé d’embuches. »

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